Rapport AIE / « Tensions sur l’offre mondiale de pétrole »

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  • Posted 04 August 2018

L’agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur les tensions que risque de connaître l’offre mondiale de pétrole, au vu des perturbations d’approvisionnement et de la trop forte mobilisation des réserves des plus grands producteurs, dont notamment l’Arabie saoudite. La tension risque selon l’AIE de devenir « encore plus importante étant donné que la hausse de la production des pays du Golfe du Moyen-Orient et de la Russie, se fera au détriment de la capacité inutilisée du monde. Des réserves qui pourraient être utilisées à leur maximum ajoutant à la vulnérabilité qui sous-tend actuellement les prix du pétrole et semble devoir continuer. « Cela deviendra un problème encore plus grand, dans la mesure où l’augmentation de la production dans les pays du Golfe et en Russie, aussi bienvenue soit-elle, se fait au détriment du matelas de sécurité des capacités mondiales disponibles, qui pourrait atteindre ses limites », prévient le bras énergétique des pays de l’OCDE. Pour l’AIE, les problèmes de production qui affectent plusieurs grands producteurs dans le monde vont continuer de peser sur le marché cette année, alors que les marges de manœuvre ailleurs vont être limitées. L’AIE rappelle que l’Arabie saoudite et la Russie ont compensé les pertes de production en pompant davantage de brut, alors que l’offre mondiale a augmenté de 370 000 barils par jour en juin, s’établissant à 98,8 millions de barils par jour (mbj), mais selon l’agence, « aucun signe » ne montre que ce relèvement de la production dans les pays qui en ont les capacités sera suffisant pour « apaiser les craintes d’une contraction du marché ».

Ryad projette de produire 11 mbj

En juin, l’offre libyenne a chuté de 260 000 b/j du fait de l’interruption de la majorité des exportations après la prise de contrôle de certaines installations par les autorités parallèles. La production a continué de baisser au Venezuela (-60 000 b/j), sans espoir d’un rebond à court terme, selon l’AIE, comme en Angola (-60 000 b/j), ainsi qu’en Iran du fait d’un recul des exportations. Dans les pays producteurs hors OPEP, des problèmes sur certains sites et gisements en Alberta (Canada) et en Norvège ont perturbé la production, alors que des tensions sociales entre la compagnie Shell et ses salariés dans ce pays pourraient encore limiter l’offre. De ce fait, l’AIE a légèrement abaissé à 1,97 mbj (contre 2 mbj auparavant), sa prévision de croissance de la production hors OPEP pour cette année, et table sur une hausse « modeste » de 1,84 mbj l’an prochain, avec un ralentissement attendu aux États-Unis. Pour assurer la stabilité du marché, l’Arabie saoudite et la Russie ont intensifié leur production. Le royaume saoudien a pompé 430 000 b/j supplémentaires, et la Russie près de 100 000 b/j

Et 24 pays, dont les membres de l’OPEP et la Russie, se sont mis d’accord le 22 juin pour augmenter leur production. La Russie s’est dite prête à ajouter 200 000 b/j durant le second semestre 2018. Mais seuls trois pays – l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït – disposent de capacités de production supplémentaires et immédiatement mobilisables pour continuer de compenser les baisses ailleurs dans le monde, estime l’Agence. Ils pourraient ajouter 500 000 b/j et Ryad projette notamment de pomper jusqu’à 11 mbj, ce qui ramènerait ses capacités encore disponibles sous les 1 mbj, un niveau « sans précédent », remarque l’AIE, qui alerte depuis plusieurs mois sur le manque d’investissement mondial pour mettre en service de nouvelles capacités. En parallèle, l’AIE a main- tenu sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2018 et 2019 à 1,4 mbj.

 

 

 

 

 

 

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