Tewfik Hasni « Le solaire thermique, un potentiel équivalent à 40 000 millions de tonnes de pétrole/an »

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  • Posted 06 August 2018

 

L’ancien P-dg de new Energy Algeria (NEAL), ex vice Président Sonatrach, est aujourd’hui expert, président de l’association AIED-IAP, l’association des ingénieurs d’état de l’Institut Algérien du Pétrole et président de l’association APEQUE (développement durable).

 

Oil&Gas Business Magazine : Quelle est selon vous la mesure la plus efficace et la plus efficiente à adopter dans les brefs délais afin d’assurer la sécurité énergétique pour le pays ?

Tewfik Hasni : Au regard de l’énorme potentiel de l’énergie à base de soleil thermique estimée à 40 000 millions de tonnes/ an, ce qui est un chiffre qui frise l’incroyable, il serait donc nécessaire de mettre en marche son exploitation. Je voudrais souligner ici que la taille énorme de ces réserves en soleil thermique peut constituer des menaces en termes de sécurité énergétique. Je me réfère à l’un des conseillers de l’ancien président américain Georges W. Bush qui avait dit un jour : « Monsieur le président, déclarez le soleil du Sahara patrimoine mondial parce que les pays du Sahel ne peuvent pas exploiter ce potentiel et vous avez vu la taille de ce potentiel ? Vous pouvez par ce biais-là créer une dépendance énergétique à l’ensemble de l’Europe ».

Dans ce cadre-là, nous avons en Algérie, tous les moyens pour sécuriser notre énergie, ce qui devrait nous permettre d’être optimiste. Au-delà de cela, si l’on arrive à exploiter ce potentiel, on pourra préserver ce gaz que nous pourrions utiliser soit pour nos besoins internes, soit pour l’exportation. Ou pour aller plus loin, si l’on exporte ce gaz, 70 % seront utilisés dans la génération de l’électricité, pourquoi alors ne pas exporter directement de l’électricité produite à partir de ce potentiel en solaire thermique. Pour cette dernière possibilité, il nous faudrait tout d’abord dépasser la contrainte qui nous est imposée par l’Union Européenne qui ne nous permet d’accéder au marché de l’électricité.

 

L’Algérie sera-t-elle à court de gaz à partir de 2030 ?


Il est possible que nous soyons à court de gaz au-delà de 2030. Car nous ne sommes pas encore arrivés à maîtriser notre consommation dans l’absence d’efficacité et d’économie énergétique. Les prévisions démontrent qu’en 2030, on aura besoin de l’équivalent de 140 millions de m3/ an de gaz pour satisfaire nos besoins, et je pense que ces prévisions sont sous estimées, car elles n’intègrent pas la diversification économique et le développement industriel qui l’accompagne. Nous allons droit au mur si nous ne prenons pas de mesures urgentes, telles que la réduction du gaspillage qui ne se fera que par l’augmentation graduelle des tarifs de l’électricité, à 8 dinars le kw/h par exemple. Car à ce prix, nous n’aurons plus besoin de subventionner l’électricité. Aussi, il faudrait aller vers la réduction des subventions d’un montant qui pourrait se rapprocher des 30 mds de dollars. Ce montant pourrait nous permettre de financer le programme des ENR. Nous aurions ainsi fait d’une pierre deux coups. Nous rendrons ainsi disponible 40 mds de m3 de gaz (les économiser) et préserver la sécurité énergétique du pays. Tandis que l’espérance du gaz de schiste ne dépasse pas les 20 mds de m3, on préservera ainsi nos réserves en gaz de schiste. Pour ce faire, nous aurions besoin d’une politique claire en matière d’exécution du programme ENR, ce qui est malheureusement loin d’être le cas. Il est difficile actuellement de définir les acteurs du programme ENR. Le ministère de l’Environnement avait lancé un programme, celui de l’Énergie vient d’annoncer un programme de 150 MW seulement.

 

Le ministère de l’Intérieur parle de 150 MW également pour l’électrification des communes. Nous devrions donc dépasser cette non-cohésion dans les acteurs chargés de la réalisation du programme ENR.

 

 

 

 

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