Rapport mensuel de l’OPEP / Incertitudes sur la demande de pétrole

L’OPEP a souligné dans son rapport mensuel du mois de juin que la demande de pétrole pourrait être plus élevée, ou légèrement inférieure, à la production actuelle de l’organisation, ce qui remet le marché dans un climat d’incertitude. « Selon diverses sources, une incertitude considérable quant à la demande mondiale de pétrole et à l’offre non-OPEP prévaut », indique le rapport publié le 12 juin 2018 par l’OPEP à Vienne. « Cette perspective pour la seconde moitié de 2018 mérite une surveillance étroite », note l’organisation. En moyenne, 33,34 millions de barils par jour sont nécessaires pour les 14 membres du groupe dans la seconde moitié de 2018, ce qui est considérablement plus élevé que les 31,87 millions de barils pompés le mois dernier, indique l’Organisation.

Le rapport indique que les membres de l’OPEP ont encore réduit beaucoup plus que nécessaire, même si la production a légèrement augmenté en mai et que le principal exportateur, l’Arabie saoudite, stimule l’offre. La production du Venezuela continue de s’effondrer au milieu d’une crise

économique, tombant à 1,39 million de barils par jour en mai. Malgré les incertitudes, l’Arabie saoudite a déclaré à l’organisation qu’elle avait augmenté sa production au-dessus de 10 millions de barils par jour le mois dernier pour la première fois depuis octobre 2017, selon le rapport. La Russie a pour sa part maintenu inchangée sa production d’hydrocarbures liquides (pétrole brut et gaz naturel liquéfié) en mai par rapport à avril et mars, selon le rapport. Elle a cependant augmenté l’offre de brut à son niveau le plus élevé en 14 mois au cours de la première semaine de juin, alors que certaines entreprises russes ont dépassé leur plafond selon l’agence Bloomberg.

Selon l’OPEP, ses membres ont pompé 31,87 millions de barils par jour en mai, une augmentation de 35.400 barils par jour par rapport à avril, selon des sources indirectes citées par l’OPEP dans son rapport mensuel.

Fortes disparités et stocks en baisse

Mais ce chiffre inclut de fortes disparités. La production a en effet décru au Nigeria, en Libye et au Venezuela, ces deux derniers pays continuant de souffrir de troubles politiques. Elle a en revanche progressé en Arabie

saoudite (+85.500 barils par jour), en Algérie (+39 000) et en Irak. La production iranienne a pour sa part légèrement progressé, signe qu’elle n’est pas affectée pour l’instant par l’annonce du retour des sanctions américaines.

Dans son rapport, l’Organisation souligne en outre, que les stocks sont tombés à 26 millions de barils en avril, en dessous de la moyenne quinquennale, soit une baisse de 340 millions de barils au-dessus de la moyenne de janvier 2017. L’OPEP s’est ainsi montrée prudente sur les perspectives pour le reste de l’année 2018, citant une hausse plus rapide que prévu de la production de pétrole hors OPEP et les risques d’affaiblis- sement de la demande mondiale. « Les récents développements sur le marché du pétrole ont conduit à une forte incertitude sur la seconde moitié de l’année» , a déclaré l’OPEP dans son rapport. « Alors que la demande de pétrole aux États-Unis, en Chine et en

Inde montre un potentiel de hausse, les risques à la baisse pourraient limiter ce potentiel à l’avenir. » Alors que le principal objectif de la restriction de l’offre consistait à réduire les stocks de pétrole à la moyenne quinquennale, certains membres de l’OPEP ont déclaré que d’autres paramètres devraient être pris en compte, sug- gérant également qu’ils ne sont pas pressés de mettre fin aux réductions d’approvisionnement. L’OPEP a laissé son estimation de la croissance de la demande mondiale inchangée cette année à 1,65 million de bpj et a déclaré que l’utilisation du pétrole dépasserait 100 millions de bpj pour la première fois au quatrième trimestre.

Mais les prix plus élevés qui ont suivi l’accord mené par l’OPEP ont provoqué une croissance de l’offre concurrente et une inondation de schiste américain. L’OPEP prévoit une augmentation de 1,86 million de bpj de l’offre non-OPEP cette année, soit environ 130 000 b/j de plus que prévu le mois dernier.

 

 

 

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