Le trafic routier, grande source de pollution atmosphérique / Des mesures doivent être prises

A la fin de 2017, les chiffres officiels indiquent que le parc automobile algérien compte près de 6 millions de véhicules, dont 1 600 000 dans la capitale. Sans compter les véhicules d’autres wilayas qui affluent vers Alger qu’on chiffre à un million à chaque début de semaine. Par ailleurs, ce parc compte 70% de véhicules essence et 30% de véhicules diesel. Mais la structure de la consommation nationale des carburants (routiers) est autrement répartie : le gasoil représente 70%, suivi des essences à 27% et du GPL à 3%. Si le parc à essence est plus important, son évolution constante s’est corrélativement accompagnée d’une croissance préoccupante de la consommation du gasoil, alors que beaucoup de pays développés vont vers son bannissement. Le diesel émet, en effet, des oxydes d’azote (NOx), notamment les dangereux dioxydes d’azote (NO2) qui s’attaquent aux voies respiratoires. Il rejette aussi par sa constitution même des particules, également toxiques pour les poumons et reconnues cancérogènes par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) depuis 2012.

 

C’est dire à quel point l’air que nous respirons est loin d’être des plus sains. L’OMS nous le rappelle chaque année.

 

Et les chercheurs ici et ailleurs, sont unanimes affirmant que le secteur des transports constitue en milieu urbain l’une des principales sources de pollution de l’air par les particules fines. Selon les chiffres de Menouar Boughedaoui, les émissions dues aux transports routiers en 1994 ont été de l’ordre de 702 814 tonnes de monoxyde de carbone CO, 147 717 tonnes d’oxyde d’azote NOx, 13 772 tonnes de dioxyde de carbone CO2 et 115 019 tonnes de composé organique volatil (VOC). 94% des rejets de monoxyde de carbone et 69% des rejets des oxydes d’azote avaient en 1995 pour origine le trafic routier, selon le chercheur Farid Rahal. Près de 25 années plus tard, le parc automobile s’est multiplié par quatre. On peut aisément imaginer que les chiffres de l’étude menée par Boughedaoui et Rahal se sont également multipliés par quatre, ou plus si l’on considère d’autres éléments tel que le vieillissement du parc, essentiellement pour les véhicules lourds.
 En 2002, on estimait à 40% la proportion des visites médicales au niveau des urgences dues à des difficultés respiratoires et à 35% les décès des enfants dus à cette même cause. Dans son rapport de 2017, l’OMS insistait sur les particules fines des matières polluantes, tels que le sulfate, les nitrates et le carbone et indiquait que l’air dans les régions du nord du pays contenait entre 16 et 25 microgrammes de ces particules contre un taux toléré de 10 seulement.

Si les niveaux recommandés par l’OMS sont de 10μg/m3, contre 25μg/m3 pour le cas de l’Union Européenne, celles de la réglementation algérienne s’élèvent à 80μg/m3. Pour certains experts en environnement, l’Algérie accuse un retard de plus de dix ans pour ce qui est des normes !

 

Le problème qui se pose aujourd’hui est que les études et recherches ne sont

 

pas actualisées. La plupart remontent à plusieurs années, voir décennies. Par ailleurs, ces mêmes études et recherches, quoique très précises et effectuées sur le terrain, demeurent isolées parce que traitant de zones limitées. Il est fort probable que des moyens importants devraient être mis à la disposition de ces chercheurs pour renouveler régulièrement leurs études et avec des outils toujours plus modernes.

 

Le système d’analyse instantanée de la qualité de l’air « Sama Safia », mis en place en 2002, et dont la mission était de contrôler la pollution de l’air dans plusieurs villes, à travers la mesure de cinq principaux polluants urbains que sont les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre, les hydrocarbures, les poussières fines et l’ozone, est à l’arrêt depuis une dizaine d’années. Ce système devait servir à alerter les autorités en cas de dépassement du seuil de concentration de polluant afin

 

que des mesures soient prises. Sans mesure de la qualité de l’air, il ne peut y avoir de réaction ni d’action. Les « yeux » du secteur demeurent rivés ailleurs. La pollution atmosphérique ne semble pas être une priorité dans une Algérie où, pourtant, l’environnement a pris beaucoup de place depuis quelques années. Mais loin des effets d’annonce, une nouvelle vision et des mesures concrètes s’imposent dans le secteur, tant pour les finances du pays que la santé publique.

 

 

 

 

 

 

Pollution de l’air due au trafic routier:

 

Le trafic routier, de par la combustion des carburants, produit un ensemble de polluants qui sont les oxydes d’azote (Nox) comprenant le dioxyde d’azote (NO2) et le monoxyde d’azote (NO), le monoxyde de carbone (CO), les métaux lourds comme le plomb et les poussières, les imbrûlés comme la suie, les hydrocarbures, le gaz carbonique (CO2) et le dioxyde de soufre (SO2). les combustibles liquides et le gaz, en Algérie, contiennent du SO2 en quantité négligeable ; ce qui fait qu’on peut le négliger dans le cas du trafic routier. le gaz carbonique n’est pas, à proprement parler un polluant ; il a plutôt un impact sur le climat, à travers l’effet de serre. les oxydes d’azote (nox) et les hydrocarbures non méthaniques (hcnm), pour leur part, sont appelés des gaz précurseurs de l’ozone au niveau du sol, parce qu’ils réagissent avec le rayonnement solaire, pour donner naissance à la formation d’ozone. l’ozone est un fort oxydant et présente un risque important pour la santé. c’est pourquoi il est mesuré à la surface du sol. il ne faut pas confondre l’ozone à la surface du sol qu’on appelle « ozone troposphérique » avec celui du trou d’ozone situé dans la stratosphère et qu’on nomme « ozone stratosphérique

 

 

 

 

 

 

Sources : Menouar Boughedaoui, Doctorat d’État en Génie de l’Environnement : « Étude des émissions polluantes issues du trafic routier en Algérie », École Nationale Polytechnique, 2007, P. 120. RahalF.,BenharratsN.,BlondN.,ClappierA., Ponche J. L., 2014, “Modelling of air pollution in the area of Algiers City, Algeria”, International Journal of Environment and Pollution, Vol.54, No.1, 32-58. CDER
,Presse nationale.

 

 

 

 

Hits 65