les femmes restent minoritaires dans le secteur énergétique et dans les affaires

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  • Posted 08 March 2017
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Un projet de loi portant Code du travail, relatif à la protection des femmes travailleuses contre la discrimination, le harcèlement sexuel et la santé maternelle, sera présenté prochainement par le ministère du travail, de l’emploi et de la Sécurité Sociale.

Aucun chiffre n’est donné sur le nombre de femmes activant dans le secteur des hydrocarbures en Algérie. Un  secteur qui  reste cependant « très masculin », au regard de l’inexistence des femmes dans les postes de responsabilité de cette industrie aussi bien dans les administrations que dans les bases et champs pétroliers, et cela n’est pas caractéristique à l’Algérie.  En effet, une étude réalisée par le magazine économique américain Fortune, sur une analyse mondiale du réseau social professionnel LinkedIn d’aout 2015, montre qu’une présence de 26.7M de femmes sur l’ensemble de l’industrie pétro-gazière dans le monde. Il convient de rappeler que seules deux femmes dans le monde ont occupé le poste de ministre du pétrole. Il s’agit de la ministre  Norvégienne Thorhild Widvey (2004-2005), et de la Nigériane Diezani Allison-Madueke (2010-2015). Cette dernière a même présidé l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (Opep), en 2014.

Pour ce qui est du  nombre officiel des femmes dans la population active en Algérie, il est donné à  près de deux millions (1.912.000) en 2016,  ce qui représente  un taux de 19,4 %.  Selon les statistiques de l’Office Nationale des Statistiques (ONS),  moins de 2% des femmes qui travaillent occupent aujourd’hui un poste de responsabilité. Quant  au nombre des femmes d’affaires, il s’élève à 136 204 femmes. L’ONS indique la présence de 62% de femmes parmi le personnel  du secteur de la Santé, 68% du nombre d’enseignants, 51% des journalistes et 43% des magistrats en Algérie. Les statistiques du registre de commerce, sur un ensemble de 1.877.116 commerçants inscrits au registre à la fin août 2016, font état  de 140.211 d’entreprises détenues par des femmes, soit un taux de 7,5%.

 

 

Un projet de loi  pour plus de protection des femmes travailleuses

 

 Un projet de loi portant Code du travail, relatif à la protection des femmes travailleuses contre la discrimination, le harcèlement sexuel et la santé maternelle, vient d’être soumis par le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale, aux différentes organisations syndicales concernées, rapporte l’APS, le 07 mars.

 

Ce projet de loi stipule dans son  article 31, que la discrimination dans l'emploi et les professions est incompatible avec les dispositions de la présente loi. Ainsi, «  Toute disposition prévue au titre d'une convention ou accords collectifs ou d'un contrat de travail de nature à établir une discrimination quelconque, de nature directe ou indirecte entre travailleurs, en matière d'emploi, de rémunération, de conditions de travail fondées sur l'âge, le sexe, la nationalité, l'ascendance nationale, ou l'origine sociale, la situation matrimoniale, les liens familiaux, les convictions politiques et religieuses, l’affiliation ou non à une organisation syndicale est nulle et de nul effet », précise la même source.

L’article 31 qualifie de discrimination toute «  distinction, exclusion ou préférence qui a pour effet, de détruire ou d'altérer l'égalité de chance ou de traitement en matière d’emploi ou de profession ». Tout contrevenant aux dispositions de  cet article, « est puni d'une amende de 100.000 à 200.000 DA. En cas de récidive l'amende est portée au double, conformément à  l’article 245 », indique l’APS.

Concernant la santé maternelle, outre le congé de maternité dont doivent bénéficier les femmes travailleuse, ce projet de loi prévoit, dans son article 86, des facilités liées à la période d'allaitement dans les conditions fixées par le règlement intérieur de l'organisme employeur.

 

Le handicape  autour de la clause de la preuve

Les lois sur le harcèlement sexuel en milieux professionnel, sont toujours décriées comme incomplètes et inapplicables, surtout lorsqu’il est demandé à la victime d’apporter « la preuve », ou « les témoins ».

Une section est réservée à ce sujet au chapitre III de ce projet de loi. Son article  56 du nouveau donne des explications sur l’acte du harcèlement sexuel. «  C’est le fait d'exercer sur une personne à l'occasion du travail ou sur le lieu de travail, des pressions, violences verbales ou physiques ou morales en vue de l'obtention d'une faveur sexuelle personnelle ou au profit d'un tiers ainsi que tout comportement physique, verbal ou non verbal à connotation sexuelle subi par une personne ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité de cette personne en particulier de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant », lit-on sur la même source. L'article 57 du même chapitre, précise «  qu'aucun travailleur des deux sexes ne peut faire l'objet de la part de son employeur, d'une quelconque mesure discriminatoire de quelque nature que ce soit, d'un licenciement, d'une mutation ou d'une sanction disciplinaire, pour avoir refusé de céder aux agissements de harcèlement sexuel ». Ce nouveau Code du travail prévoit dans son article 96, le licenciement à caractère disciplinaire, dans les cas de fautes graves commises par le travailleur entre autres l'incitation à la débauche et le harcèlement sexuel.

Des définitions claires certes, mais aucune note sur la clause de la preuve ou des témoins n’est apportée. Etant donné que les actes de harcèlement se produisent en général loin des regards et sans laisser des séquelles physiques, les victimes pourraient se retrouver dans l’incapacité d’apporter la preuve. Aussi, ce projet de loi ne prévoit aucune protection, ni accompagnement des témoins et des victimes de harcèlement sexuel, lorsque celles-ci décident de dénoncer ou de porter plainte.

Ce nouveau Code du travail compte 669 articles dont 40% sont nouveaux.

 

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