Marché pétrolier: Des projections donnent le baril au-dessus de 80 dollars

  • By Super User
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  • Posted 29 September 2018

Plus de 20 mois après l’application de la décision de réduction de la production, les pays producteurs de pétrole, membres et non-membres de l’OPEP qui ont souscrit à un accord entré en application le premier janvier 2017 commencent à recueillir le fruit de leur travail. En effet les prix qui avaient affiché pour le pétrole de qualité Brent une moyenne de 43,76 dollars le baril pour l’année 2016 ont atteint une moyenne de plus de 71 dollars durant les huit premiers mois de l’année 2018. Au mois de mai 2018, les prix avaient même atteint les 80 dollars le baril avec une moyenne de 76,98 dollars le baril pour le mois. Pour le mois de septembre, la moyenne est pratiquement la même que celle du mois de mai et il pourrait toucher la barre des 80 dollars le baril comme il l’avait fait au mois de mai. Le gain est pratiquement d’environ 27 dollars par baril de pétrole. Pour l’année 2017, le gain avait été d’environ 11 dollars par baril par rapport à l’année 2016.Entre l’année 2017 et l’année 2018, le gain est d’environ 16 dollars le baril. Après quelques semaines de volatilité qui ont maintenu quand même le prix du pétrole au dessus des 70 dollars le baril, l’approche de la période qui verra les sanctions américaines contre l’Iran mises en application et l’approche aussi de la période qui doit voir la consommation de pétrole augmenter à la veille de l’hiver ont provoqué une hausse soutenue des prix avec un niveau qui situe le baril de pétrole dans la four- chette attendue des 75-80 dollars.

Un gain de 27 dollars par baril depuis 2016

L’entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran au mois de novembre 2018 a déjà commencé à avoir des effets sur les investissements en Iran et sur l’achat de pétrole iranien. Des sources du marché ont signalé des baisses des chargements de pétroliers iraniens d’environ 700 000 barils par jour au cours des 15 premiers jours du mois d’aout. Pour éviter de tomber sous le coup de sanctions de la part des États Unis, des acheteurs commencent déjà à éviter le pétrole iranien. Le 20 aout, l’opinion avait déjà pris connaissance du retrait officiel du major français Total de l’Iran ou il avait projeté d’opérer un grand investissement dans un gisement de gaz naturel géant. Le désengagement du groupe major français Total d’Iran a constitué un tournant pour le marché pétrolier. C’est le ministre iranien du pétrole Bijan Zanganeh qui avait déclaré le 20 aout passé que le groupe français avait officiellement quitté l’Iran après les menaces américaines de sanctionner les entreprises qui continueraient de développer des relations commerciales avec l’Iran.» Total s’est officiellement retiré du contrat pour le développement de la phase 11 du projet South Pars» avait annoncé le ministre iranien. C’est au mois de juillet 2017 que le groupe français avait annoncé avoir signé avec la National Iranian Oïl Company (NIOC), la compagnie nationale iranienne, le contrat portant sur le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11). Ce gisement est considéré comme le plus grand gisement de gaz naturel au monde et la capacité de production du projet est de 2 milliards de pieds cube par jour, soit 400 000 barils équivalent pétrole par jour avec les condensats. Le gaz produit était destiné à alimenter le marché iranien à partir de 2021.Total détenait 50,1 % dans le projet et dans une première phase un investissement de 2 milliards de dollars allait être engagé. Total avait demandé une dérogation aux autorités américaines sans résultat.

Le désengagement de Total d’Iran a été un signal fort pour le marché.

Il illustrait le début de la mise en application des sanctions américaines contre l’Iran. D’ailleurs c’est vers cette période que les achats de pétrole iranien ont commencé à baisser entrainant ainsi une consolidation des prix du pétrole au dessus des 75 dollars le baril. Le désengagement du groupe total d’Iran : Un tournant Pour comprendre le désengagement de Total et selon les explications qui ont été données, il faut savoir qu’en cas de sanctions américaines qui lui seraient appliquées s’il continue à travailler avec les compagnies iraniennes, le groupe français pourrait perdre les capacités de financement dont il dispose auprès des banques américaines qui seraient impliquées dans plus de 90 % de ses opérations. Comme il pourrait perdre aussi les actifs de ses actionnaires américains qui représenteraient 30% dans le total de l’actionnariat.Sans compter les actifs américains que le groupe détient et qui seraient de l’ordre de 10 milliards de dollars. Le retrait de Total donne plus de crédit aux menaces américaines de sanctionner toute entreprise qui travaillerait avec les entreprises iraniennes. Il faut s’attendre à un isolement de l’Iran d’ici le 4 novembres date butoir choisi par les autorités américaines pour les sanctions dans le secteur pétrolier.
La baisse des exportations iraniennes de pétrole qui ont été constatées depuis le début du mois d’aout 2018 a commencé à influer sur la production de pétrole brut iranien. Cette baisse a été notée par plusieurs sources. L’agence Reuters a constaté que la production iranienne de pétrole brut a baissé de 150 000 barils par jour au cours du mois d’aout suite à la chute des exportations au profit des entreprises qui ont été découragées par la menace des sanctions américaines. Selon l’agence Bloomberg, l’Iran a subi une forte baisse de sa production de pétrole brut durant le mois d’aout 2018. Cette dernière est passée de 3,740 mil- lions de barils par jour à 3,5 millions, soit un manque de 240 000 barils. Pour Bloomberg, cette baisse est due à la désaffection des clients du pétrole iranien qui évitent ainsi des pénalités de la part des Etats Unis. Selon Platts, avant même le début de l’application des sanctions américaines, la production iranienne de pétrole brut a chuté à 3,6 millions de barils par jour durant le mois d’aout 2018, soit une baisse de 120 000 barils par jour par rapport au mois de juillet. Tandis que les exportations ont reculé de 17 % par rapport au mois de juillet. Selon l’enquête de Platts, les principaux acheteurs de la Chine et de l’Inde ont considérablement diminué leurs achats de pétrole iranien. Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), la production de pétrole brut iranien a diminué de 200 000 au mois d’aout 2018 par rapport au mois de juillet en se situant à 3,52 millions de barils par jour. Par rapport au mois d’avril 2018 la chute est plus importante avec un manque de 310 000 barils par jour. Dans son rapport mensuel publié le 12 septembre, l’OPEP qui cite des sources secondaires a estimé que la production de pétrole brut iranien a reculé de 150 000 barils par jour au mois d’aout 2018 par rapport au mois de juillet. La production serait passée de 3,734 millions de barils par jour à 3,584 millions de barils par jour. Par rapport au mois de juin, le recul est plus net avec un manque de 209 000 barils par jour. Les statistiques de plusieurs organismes sur la baisse de la production de pétrole iranien durant le mois d’aout se situent dans une fourchette de 120 000 barils par jour à 240 000 barils par jour. Toutefois le constat est le même, plu- sieurs clients du pétrole brut iranien par peur des sanctions américaines évitent d’acheter en Iran. La tendance pourrait encore se renforcer à l’approche du mois de novembre.

Des projections qui porteraient le baril au dessus des 80 dollars

Les projections pour le mois de novembre 2018 pourraient entrainer une plus forte chute de la production de pétrole iranien avec un manque de 1 millions de barils par jour pour le marché. Cette donnée qui avait déjà été constatée dans le passé à la suite des sanctions américaines et avant la conclusion d’un accord sur le nucléaire dénoncé depuis par les États Unis pourrait faire porter les prix du pétrole vers la fourchette 80-100 dollars le baril. Si la décision des pays membres de l’OPEP et non membres de l’OPEP, qui ont conclu un accord de réduction de la production de 1,8 million de barils par jour entré en vigueur au mois de janvier 2017, d’augmenter la production de 1 million de barils par jour a pu freiner les prix au niveau des 70 dollars le baril, l’entrée en vigueur des sanctions américaines au mois de novembre 2018 et la forte demande mondiale de pétrole attendue durant le dernier trimestre de l’année pour- raient faire monter les prix au dessus de la barre des 80 dollars avec une possibilité d’aller vers les 100 dollars le baril.

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