L’Institut Algérien du Pétrole de demain: La vision du président de l’AIED-IAP

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  • Posted 02 November 2018

Lors de son allocution d’ouver- ture au cinquième colloque du "Club Energy", le président de l’Association des ingénieurs de l’IAP, M. Toufik Hasni, avait beaucoup insisté sur l’importance de la formation car la Ressouce humaine est l’élément central pour assurer le développement économique et social du pays. Suite au récent renouvellement du conseil de l’association, M. Hasni nous déclare que des dispositions ont été prises concernant le redéploiement de l’institut IAP face au grand défit du déficit en cadres, plus particulièrement des ingénieurs. « Notre ambition est d’en faire le pôle du Savoir aussi bien dans le domaine des énergies fossiles que celui des renouvelables », nous précise-t-il. Avec la nouvelle stratégie de SONATRACH relative aux ressources humaines, le président de l’AIED-IAP estime qu’il est important de rappeler l’objectif assigné à cet institut : être un pôle d’excellence en matière de formation, selon les standards inter- nationaux, mais aussi une référence en matière d’expertise au service de notre société. « Nous voulons que l’IAP soit cet outil qui relève les défis posés par le développement de SONATRACH grâce à une formation ciblée et orientée vers le développement, le soutien et le support aux objectifs de la société, le tout dans le cadre d’une assurance qualité de la formation. Grâce aussi au développement d’une expertise métier comme soutien à une fonction nouvelle à développer au sein de l’institut, le consulting in house dans une première phase. L’IAP deviendra une force d’accompagnement. Sans oublier qu’il faut axer sur la recherche appliquée pour le développement de la maîtrise technologique », nous explique le président. Pour lui, cette démarche doit fonda- mentalement s’appuyer sur la gestion prévisionnelle des effectifs pour prépa- rer la relève par les jeunes générations. Elle s’inscrit aussi dans un processus de formations ciblées de cadres et formateurs associé à un processus de capitalisation. Et pour atteindre les objectifs identifiés dans les domaines d’activités stratégiques, cette démarche doit, selon M. Hasni, s’appuyer sur les missions fondamentales sur le moyen terme.
Il recommande d’éviter de se disperser sur des activités qui doivent être sous-traitées par un essaimage et une densification technologique et industrielle autour des pôles de SONATRACH. La maintenance doit quant à elle être sous-traitée. Pour M. Hasni, « le contexte actuel est caractérisé par une déperdition de plus en plus importante des ressources humaines, source et réceptacle de notre connaissance et expertise et autant dire garant de notre avenir. On note une rareté d’expertise dans différents maillons de la chaîne de valeur à laquelle il faudra trouver une solution par le partenariat sous une forme autre que l’achat de formation. Les capacités pédagogiques doivent absolument être rénovées et la demande de spécialisation et de nouvelles compétences à acquérir sur toute la chaîne de valeur de SONATRACH est permanente ». L’IAP doit se mettre à jour avec de nouveaux outils pédagogiques pour répondre à ses principales missions, notamment de satisfaire tous les besoins de formation de SONATRACH et de ses filiales avec la qualité requise et au travers d’un processus pédago- gique repensé et fluidifié (ERP). Il se doit aussi de contribuer au développement futur de la société par la formation de spécialisation de ses nouvelles recrues. Par ailleurs, l’institut doit assister les structures de SONATRACH et de ses filiales à exprimer leurs besoins en formation dans le cadre d’un processus d’ingénierie de la formation clair et efficace, capable d’évaluer les besoins et les compétences induites, tout en contribuant au développement de la ressource humaine actuelle de l’entreprise par la formation continue. Pour notre interlocuteur, l’IAP doit considérer les simulations qui consistent à reproduire des situations ou des environnements industriels, comme un outil pédagogique essentiel dans le cadre du renforcement des connaissances par la pratique et l’expérimentation. « C’est en fait un élément incontournable tant en formation initiale des professionnels que dans le cadre du perfectionnement et de la professionnalisation », insiste M. Hasni avant d’ajouter qu’il est justement prévu de créer un centre de simulation qui couvrira toutes les spécialités et domaines d’activité de l’entreprise. Aussi, un système d’évaluation doit être mis en place pour évaluer la pertinence des actions de formations, ainsi que l’harmonisation et la mise à niveau des supports pédagogiques sur le fond et la forme. L’objectif est de créer et mettre à jour continuellement un fonds documentaire disponible pour les apprenants au démarrage de chaque action de formation pour une meilleure appropriation des connaissances. Il est aussi nécessaire d’avoir une grille d’évaluation annuelle des enseignants permanents. Son rôle est d’attribuer des notes pour chaque activité de l’enseignant-chercheur (préparation des supports de cours, animation, publication et communication, mise à jour des programmes) à l’instar des pratiques internationales. Elle servira d’outil d’évaluation pour aider le management dans l’évaluation annuelle du personnel enseignant. Il paraît nécessaire pour ces enseignants d’être encouragés à communiquer et publier dans des revues de renom, dans le but d’améliorer la qua- lité de la formation à travers l’utilisation des résultats de recherche. L’IAP a aussi pour mission de développer une expertise métiers comme soutien à une fonction nouvelle, le consulting in house dans une première phase. L’objectif sera de donner à l’institut une nouvelle envergure qui sera à terme la branche consulting au service de SONATRACH, dans les trois à cinq prochaines années. Il devra pouvoir produire des études qualifiées et reconnues dans les domaines de la modélisation et simulation réservoir ; Enhanced Oil Recovery ; Corrosion et flow Assurance et la réduction des coûts opératoires. Les formations sont repensées pou être recentrées sur les postes de travail, il faut, selon M. Hasni, « raisonner et agir en Corporate University et non en université académique. Les formations doivent gagner en crédibilité et en opérationnalité. Le processus ingénierie de la formation doit inclure des cas réels sur toute la chaîne de valeur de la Société, la collaboration réussie avec les activités opérationnelles et directions fonctionnelles sera un atout pour réussir la crédibilité et la qualité des formations ». Le président de l’AIED-IAP reconnaît que les objectifs sont ambitieux alors que les ressources sont limitées, mais « être pragmatique permet de dépasser les contraintes et espérer être à la hauteur des défis ». Pour lui, la politique ressource humaine dans le passé était assez proche de cette nouvelle vision. Il faudrait donc en tirer les enseignements. Par ailleurs, il faut, selon M. Hasni, découper le problème pour une meilleure garantie de succès, la structure organisationnelle des entreprises modernes n’étant plus pyramidale. « C’est plutôt deux parenthèses avec le milieu assez écarté. Ceci veut dire que l’exécution ne représente plus la majorité de la ressource humaine. C’est en fait la maîtrise, les techniciens et cadres moyens les plus nombreux avec l’évolution techno- logique ». L’IAP devra donc prendre en charge l’encadrement pour des formations techniques. Et à travers ses instituts déclinés sur l’ensemble du territoire, elle devra également se charger des cadres moyens et techniciens. Autres recommandations : il faut éviter de maintenir l’ensemble des activités dans l’entreprise. L’essaimage doit être mené à bon port. Il devra concerner plus de la moitié des effectifs. Il concernera les activités de support. La formation de ces effectifs restera du ressort de Sonatrach comme pour les besoins des filiales. Mais, il faut savoir que l’essaimage permettra de développer le tissu industriel de sous-traitance dans chaque pôle. Il contribuera ainsi à mieux valoriser les métiers de base. La maintenance doit aussi être sous-traitée. Aussi, la formation au sens large doit être qualifiée et précisée. En effet, l’IAP a en charge des formations de professionnalisation et diplômante, comme celles des ingénieurs et des techniciens. Mais, il a aussi en charge la formation à la carte du personnel opérationnel sur les simulateurs prévus à cet effet. Toutes ces formations rentrent dans le cadre du processus de gestion des carrières du personnel de SONATRACH et de ses filiales. Dans ces cas, il est évident qu’il n’y a pas de diplôme. Il y aura des attestations qui seront déterminantes pour les promotions dans le cadre de la gestion de carrières. Pour l’Iapiste, cette stratégie devra se traduire par des objectifs précis en quantité, en qualité et dans le temps. C’est seulement après cela que l’IAP pourra établir son plan de charge et évaluer les ressources nécessaires. Si le personnel enseignant permanent n’est ni suffisant ni adapté à cette nouvelle vision de la formation, cela ne veut pas dire qu’il en est exclu. Il faudra au contraire le préparer à ces nouvelles missions et méthodes pédagogiques. Il est normal de vouloir être à la hauteur des nouveaux défis et de développer une culture d’excellence comme devra l’être l’IAP. Dans ce cas, cela implique des systèmes d’évaluation nouveaux. Le système de rémunération sera conséquent. M. Hasni pense que le manque de ressources va rendre indispensable le recours au partenariat. « Il sera certes constitué d’entités de nationalités étrangères au début pour une algérianisation programmée, par la suite. Le partenariat sera aussi algérien. La capitalisation acquise par les anciens cadres et membres de l’Association des ingénieurs de l’IAP sera bien sûr disponible. Il faut ajouter pour certaines formations spécifiques la contribution d’autres centres de formation, à l’instar de ceux prévus au niveau du Sud sous l’égide de l’IAP ». Ces structures seront effectivement d’un grand apport, surtout, pour des besoins déterminants de l’entreprise, « il s’agit des formations spécifiques dans le domaine du forage, indispensable si nous prévoyons de développer le gaz de schiste. Le nombre de puits à forer pourrait atteindre 1 000 par an ». Ainsi, des solutions existent. La stratégie de développement devra s’appuyer sur des pôles technologiques spécifiques à chaque besoin : le forage, le réservoir engineering et la géoscience, la pétrochimie, les énergies renouvelables. L’Association des ingénieurs de l’IAP partage cette vision qui permet à l’Institut de revenir à la post graduation diplômante des ingénieurs. Elle permet aussi de refaire de l’IAP un pôle d’excellence comme il a été dans le passé. « Notre rôle sera celui du partenaire par la mise à disposition du Savoir des membres au bénéfice de l’Institut. Nous accompagnerons notre Institut dans cette démarche et souhaitons un plein succès à la nouvelle génération de l’Association qui va prendre les choses en mains », déclare son président. En partant du souhait de SONATRACH de devenir la 5e société pétrolière dans le monde, le président de l’AIED-IAP estime que pour faire bouger les lignes, il faut révolutionner la culture actuelle de l’entreprise SONATRACH. « C’est avec des Hommes et des Femmes motivés, que l’on peut relever le défi et atteindre des objectifs aussi ambitieux. Nous pensons que la démarche doit s’appuyer sur des Hommes possédant cette foi ». Pour définir la Foi, M. Hasni se réfère au théologien hébraïque antisioniste, Leibowitz, qui affirmait que la foi est d’abord la volonté personnelle de croire. « Ceci s’applique aussi bien à la croyance divine, qu’à celle des valeurs. La foi c’est aussi l’espérance et le rêve. C’est donc, fondamentalement une révolution culturelle à mener ». Il explique que pour permettre à SONATRACH de réaliser son ambition, l’IAP doit aussi avoir une ambition à la même hauteur. Il doit pouvoir devenir le pôle de savoir pour Sonatrach et rayonner sur l’Afrique. « Ceci en intégrant le rang des 500 meilleures universités mondiales. L’IAP dans le passé avait fourni la plus grande part de l’encadrement du secteur de l’Énergie tunisien. Il a fourni aussi à certains pays africains des cadres qui ont atteint le rang de Ministre », nous dit M. Hasni avant de poursuivre « L’IAP doit pouvoir fournir le certificat de la qualité de sa formation afin que cette formation soit reconnue au plan mondial. Le critère d’évaluation qui permettrait à l’IAP de postuler au rang des 500 meilleures universités mondiales demeure entre autres le « diplôme ». Pour conclure, il se réfère à un exemple parlant « Nous devons nous poser la question de savoir comment assurer la Sécurité du pays. L’ANP reste l’institution déterminante à préserver pour assurer cette Sécurité. L’évolution des conflits dans le monde, nous permet de constater que ces conflits touchent, à présent, le domaine économique. Nous devons, en conséquence, envisager de préserver l’autre institution après l’ANP, à savoir, Sonatrach. Pour cela, nous devons mobiliser l’ensemble des ressources humaines qu’elles soient au service de Sonatrach ».

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