L'EDITO d'OGB/ La structure, la conjoncture et la prudence

La tendance à l’équilibre est une règle à laquelle tout responsable tend à maintenir ; des dynamiques politiques tendent pour leur part à la dévier de sa constance. La recherche d’un régime maîtrisé, notamment dans les difficiles choix économiques durant les phases de transition qui perdurent, ne permet pas de domestiquer cet équilibre et de lui donner le temps nécessaire pour parvenir aux buts escomptés. Dans des situations similaires il amène la raison à imposer à ses normes des obligations, des cadences et des mesures que la logique et l’orthodoxie financière n’acceptent pas.
Il en fut ainsi de l’épisode ayant entouré l’endossement de la Loi de finances complémentaire de cette année par le conseil des ministres, où la recherche de l’effet immédiat (rattrapage du déséquilibre financier) a montré à quel niveau la disproportion fut grande, et, que toutes mesures cherchant à faire de la masse une unité homogène et uniforme ne pouvaient que provoquer l’instabilité de l’équilibre déjà très précaire, si ce n’est pas la prudence qui caractérise certaines décisions salutaires, du moins, pour le moment.
 D’aucuns diront que ce n’est que ajout, couche sur couche, le fait de reporter à demain ce qui peut être fait aujourd’hui, cependant tous savons que dans la bataille des idées, la faiblesse des résultats n’est pas la moindre, en cela la faiblesse des résultats traduit la faiblesse des approches.
 Le destin commun qui nous unit ne peut se réduire uniquement à la rentabilité et à l’équilibre financier, il transcende cet aspect, en cela la part de l’investissement public dans les projets structurants reste la clé de cet équilibre, livrer le destin aux lois cruelles du marché libéral sauvage, accentuerait une fracture qui tend à s’installer durablement et dangereusement.
 Faire des lois, chercher à les appliquer hors contexte de notre réalité, traduit un mauvais usage de la puissance, qui reste certes une affaire de force mais surtout de beaucoup d’intelligence.
entre structure et conjoncture, l’approche de la prudence n’est pas la moindre des solutions, elle est même la structure qui compose la conjoncture dans certains cas.

La période mai/juin a vécu au tempo de deux décisions mondiales majeures, laissant craindre des retombées négatives sur la faible croissance qui commence à pointer, notamment dans le secteur des hydrocarbures, dont la crise dite de l’accord sur le nucléaire USA-IRAN. Cependant, cette dernière ne semblant pas avoir eu un effet structurant sur les prix, même si conjoncturellement les prix ont connu durant quelques jours une envolée de quelques dollars pour se restabiliser dans la fourchette des 75 Dollars pour le brent de la Mer du nord.
 La prudence des marchés restera de mise, collée à toutes décisions d’augmentation de la production liée aux sanctions contre l’IRAN, la rencontre de l’Opep vers la fin de ce mois dessinera les influences sur les fondamentaux, le maintien du niveau de la production et le respect des accords Opep/non- Opep sur le plafond de production, raffermira durablement les prix du pétrole pour le second semestre de l’année en cours, même si des coupes sur le niveau de production de près d’un million de barils/jour ne sont pas à écarter, tant le marché est en mesure d’absorber la demande mondiale. L’intérêt manifeste au développement du secteur de l’agriculture, la préservation des terres très fertiles et fertiles contre la surconstruction apparaît aujourd’hui comme un véritable virage dans la sécurité alimentaire du pays, les récents appels pour des partenariats publics privés lancés par des groupes relevant de ce secteur, montre l’étendue de cette réorientation aux fins de mise en valeur de près de 300 000 hectares restées presque à l’abandon par défaut d’investissement.
Le volume des investissements affiché par les prétendants au partenariat est gigantesque et faramineux, près de 800 milliards de dinars prévus, un montant dont les conséquences dans les quelques années provoqueraient une réelle émergence du secteur dans le PIB et une ouverture sérieuse vers l’option de l’exportation.
La question est de savoir si cette ouverture des fermes pilotes à l’investissement du privé sera accompagnée pas à pas par les pouvoirs publics durant sa gestation, pour éviter toutes déviations de la vocation initiale de ses terres et de les voir passées de fermes pilotes à fermes fermées.

 

 

 

 

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