Torchage du gaz / Sonatrach peut récupérer 2,8 MDS de m3 par an d’ici 2021

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  • Posted 01 October 2018

En annonçant publiquement par un communiqué officiel son adhésion à l’initiative « Zero Routine Flaring by 2030 », lancée en 2015 par le Secrétaire général des Nations unies et le Président du Groupe de la Banque Mondiale et qui vise à mettre fin au torchage systématique de gaz d’ici 2030, la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach officialise au niveau international son objectif d’éliminer totalement le torchage du gaz d’ici l’horizon 2030. Dans son annonce, Sonatrach a expliqué qu’elle répondait favorablement à l’invitation, qui lui a été adressée, d’adhérer à cette Initiative promue par la Banque Mondiale. Sonatrach précise que cette initiative est d’ailleurs en cohérence avec la réglementation nationale sur le torchage, le plan de Transformation SH 2030 et avec sa politique HSE, qui consacre la protection de l’environne- ment, la lutte contre le changement climatique et l’exploitation rationnelle des ressources naturelles, comme des composantes essentielles de sa stratégie de développement. Cette initiative est portée par 27 Gouvernements, 34 compagnies pétrolières et 15 organismes d’aide au développement signataires de l’accord. En effet, avant cette annonce, la compagnie nationale des hydrocarbures s’était fixée des objectifs ambitieux en matière de récupération de gaz torché. Dans la stratégie Sonatrach 2030, la compagnie avait déjà établi un objectif à court terme pour atteindre 1% du gaz torché. Lors de la présentation de cette stratégie dans les conférences organisées sur les sites de production, l’objectif d’atteindre 1% de gaz brûlé d’ici 2021 a été mis en exergue.

 

 

 

L’objectif de 1% de gaz brûlé d’ici 2021

 

 

 

Selon des calculs établis récemment et qui ne sont pas encore officiels, le torchage du gaz serait actuellement de 5% et représente environ 3,5 milliards de mètres cubes de gaz par an. Ces calculs sont relatifs aux gaz associés des gisements pétroliers. L’objectif d’atteindre 1% de gaz brûlé d’ici 2021 permettra à la compagnie nationale de récupérer un volume important de gaz naturel de 2,8 milliards de m3 par an, un volume qui pourrait être mis en vente au profit du marché national ou pour l’exportation. Ce qui représente la production d’un gisement de gaz naturel. À cet effet et au mois de mai 2018, la compagnie nationale a présélectionné six sociétés étrangères pour réaliser l’étude de la récupération totale des gaz brûlés dans les complexes de GNL. Il s’agit de l’Italien Tecnigroup, l’Espagnol Sener Ingenieria y Sistemas et Técnicas Reunidas, l’Américain Amec Foster Wheeler, le Japonais IHI Corp. et le portugais Technoedif Engenharia. Même si les quantités de gaz brûlés au niveau des sites de l’activité aval ne sont pas aussi importantes que ceux situés au niveau des sites de production de pétrole, il n’en demeure pas moins que les effets sur l’environnement seront importants surtout que les complexes de GNL sont situés près des villes du nord du pays à l’Est comme à l’Ouest. En amont, la compagnie a inauguré, en septembre 2017, une installation supplémentaire à Rhourde El Baguel (à 80 km de Hassi Messaoud), pour récupérer les gaz associés. Cette nou- velle installation a permis d’exporter un volume de 6 millions de m3 sur les 17 millions de m3 de gaz torchés qui ont été récupérés quotidiennement dans cette installation, tandis que les 11 millions de m3 restants sont réinjectés dans le gisement pour augmenter la pression et améliorer la production. En septembre 2017, Sonatrach a également inauguré l’unité de récupération des gaz brûlés à Guellala (Hassi Messaoud) qui permet de récupérer 900 000 m3 de gaz brûlé quotidiennement, dont 500 000 m3 destinés à la vente et 400 000 m3 à l’exploitation. L’unité qui aurait coûté 140 millions d’euros a été réalisée par le consortium ABB/SARPI (algero-hel- vético-suédois). Selon des statistiques, le taux de brûlage à la torche était de 8,7% en 2014. Le volume de gaz éva- poré qui était de 6,33 milliards de m3 en 1999 est passé à 4,74 milliards de mètres cubes en 2014 (amont et aval), soit une baisse de 16%. Actuellement, il serait de 3,5 milliards de mètres cubes.

 

 

 

La première initiative de 2002 a sommet de la terre

 

 

 

Ce n’est pas la première fois que la compagnie nationale adhère à une ini- tiative internationale pour mettre fin au torchage du gaz. Les objectifs de l’initiative « Zero Routine Flaring by 2030 » sont pratiquement les mêmes que les objectifs du Global Gas Flaring Réduction (GGFR), un partenariat public-privé lancé en 2002 par la Banque Mondiale et dans lequel Sonatrach était partie prenante. Ce projet avait été lancé lors du Sommet mondial sur le développe- ment durable, aussi appelé sommet de la Terre de Johannesburg qui s’est tenu du 26 août au 4 septembre 2002. L’initiative visait à aider les gouvernements et les industries pétrolière et gazière dans leurs efforts continus à réduire le torchage et la ventilation des gaz notamment ceux associés à l’extraction du pétrole. Elle avait regroupé des représentants des pays producteurs de pétrole, des sociétés d’État dont Sonatrach et des grandes entreprises pétrolières (13 compagnies pétrolières, 18 gouvernements, 3 institutions financières du développement). À ce titre il faudrait peut-être rappeler qu’au mois d’octobre 2012, le « Global Gas Flaring Réduction », organisme relevant de la Banque mondiale avait décerné au groupe pétrolier algérien Sonatrach un prix pour la réduction des gaz torchés. Ce prix d’excellence, qui a été décerné à l’occasion du Forum mondial pour l’intensification de la réduction des gaz torchés et de l’utilisation du gaz en faveur du développement tenu à Londres, avait récompensé les efforts et les moyens consentis par Sonatrach en faveur de la réduction des gaz torchés pour la protection de l’environne- ment selon le GGFR. Le prix avait été décerné à l’occasion de la présentation du projet « Station de Récupération des Gaz Associés 2 (SRGA 2) » de Hassi Rmel.

Selon les statistiques évoquées à l’époque, 32 projets avaient été réalisés par Sonatrach et qui ont contribué à la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Ces projets auraient permis l’élimination du torchage avec un taux qui est passé de 78,6% en 1973 à 9,7% en 2010.

 

 

 

Le gain économique de la récupération des gaz torchés

 

 

En plus de  l’impact positif sur l’environnement que l’arrêt du torchage du gaz entraîne, le gain économique est notable puisque le gaz récupéré peut être utilisé pour maintenir la pression dans les gisements de pétrole et améliorer la production comme ce gaz peut être commercialisé et devenir du gaz de vente. Selon des calculs établis, la valeur commerciale du gaz brûlé dans le monde en 2016 et dont le volume était d’environ 150 milliards de mètres cubes représentait près de 30 milliards de dollars. Ainsi si la Sonatrach arrivait à récupérer les 2,8 milliards de mètres cubes par an d’ici 2021, le gain serait d’environ 560 millions de dollars par an. Ce qui n’est pas négligeable en cette période de crise financière. Pour mettre fin définitivement au torchage du gaz, des investissements sont nécessaires dès le début de la mise en production du gisement de pétrole. Ces investissements concernent des infrastructures additionnelles de traitement et de transport, ce qui entraîne des coûts supplémentaires. Mais ces coûts peuvent être d’un grand apport aussi bien sur le plan environne- mental que sur le plan économique vu la valeur que prend le gaz naturel dans le processus de transition énergétique. Selon les calculs établis par la Banque Mondiale, le brûlage en 2017 de prés de 140 milliards de mètres cubes de gaz naturel dans des milliers de champs de pétrole dans le monde correspond à l’émission de 300 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère et ce serait l’équivalent des émissions produites par environ 77 millions de voitures. Sur un autre plan on pourrait aussi affirmer que la valeur commerciale de ces volumes de gaz brûlés se

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