5e colloque Club Energy La sécurité énergétique en débat

  • By Super User
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  • Posted 06 August 2018

Efficacité et cohérence. Les maîtres mots qui ont dominé les communications et les débats lors du 5 colloque du Club Energy tenu à Ben Aknoun le 30 juin dernier. « Au cours de la décennie actuelle, l’attention du Club Energy s’est surtout portée sur le programme de production d’énergie renouvelable », précise le communiqué du Club. Et tel que l’avançait l’organisateur du 5e colloque, Chawki Rahal, tous les thèmes autour de l’énergie ont été abordés même si l’attention fut à son comble sur les ENR à un moment où il fut question de porter la production à 22000 MW à l’horizon 2030. Mais pour l’heure, l’attention est portée sur la sécurité énergétique. Des ressources existent mais la consommation augmente. L’équation serait plus simple si l’économie algérienne ne reposait pas presque entièrement sur l’exportation des ressources. Il faut donc conjuguer besoin national, demande extérieur et disponibilité. Parmi les experts, les chiffres se disputent aux priorités. « Quelles sont nos réserves gazières et pétrolières ? », « Non, Il faut miser sur le renouvelable », entend-on. Chacun appuyant ses analyses de rapports, de rendus et de projection. On l’a compris, le 5e colloque a distribué des expertises qui se disputent la primauté. C’est tout le jeu du débat contradictoire et en ce sens, le colloque a bien joué son rôle.

 

Des approches différenciées

 

Trois axes ont été abordés durant cette journée : les potentialités énergétiques existantes, les contraintes sur la sécurité énergétique et les recom- mandations à adopter pour atténuer les impacts négatifs sur la sécurité énergétique.

 

L’Algérie est dotée de nombreuses potentialités. Le solaire défendu par Tewfik Hasni est un énorme réservoir énergétique pouvant assurer l’approvisionnement des générations futures sans négliger le volet exportation. Le solaire thermique et la récupération des gaz torché constituent les domaines de prédilection de l’expert. Il s’agit d’utiliser à son optimum l’énergie issue du soleil tout en comblant via les gaz torchés, les difficultés liées au stockage de cette énergie. Ahmed Mecheraoui rappelle que la consommation d’électricité augmente à un taux de 5,5 % par an, laissant présager que si d’autres sources d’énergies ne sont pas exploitées, les temps risquent d’être difficiles dans un avenir plus ou moins proche. « Même si l’apport en ENR est important à l’horizon 2030, il est loin d’avoir constitué la sécurité énergétique », prétend M. Mecheraoui. Cet adepte du gaz de schiste défend l’apport que peuvent présenter les énergies non conventionnelles et assure que les techniques existent pour assurer un maximum d’efficacité et la protection de l’environnement. Thèse nuancée par Kazi Tani, enseignant à l’université de Bab Ezzouar qui préconise d’autres solutions. Pour l’enseignant, la roche- mère détient des richesses plus grandes que celles de l’huile ou du gaz de schiste. Des quantités incroyables de métaux lourds sont emprisonnés dans la roche et un travail sur le terrain lui permet d’affirmer que ces métaux seraient infiniment plus rentables que le gaz ou l’huile de schiste. « J’ai fait un calcul sur un drain horizontal après fracturation hydraulique d’environ deux kilomètres, l’apport financier que peut nous apporter l’huile ou le gaz de schiste ne représente que 4 % de la ressource totale que contient la roche et encore j’ai laissé tomber le fer, le soufre etc. », affirme Kazi Tani.

Efficacité énergétique

 

Pour Ali Hached, les ressources en gaz ne devraient pas se tarir mais il apparait important pour l’expert de s’organiser autour du marché gazier en mutation, préconisant de ce fait un OPEP du gaz pour équilibrer les prix. De son côté Yasmina Saheb, forte de son expérience au sein de l’UE, informe que depuis 2015, l’Union Européenne reconnait les économies d’énergie comme source d’énergie à part entière. Le gain récupéré par les économies d’énergie était déjà préconisé par l’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali lors du 4e colloque du Club Energy tenu l’année dernière. Yasmina Saheb soutient que les outils technologiques ont apporté du confort et de l’efficacité énergétique. Par exemple, les climatiseurs ou les voitures de dernière génération. Pour autant, la responsabilité individuelle du consommateur ne peut être exemptée et un usage intelligent doit être pratiqué de tous ces outils particulièrement énergivores. Les économies d’énergie sont en fait de la responsabilité des citoyens mais aussi des politiques. On ne peut instruire la construction de bâtiments sans réfléchir en amont à la consommation d’énergie engendrée par certaines infrastructures. Dans le même ordre d’idées, la profusion des routes si elle apporte de la mobilité n’est pas la meilleure façon d’économiser de l’énergie.

 

En effet, la route incite à la circulation routière or il faut miser sur le transport collectif et chercher d’autres pistes de transport comme les voies maritimes ou le train. Aïcha Adamou fera un clin d’œil sur l’hydroélectricité, informant l’assistance que des études ont été faites à ce sujet, sans apporter d’in- formation sur l’apport de l’hydroélectricité en Algérie ou sur les techniques exploitées dans un pays menacé par la sécheresse. L’époque coloniale française avait précédemment exploité cette voie d’alimentation électrique par le biais des barrages d’eau mais la plupart est aujourd’hui à l’abandon. Abdelmadjid Attar, ancien ministre de l’Energie et modérateur durant les allocutions dira : « Tewfik Hasni nous fait miroiter un bel avenir avec le solaire, Ali Hached reste sur son idée d’un OPEP du gaz et Ahmed Mecheraoui nous fait peur en disant qu’en 2035 plusieurs problèmes pointeront leur nez. »

 

Peut-être est-il trop tôt pour parler de sécurité énergétique dès lors que la position des politiques n’est en faveur d’aucune transition. Encore faut-il acter des avancées vers les ENR ou le non conventionnel avant de parler de sécurité énergétique. Il n’est pas défendu d’y croire et, pour l’essentiel, ce fut le message des experts lors de ce 5e colloque.

 

 

 

 

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