Avec seulement 12 000 équipements installés / Les commerçants ne s’emballent pas pour les TPE

Hormis les grandes sur- faces, certaines agences de voyages et quelques grands magasins spécialisés, les commerces ne sont pas dotés de Terminaux de paiement électronique (TPE). Le cash continue, en effet, à dominer les transactions commerciales. C’est dire que ce mode de paiement est encore au stade du balbutiement. Les chiffres du GIE (Groupement d’intérêts économique), un organe de régulation de la monétique créé par l’ensemble des banques commerciales en activité en Algérie, le montrent clairement. Jusqu’à présent, 12 000 terminaux seulement ont été installés pour environ 1,5 million de commerçants inscrits au registre de commerce, soit moins de 0,8%. Ce chiffre avoisinait les 2 900 en 2014. D’ici fin 2018, il est prévu de porter ce chiffre à 20 000. Mais, là encore, ça reste insuffisant par rapport aux aspirations du gouvernement. La majorité des commerçants continuent donc à travailler avec le cash. Les motifs évoqués à ce sujet concernent essentiellement la faiblesse du débit d’internet et les perturbations récurrentes de connexion. Mais aussi, le manque de confiance vis-à-vis du système bancaire.

Réticences

« Ma banque m’a proposé de travailler avec un TPE mais je suis indécis avec l’instabilité de la connexion. Je voudrais prendre mon temps et connaître toutes les garanties de sécurité avant de passer à cette phase », nous dira un gérant d’un supermarché à Alger pour justifier sa réticence vis-à-vis de ce mode de paiement. Même du côté des consommateurs, pas d’engouement pour les cartes bancaires. « Je préfère payer cash, je contrôle mieux mes dépenses et en plus je ne fais pas vraiment confiance au système », nous dira pour sa part une jeune femme universitaire rencontrée dans un bureau de Poste à Alger. Autant d’appréhensions qui risquent de ralentir l’utilisation des TPE dans les transactions commerciales. Ce qui suscite des interrogations sur l’avenir du projet d’Algérie Poste qui a lancé un appel d’offres en janvier dernier pour l’acquisition de 50 000 TPE. Si pour la première responsable du secteur, Mme Imene Houda Feraoun, c’est un premier pas pour encourager les commerçants à se mettre au e-commerce de manière à accélérer la cadence de

la numérisation de l’économie, pour les commerçants, ce sont des frais à engager pour se doter de ces appareils, dont la Société d’Automatisation des transactions interbancaires et de monétique (SATIM), a acquis également quelques milliers de TPE. Mais, faudrait-il d’abord qu’il y ait de l’engouement pour ce changement. D’où la nécessité de mettre en œuvre des mesures incitatives.

Mesures incitatives

Certaines banques ont joué le jeu comme c’est le cas de la Banque de Développement local (BDL) qui a installé gratuitement pas moins de 4 500 TPE en 2017 à travers le pays chez les commerçants domiciliés au niveau de cette banque. 3 000 TPE sont en phase d’installation en 2018 par la BDL, selon la directrice du développement du payement électronique au niveau de cette banque, Mme Nawel Taleb. C’est une manière d’encourager les commerçants à ouvrir des comptes BDL donc à bancariser et à utiliser les moyens de payement électronique. Une caravane sera d’ailleurs lancée le 1er juillet prochain à travers 10 wilayas pour sensibiliser autour de l’utilisation des CIB pour le paiement électronique. Elle est initiée par la startup Guidini , un site d’achat et de vente en ligne en Algérie.

Amende de 50 000 da

Ce genre de mesures gagnerait à être généralisé. Et ce d’autant qu’à peine cinq mois nous sépare du délai accordé aux commerçants pour se doter de TPE. D’ici fin 2018, les commerçants n’auront, en effet, plus le choix. Ils devront acquérir les TPE, de manière à permettre aux citoyens d’utiliser ces équipements dans les différents commerces, centres commerciaux et points de vente.

À défaut, ils seront sanctionnés en réglant une amende de 50 000 dinars, soit le coût moyen d’un appareil de moyenne gamme. Ces équipements sont à titre indicatif produits au niveau de l’Entreprise nationale des industries électroniques (ENIE). Concernant les garanties, les conditions de protection des plateformes, des cartes de paiement électronique et TPE sont assurées selon la ministre qui a fait savoir en avril dernier devant le sénat que seules les banques agréées et la Banque d’Algérie ont droit d’assurer les plateformes de paiement électronique et des TPE, alors que la loi a exclu les établissements financiers étrangers par souci de préservation des droits du citoyen algérien.

 

 

 

 

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