Dans sa stratégie 2030 Sonatrach propose un marché de 15 à 20 mds de dollars aux entreprises nationales

  • By Super User
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  • Posted 02 November 2018

Dans sa stratégie SH 2030 annoncée en mai dernier, la compagnie pétrolière nationale Sonatrach qui vise à rejoindre le TOP 5 des plus grandes compagnies pétrolières mondiales, a lancé un appel aux investisseurs nationaux les invitant à intégrer ses plans stratégiques visant à faire de la première entreprise nationale, « une entreprise de référence mondiale », selon les projections affichées par ses responsables. Lors des portes ouvertes organisées le 09 et 10 septembre, au Centre International des Conférences (CIC) à Alger, sous le nom « Les opportunités d’investissement pour les entreprises algériennes », la première compagnie nationale a exhibé ses ressources et fait part de ses projets devant des centaines d’opérateurs locaux. En effet, Sonatrach souhaite atteindre une intégration locale à hauteur de 55%, dans ses projets de vision à moyen termes 2019-2030. Dans cette projection ambitieuse, la pétrolière nationale prévoit une série d’objectifs stratégiques qui sont :
 1- dans l’amont : En énergie conventionnelle : doubler le volume des découvertes annuelles, estimées actuellement à 50 millions de TEP (équivalent de réserves récupérables), doubler les activités de forage par rig, tripler en mds de dollars le manque à gagner par an évité, doubler les millions de TEP par an sur les champs existants, développer les ressources off-shore sur environ 100 000 km2. En énergies non conventionnelles : ouverture de deux usines (proppant et filetage de tubulaires), production d’environ 500 têtes de puits, et 500 canalisations pour les réseaux de collectes et des infrastructures, permettant de créer 15.000 emplois directs. Sonatrach compte également injecter 10 millions de dollars d’investissements sociaux. 2- dans l’aval : Sonatrach compte conduire 50% de sa production gazière vers de nouveaux marchés et trading à valeur ajoutée, mettre en place une réelle industrie pétrochimique et réussir et optimiser les projets de raffinage. 3- a l’international : la compagnie nationale vise l’accès à des réserves internationales et la valorisation de son savoir-faire aussi bien dans les métiers que dans les services, l’acquisition de nouvelles capacités de raffinage, ainsi que le développement de ses capacités de trading avec des partenaires internationaux. Le coût initial de ces projets, annoncé pour les cinq prochaines années, est de 59 mds de dollars.
Le PDG du groupe, Abdelmoumène Ould Kaddour, a indiqué que la part consacrée aux investisseurs nationaux dans ces projets représente entre 15 et 20 mds de dollars. « Ce sont entre 15 à 20 mds de dollars qui sont proposées pour les entre- prises nationales. Si vous ne les prenez pas, ce seront malheureusement des investisseurs étrangers qui les auront, car les investissements doivent se réaliser. L’Algérie se construira avec ou sans vous. Ce serait bien qu’elle se construise avec vous », a-t- il lancé en direction du parterre d’entrepreneurs présents, à leur tête, dans le rang VIP, le chef du Forum des Chefs d’Entre- prises Ali Hadad. Ould Kaddour n’a pas caché son souhait de voir la participation des entreprises locales dépasser les 55% prévus, d’autant plus, que la réduction des coûts de production- qui fait partie des objectifs de Sonatrach dans l’échéance citée plus haut- passerait inévitablement par l’intégration des compagnies locales. « Cette intégration permettra d’économiser environ 14 mds de dollars », a fait comprendre Hammoudi Bouhaddouda, conseillé du PDG de Sonatrach, dans son exposé. « Ce sont entre 15 à 20 mds de dollars qui sont proposées pour les entre- prises nationales. Si vous ne les prenez pas, ce seront malheureusement des investisseurs étrangers qui les auront, car les investissements doivent se réaliser. L’Algérie se construira avec ou sans vous. Ce serait bien qu’elle se construise avec vous », a-t- il lancé en direction du parterre d’entrepreneurs présents, à leur tête, dans le rang VIP, le chef du Forum des Chefs d’Entre- prises Ali Hadad. Ould Kaddour n’a pas caché son souhait de voir la participation des entreprises locales dépasser les 55% prévus, d’autant plus, que la réduc- tion des coûts de production- qui fait partie des objectifs de Sonatrach dans l’échéance citée plus haut- passerait inévitablement par l’intégration des compagnies locales. « Cette intégration permettra d’économiser environ 14 mds de dollars », a fait comprendre Hammoudi Bouhaddouda, conseillé du PDG de Sonatrach, dans son exposé. L’engineering, talon d’Achille de l’économie nationale Les hauts responsables du secteur pétrolier présents au CIC, tout comme les experts, se sont accordés sur la défaillance criante de l’engineering dans notre pays. « Nous sommes faibles dans l’enginee- ring », reconnait le Pdg de Sonatrach. « L’un des facteurs de développement d’un pays, c’est le taux d’intégration de l’engineering de ses entreprises nationales. La Norvège, par exemple, est le leader mondial de l’intégration locale avec un taux de 80% », a- t-il ajouté à titre indicatif. Ould Kaddour, à l’instar de certains autres conférenciers, ont préconisé donc le développement des capacités du pays en matière d’engineering, en invitant les opérateurs algériens à entreprendre dans ce créneau, ainsi que dans celui de la fabrication des équipements. « Selon nos données par secteur, le taux d’intégration actuelle des entreprises locales dans les projets de Sonatrach est de 90% dans les réseaux de collectes, et de 30% pour les installations de sur- faces, mais l’intégration des entreprises d’équipement fait grandement défaut », a regretté le premier responsable de Sonatrach. Et de lancer : « Nous invi- tons les opérateurs à entreprendre ce processus d’équipements ». Mécanismes d’incitations et d’accompagnement Projetée en 1994, cette mesure d’intégration des entreprises nationales n’a pas été concrétisée. Pour éviter la production de ce scénario, le PDG de Sonatrach prévoit la mise en place d’une série de mécanismes d’incitations, comme par exemple : L’introduction d’une variable dans les plans de charge des chefs de projets. (Les paies seront augmentées à mesure de l’augmentation de la part de l’intégration locale), l’allègement des conditions d’accès aux appels d’offres, la possibilité de regroupement entre fournisseurs, la mise en place d’une organisation d’un Procurement and Logistic Center, la prise en compte des contenus locaux dans l’évaluation des offres, l’accompagnement des entre- prises nationales dans l’acquisition des certificats de conformité aux normes et aux qualités internationales ISO, et aussi à atteindre les standards internationaux, la formation du personnel, etc. En prélude de ces partenariats internes, Sonatrach a annoncé la création pro- chaine d’un bureau destiné au suivi de l’intégration au maximum des entre- prises locales. Le groupe est même en train de finaliser les procédures de passation des marchés, a révélé Reda Deffous, directeur central Marchés et logistique. Ce dernier rappelle l’existence de « dispositions relatives aux structures d’achats, qui interdisent strictement le lancement d’achat international dans le cas de la disponibilité d’un contenu local », pour insister sur le développe- ment industriel des capacités locales. Déjà deux conventions et cinq contrats signés Aussitôt le projet d’intégration locale annoncé, Sonatrach a signé au premier jour de ces portes ouvertes, deux conventions-cadre et cinq contrats avec des entreprises nationales publiques et privées.
D’un montant global de l’ordre de 36 milliards DA, ces conventions cadres portent sur la réalisation de prestations au profit des structures de Sonatrach et de ses filiales, avec le groupe IMITAL, et la deuxième, signée avec Algérie télécom satellite (ATS), pour assurer le service de location et les abonnements au système de géolocalisation et de gestion du parc roulant du groupe et de ses filiales. Pour ce qui est des contrats, le premier a été signé avec la société ALFAPIPE de fourniture de tubes. Le deuxième avec le Groupement COSIDER-ENAC, sur la construction de gazoduc reliant El Aricha à Beni Saf. Le troisième signé avec ENIE sur la fourniture de panneaux solaire pour les puits ordoviciens. Le quatrième avec KAHRIF sur l’électrification des champs ouest du Touat, et enfin, le cinquième avec l’entreprise ENR pour la réalisation de l’opération de démantèlement (installation et génie civil) des cinq (5) unités du complexe CP1K/ Skikda. Dans un avenir très proche, la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG), lancera un appel d’offre pour la création de 150 MW d’électricité à partir de l’éner- gie solaire, destinée exclusivement aux opérateurs nationaux, a informé le ministre de l’énergie Mustapha Guitouni. Ce projet de partenariat inter algériens à grande échelle est le premier du genre. Sur papier, tous les facteurs de sa réussite sont présents. A termes, un grand nombre d’entreprises nationales auront acquis une expérience et des savoirs de rang mondial. Des facteurs qui – au regard du nombre de projets annoncés – ne pourraient que contribuer à l’augmentation de la performance de leurs collabora- teurs et par-là, de toute l’économie nationale.

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