Le secteur totalise 85% de la consommation totale de carburant : Transports, un secteur énergivore et polluant

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  • Posted 06 May 2018

Le secteur des Transports est un énergivore par excellence. Les chiffres disponibles à ce sujet le montrent clairement.

 

Certes, la consommation globale de carburants a reculé en 2017, selon l’Autorité de régulation d’hydrocarbures (ARH), mais elle reste importante, particulièrement dans le secteur des transports. Globalement, celle du gas-oil a reculé alors que celles de l’essence normale et du sans-plomb ont augmenté passant de 1,16 million de tonnes en 2016 à 1,18 en 2017 pour l’essence normale et de 1,36 million de tonnes à 1,43 durant la même période pour le sans-plomb.

Ainsi, le gas-oil a baissé de 10,32 mil- lions de tonnes en 2016 à 10,08 en 2017 et le super a connu la même tendance s’établissant à 1,53 million de tonnes en 2017 (1,75 en 2016).

 

Un précédent bilan de l’ARH fait ressortir pour la période 2010-2016 l’importance de la consommation des carburants terre dans le secteur des transports à hauteur de 85% de la consommation totale des carburants en Algérie (près de 12,4 millions de tonnes) entre 2010 et 2016. La consommation d’énergie dans ce secteur n’a donc pas cessé d’augmenter au cours de ces dernières années. L’Agence nationale pour la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue) le confirme également. Alors qu’il pesait pour 33% en 2005 contre 41 %

 

le résidentiel, en 2015, la tendance s’est inversée selon un bilan de l’Aprue rendu public en 2016. Cette part est passée à 41% pour les transports et à 35% pour le résidentiel. Et pour cause, entre 2005 et 2015, le parc automobile a sensiblement augmenté. Il s’est agrandi de cinq millions, passant de

 

deux millions de véhicules en 2010 à près de sept millions en 2015. Conséquence : hausse des émissions.
Ce secteur est d’ailleurs l’une des premières sources de pollution en Algérie avec des émissions atteignant 14 millions de tonnes équivalent CO2, soit un taux de 46% des émissions de gaz à effet de serre. Autre élément : le transport routier est responsable d’environ 70 à 90% de la pollution de l’air dans les zones urbaines, toujours selon l’Aprue.

 

Au total, sur la période 2010-2016, le taux de croissance annuel moyen de la consommation des carburants a atteint 4,8%. Le gas-oil a enregistré une croissance moyenne annuelle de 3,9%, les essences 8% et le GPL-c 0,2%.

 

Contexte de baisse de la croissance du parc

 

En quantités, la consommation nationale des carburants terre a connu un rythme de croissance élevé. Elle est passée de 0,6 million de tonnes en 1964 à 5,9 millions de tonnes en 1999 et 11,3 millions de tonnes en 2010 pour atteindre 14,9 millions de tonnes en 2016. L’amélioration des revenus des ménages induisant une croissance du parc automobile national est l’une des raisons évoquées par l’ARH pour expliquer cette forte hausse. Mais, actuellement, la tendance est à la baisse des ventes dans l’automobile avec la croissance des prix et la réduction des importations. Ajoutons à cela la révision à la hausse des prix à la pompe pour la deuxième année consécutive.

 

Ce qui pourrait jouer en faveur du recul de la consommation des carburants dans les transports routiers. Cela dit, la problématique de la maîtrise de la consommation des carburants en Algérie essentiellement dans le secteur des transports reste posée avec acuité. L’évolution de la consommation ne devrait pas dépendre des éléments conjoncturels comme c’est le cas actuellement. Car, si les prix des véhicules repartent à la hausse après les derniers développements (notamment après la divulgation des prix de sortie d’usine par le ministère de l’énergie et l’impact suivi), les ventes pourraient repartir à la hausse et par ricochet la consommation de carburants.

 

Seule une stratégie bien définie en matière de rationalisation de l’utilisation de l’énergie et le développement d’un réseau de transport en commun fiable pourraient freiner cette cadence. Or, pour l’heure, les actions restent timides. Et ce n’est que récemment, en février dernier, que l’Aprue a lancé un avis d’appel à manifestation d’intérêt pour la sélection d’installateurs de systèmes GPL carburant, en vue de participer au programme de conversion de trente mille (30 000) véhicules particuliers au GPL carburant. Un avis adressé à l’ensemble des opérateurs nationaux ayant la qualité d’installateurs de systèmes de kits GPL/c et agréés par le ministère chargé des Mines.

 

Une étape qui intervient après le lancement du programme dédié à la conversion des véhicules au GPL carburant et les perspectives de son développement aux horizons 2021 et 2030.

 

 

 

 

 

 

 

 

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