Start ups algériennes: Tour d’horizon

  • By Super User
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  • Posted 13 May 2018

 

Alors que le débat public autour des défis économiques et financiers actuels est limité, en attente de solutions concrète, un groupe de nouveaux innovateurs socio-économiques émerge et se place dans le paysage algérien des affaires.

Ils se distinguent comme de véritables acteurs économiques qui, non seulement peuvent créer des emplois et contribuer à la croissance économique du pays, mais reflètent également une génération d’entrepreneurs plus sophistiquée et créative.

 

Tous motivés pour trouver des solutions révolutionnaires à des problèmes très réels, ils comprennent que c’est une question de nécessité plutôt qu’une opportunité.

 

Compte tenu de l’intérêt du gouvernement pour atteindre 1 million de sociétés d’ici 2025, l’apparition de jeunes potentiels entrepreneurs met en avant un nouveau savoir-faire sur le marché algérien des affaires. Libérant les procédures rigides de ce marché, un ensemble de facilités financières étatiques ont été accordées à des entreprises dirigées par des jeunes avec une perspective de diversification de l’industrie par rapport à celle des hydrocarbures dominante.

 

En conséquence, la plupart des entreprises nouvellement créées sont orientées vers des secteurs soutenus par le gouvernement, à savoir l’agriculture, le tourisme et la technologie. Cependant, des facteurs juridiques et socioculturels doivent être considérés pour une amélioration prolifique de ces initiatives.

 

Les pionniers

 

Ouedkniss était, depuis longtemps, l’exemple le plus solide et le mieux référencé d’une success-story de start up nationale. Incarnant le modèle « Made in Algeria » depuis longtemps désiré, l’entreprise a également inspiré une génération de jeunes algériens qui pensent que la réussite est possible dans le pays. Bombardés récemment par diverses conférences, ateliers, projets et programmes d’entrepreneuriat, les jeunes ont été confrontés à des idées qui ont participé à la création de nouvelles entreprises, alliant ainsi l’esprit de curiosité et l’intérêt des clients.

 

Yassir, une application dynamique de covoiturage qui propose des chauffeurs à des tarifs compétitifs, répond à des besoins sociaux de déplacements fondamentaux dans le quotidien des algériens. Cofondée par un groupe de « high-flyers », l’application a été lancée officiellement à l’été 2017. « Nous étions 6 au départ et aujourd’hui, nous sommes plus de 25 employés et l’entreprise s’agrandit de jour en jour », explique Moumen Louifi, l’un des co-fondateurs de Yassir. « L’application est facile à adopter, 3 étapes suffisent pour créer un compte et obtenir un chauffeur en 10 minutes, que vous soyez à Alger, Oran ou Constantine. Très bientôt, nous serons à Béjaïa, Mostaganem et Tlemcen », précise-t-il. Malgré la proliferation d’applications semblables à celles d’Uber, Yassir vise à devenir, en Algérie, le leader dans son domaine d’ici 2018. Sur le long terme, cependant, les initiateurs de ce projet prévoient de développer d’autres services de transport et de livraison utilisant la technologie la plus avancée.

 

La nouveauté au sein de Yassir ne s’arrête pas à une application sur l’écran d’un smartphone. C’est dans le cadre du travail de la start-up que l’innovation a lieu. « Nous avons une approche de gestion horizontale où nous apprécions les initiatives et encourageons le partage des connaissances entre les employés », souligne Moumen Louifi. «Notre philosophie se résume en deux mots : persévérance et motivation », précise-t-il.

 

Firstep,
 le coworking au féminin

 

Les femmes entrepreneurs ont également acquis un statut plutôt avantageux. Considérées comme des business phénomènes récents, elles auraient plus de succès que leurs homologues sur le marché. « Nous sommes plus que jamais encouragées à être des femmes d’affaires prospères et à contribuer de manière responsable à l’économie nationale », explique Hiba Allah Saïdi, P-DG et fondatrice de Firstep, un espace de coworking à Blida. « Quand j’ai créé mon entreprise, j’étais enceinte, mais cela ne m’a pas empêchée de lancer, de concevoir et d’ouvrir officiellement mon espace », ajoute H. Saïdi.

 

À l’ère de la mobilité et de la flexibilité, les habitudes de travail autonome traditionnelles ont changé et, par conséquent, les espaces de travail. Firstep est un concept novateur conçu pour assurer aux hommes et femmes d’affaires partageant les mêmes idées un lieu de collaboration et de réseautage. « Nous offrons des équipements exceptionnels à nos membres, en maximisant leur publicité dans notre communauté par le biais de formations et d’événements », explique Mme Saïdi. Ainsi, l’espace de coworking joue un rôle essentiel dans la mise en place du groupe pour un environnement plus productif. « Nous visons à être le deuxième Living Lab dans la région en reliant les institutions gouvernementales au secteur privé et aux citoyens », ajoute Hiba. « Ce n’est qu’alors que les produits et/ou services peuvent être essayés. Cela permettra l’émergence de villes intelligentes dotées d’un écosystème fort ».

 

La formation avec FORMINI

 

Un autre exemple frappant d’une start-up qui réussie est Formini. Créé en mai 2017 par Bilal Kalem, l’initiative vient compléter sa première entre- prise IOS (Open Source Intégration).

 

« Après le succès de ma première entreprise, j’ai vu la nécessité de lancer un centre de formation. L’objectif est de proposer une formation de qualité sur divers outils TIC aux cadres supérieurs », explique Bilal. « Cependant, nous avons toujours voulu nous démarquer dans le secteur de la formation en diversifiant nos services. Nous offrons désormais une formation en classe et sur site, en plus de l’apprentissage en ligne et nous exportons notre expertise au-delà de l’Algérie... et pourquoi pas en Afrique ou même en Europe », ajoute-t-il. Et en effet Formini est également présent en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en France et à Genève.

 

Formini possède 27 formateurs qui connaissent bien les outils TIC et les nouvelles technologies. « Pour l’instant, je voudrais me concentrer sur cette initiative et mon objectif principal est d’augmenter le nombre de formateurs. Je travaille également à l’inclusion d’autres formations dans notre catalogue telles que Autocad », explique M. Kalem, « j’ai d’autres idées auxquelles je veux donner vie et elles seront toujours en lien avec mes anciennes entreprises ».
En dépit de l’esprit « le gagnant remporte la mise » parmi les start-up émergentes, il y a une myriade de défis. Pour Yassir et Firstep, le manque d’ouverture d’esprit pour des idées novatrices est en tête de liste des obstacles auxquels ils ont été confrontés. « Il était très difficile de présenter l’application de taxi à nos clients et de les convaincre que c’est un système sûr et fiable », souligne Moumen Louifi.

 

De même, expliquer de nouveaux projets aux banques et aux conseillers financiers de l’État semblait difficile au début. « Mon défi au départ était d’obtenir un accord, mais mon plus gros problème était d’expliquer à notre banque la nature de nos services qui n’a rien à voir avec les traditionnels projets d’exportation de dates et d’huile d’olive. »

 

Combler Le vide juridique

 

Par conséquent, les problèmes de réseaux et d’infrastructures handicapent la bonne marche et le développement de ces initiatives. Mais plus que tout, les fondateurs de start ups ont exprimé le manque de textes juridiques adaptés à la nature de leurs entreprises. Cela ne les empêche pas seulement de créer de réelles opportunités, mais les prive également d’une prospérité économique. Il y a donc un souhait sine qua non de nouvelles réglementations pour des solutions technologiques de pointe et des pratiques entrepreneuriales. Il faut aussi considérer un autre paramètre, celui des barrières linguistiques qui gênent la rentabilité de ces entreprises à croissance rapide. Si la plupart des partenaires de Formini sont francophones, il existe une réelle volonté de toucher les pays anglophones. A ce propos, Bilal Kalem souligne l’importance de maîtriser la langue anglaise. « Je crois que si nous dépassons cette barrière linguistique, nous pourrons facilement gagner de nouveaux marchés et prospérer professionnellement », recommande-t-il. Les créateurs de DZ Venture se sont bâti une solide réputation dans le monde des affaires. Avec une vision optimiste, les talentueux « millénials » apportent des réponses non conven- tionnelles aux problèmes socio-éco- nomiques, libérant le potentiel des entreprises nationales et améliorant efficacement les procédures exis- tantes. Pourtant, il existe un besoin de normes et de lois économiques hautement compétitives et durables pour libérer leur potentiel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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