Gaz industriel: Calgaz Algérie à la conquête du marché

  • By Super User
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  • Posted 24 November 2018

Le soleil se couche sur les plateaux environnant de Laghouat. Ces butes témoins d’une époque ravalées par la géologie, assistent encore à la conquête des territoires par les hommes. En cette fin de saison automnale, on s’affaire à astiquer et donner les derniers coups de peintures à une usine qui semble tout juste installée.

Calgaz Algérie, qui annonce sa mise en production pour fin novembre, a vu le jour dans ces contrées des hauts plateaux algériens. Là où le temps reste suspendu. Ici où l’on accueille encore avec le sourire. Cette toute jeune entreprise produira, commercialisera et distribuera le gaz industriel et médical à travers tout le territoire nationale. Là où la demande existe. Jusqu’ici, le gaz industriel était produit par une multinationale en Algérie. De l’oxygène à l’azote, les fournisseurs ne se bous- culaient pas. A. Kerchouche s’étonne encore des facilités avec lesquelles, il a pu monter Calgaz Algérie en compagnie de ses deux frères. Les Kerchouche ne sont pas des novices en matières industrielles. Depuis les années 80, leur groupe K3A a fait du chemin. De la production de sacs pour le ciment et le plâtre, il ont poursuivi dans les années 90 avec la production de plâtre. L’idée de produire du gaz industriel leur est venue naturellement comme pour toute entreprise qui aime investir et relever les défis. Allaient-ils buter sur des procédures administratives lourdes ? Pourront-ils obtenir des assiettes de terrain suffisant ? Seraient- ils aider dans le financement de leur projet ? Tout cela ils ne le savaient pas. Mais ils savaient une chose : le marché était demandeur et l’acquis pour l’Algérie d’avoir un producteur national ne pouvait être que propice en ces temps d’appel à l’investissement hors Hydrocarbures. Et tout se réalisa avec étonnement. Avec enchantement pourrait-on supputer. Les autorités compétentes à Ouargla et Laghouat, très au fait des carences dans le secteur des gaz industriels, ont facilité l’octroi d’assiettes pour permettre aux usines de s’installer. La Banque nationale d’Al- gérie, séduite par l’ambitieux projet des frères Kerchouche a donner son soutien à ce projet . Ce qui semblait de prime abord un parcours long et fastidieux s’est avéré bien plus aisé qu’ils ne s’y attendaient. Pourtant le « monstre » qui allait naitre avait de quoi faire peur : 400 tonnes/jour de gaz industriels entre l’usine de Laghouat et celle de Ouargla qui entrera en production en décembre 2O18. De quoi répondre à l’aise à une demande nationale et étrangère. Et comme l’ouverture vers l’Afrique semble se confirmer depuis les accords avec Nouakchott, pourquoi ne pas rêver exporter le gaz industriels vers l’Afrique.

Calgaz Algérie est située dans la zone industrielle de Laghouat, à la sortie sud de la ville. L’usine se repère de loin avec ses cylindres blancs. L’inauguration est pour fin novembre. Le bitume à l’intérieur de l’usine vient d’être posé et la peinture délimitant les espaces sèche encore. Des préfabriqués sont apposés aux abords de l’usine servant à la pause des ouvriers et permettant de travailler au calme. Masmi Chaouki, chef de chantier, lunettes de soleil, casquette, et tenue de travail aux couleurs de l’entreprise nous accueille. Son allure sur fond de désert rocailleux fait carte postale américaine. Pour autant, il nous présente Mohamed Hassan, ingénieur en oxygène, azote, cryogénie et acétylène. L’homme trapu au regard franc fait de grandes enjambées. Mohamed Hassan est palestinien vivant en Italie pour le compte de l’entreprise SIAD. Cette entreprise italienne a joué un grand rôle dans la création de Calgaz Algérie. A la question d’obtenir un brevet pour l’exploitation de gaz industriel, les firmes étrangères ne se sont pas bousculées pour vendre le process. Seule SIAD a positivement répondu aux frères Kerchouche, permettant ainsi la création de Calgaz Algérie.

Mohamed Hassan est emballé. Cette usine, ses turbines, ces cylindres, ses boulons, c’est son univers. Il est pointilleux dans ses explication, soucieux d’être clair. Le process technologiquement très compliqué, c’est l’usine qui fait tout. Pour autant une connaissance parfaite des réactions chimiques et des fonctions de chaque poste est nécessaire. L’ingénieur explique, entouré de jeunes algériens qui boivent ses paroles. A ses côté , ingénieur en génie de l’environnement et chargé du poste consistant à purifier l’eau au maximum par le procédé de l’osmose inverse, ponctue les propos de Mohamed Hassan par d’autres information. Il porte en lui tout ce que la jeunesse algérienne et diplômée a envie de donner

« Nous avons besoin d’air, d’eau et d’électricité. L’avantage en Algérie ce sont les prix de l’électricité. En Europe, l’énergie coute chère. C’est un gros avantage en Algérie le coût de l’énergie », introduit Hassan Mohamed. « Ces deux produits sont destinés aux hôpitaux ou la sidérurgie pour ce qui est de l’oxygène, quant à l’azote, c’est un élément neutre. Par exemple lorsqu’on est dans le secteur alimentaire, on ajoute de l’azote pour empêcher l’oxydation. Cela évite l’altération du produit. C’est sa principale propriété. Mais on le retrouve également dans le transport du pétrole c’est-à-dire le piping et pour le cracking. Aussi, pour le nettoyage dans les infrastructures industrielles, on utilise l’azote car c’est un élément neutre ». Mohamed Hassan rappelle qu’il s’agit aussi d’éléments dangereux pour l’homme et que la bonne conduite d’une usine est importante même si la technologie a permis d’éloigner le danger. « Beaucoup de mort ont été causés par un disfonctionnement dans les procédés utilisant l’azote en milieu industriel. Il faut prendre d’énorme précaution. C’est vrai que nous avons beaucoup appris aujourd’hui, et que le risque est éloigné ».

Le process

L’air est capté de l’extérieur et amené au compresseur. Les nouvelles usines de production de gaz industriel sont dotées de compresseur moins important limitant ainsi la consommation électrique. Une turbine permet de refroidir l’air capté qu’on transforme ensuite sous forme liquide c’est-à-dire à -196°C. A Calgaz Algérie, 18 000 m3 d’air est capté par heure .

Ainsi l’air compressé est stocké dans un bac située à l’extérieur de l’usine. A l’intérieur de la citerne c’est une eau comprise entre 7 et 10°C qui circule par un circuit et qui est destiné à refroidir l’air comprimé, qui lui arrive à 40°C .

Il faut noter que l’usine Calgaz Algérie est totalement automatique. Dès la mise en marche, il est possible de ne pas l’arrêter pendant cinq ans. C’est-à- dire jusque la phase de maintenance. Si l’air est l’élément essentiel à la production d’azote et d’oxygène, rien ne peut se faire sans l’eau. D’où l’existence dans l’usine d’un système de purification de l’eau captée dans la nappe. Un premier bac de 500 m3 reçoit l’eau dans lequel est additionné du chlore afin de le nettoyer de bactéries et autres organismes. L’eau sera ensuite conduite vers un filtre à sable pour éliminer les matières en suspensions et est ensuite acheminé à une station de préfiltration pour éliminer les sels minéraux. A ce moment, on recherche la présence de conductivité qui attesterait de la présence de sels minéraux. Pour finir, l’eau est amenée vers des membranes pour éliminer les restes de sels minéraux présents. Cette eau purifiée est utilisée pour refroidir l’air et obtenir de l’azote et de l’oxygène à l’état liquide

 

 

 

Le groupe  K3A

Calgaz Algérie est le dernier né du groupe K3a. « il s’agit d’un groupe algéro-algérien crée en 1984 par trois frères dont les prénoms commencent par A, le K faisant référence au K de notre nom Kerchouche », raconte Abderahmane Kerchouche. « notre axe principal était le secteur du marché de construction et travaux publics qu’on a fini par abandonner. puis nous nous sommes lancés dans l’emballage du ciment. nous livrions dans les 3⁄4 du pays. dans les années 90, nous avons pris des parts dans une usine publique de production de plâtre » », poursuit m. Kerchouche. c’est tout naturellement que les frères se lancent dans le gaz industriel, partant du principe que les besoins en Algérie étaient énormes et que le secteur est sous exploité. « nous avons eu de grosses facilités de la part des wali des villes où nous nous sommes installés. cela nous a épatés », précise-t-il. Le coût de l’investissement ? 50 millions de dollars par unité. Le fournisseur du processus est SIAD Europe Italie. Calgaz Algérie devrait grandir courant 2019 avec un site à Adrar et un autre à in amenas. Les frères Kerchouche ambitionnent également de créer à mascara un centre de remplissage de citernes cryogéniques.

 

 

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