Asma Mimouni, Etudiante en troisième année en génie des matériaux à l’Ecole Nationale Polytechnique d'El Harrach : Curiosité aiguiée et des projets plein la tête

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  • Posted 20 December 2018

Si les universités algériennes brillent par leurs ternes positions dans les classements mondiaux des performances universitaires, l’École nationale poly- techniques d’El Harrach ne semble pas inscrite dans ce marasme intellectuel quasi régnant partout ailleurs. « Nous n’avons pas le même esprit que les autres universités. Dans nos départements, les étudiants sont motivés, la transmission du savoir est assurée, et la vie des campus est assez dynamique », reconnaît Asma Mimouni, étudiante en troisième année de second cycle en génie des matériaux, qui livre à OGB une vision sur la vie estudiantine et la perception des programmes universitaires par les cadres de demain.

Après avoir obtenu son baccalauréat, cette passionnée des sciences a passé deux années à l’École préparatoire des sciences et techniques d’Oran, avant de passer avec succès le concours commun d’accès aux grandes écoles et d’intégrer ainsi l’École nationale polytechnique.

« C’est un domaine assez passionnant. Nos études portent sur des matériaux assez divers, ce qui nous permet de maîtriser la structure de la matière à l’échelle atomique, et c’est là qu’on devrait intervenir pour améliorer ses propriétés ou façonner les matériaux et leur donner les propriétés qu’on cherche à l’échelle macroscopique », explique-t-elle avec l’entrain que lui confèrent ses 22 printemps.

 

Deux diplômes pour un seul cursus

 

Asma Mimouni suit un cursus univer- sitaire classique, impliquant le passage de deux années en tronc commun, puis trois années de spécialité, dont la première reste un peu généraliste. « Ceci nous permet d’être polyvalents. Nous touchons à tout et nous nous spécialisons au fur et à mesure », raconte-t- elle en affichant son net appétit pour ces savoirs. Lors des quatrième et cinquième années, comme Asma, les étudiants de la Polytechnique doivent suivre 200 heures supplémentaires de cours qui seront sanctionnées par l’obtention du diplôme de Master 2. Ainsi ces étudiants termineront leurs cursus avec deux diplômes : un premier en ingéniorat d’État et un second en Master 2, ce qui leur permettra d’accéder au doctorat. Mais ce dernier point n’est pas ce qui intéresse le plus les étudiants actuellement, d’après notre jeune étudiante « les diplômés sont en général intéressés par l’emploi, la production, plutôt que par la recherche scientifique », affirme-t-elle.

 

L’une des rares écoles d’Algérie à avoir conservé son prestige et sa notoriété, l’École polytechnique d’El Harrach, englobe 13 spécialités dispensées sur 12 départements qui sont : les départements de l’automatique, de l’électronique, de l’électrotechnique, de la mécanique et des génies des matériaux, chimique, de l’environnement, industriel, civil, hydraulique, minier et enfin le QHSE-GRI, en plus d’une dizaine de laboratoires.

 

La qualité de l’enseignement
 et les débouchés professionnels

 

L’une des raisons pour lesquelles les étudiants choisissent cette école est la qualité de l’enseignement, le nombre réduit des étudiants qui permet plus de proximité et de communication entre les apprenants et leurs professeurs, ainsi que les débouchés professionnels. « Parmi les avantages de notre département, je citerais le fait qu’on ne soit pas nombreux. Nos professeurs nous connaissent un par un. Cela nous permet d’interagir et de communiquer avec eux, par mail, etc. », expose notre future ingénieure. Celle-ci regrette toutefois, la défaillance de certains matériels pédagogiques, la vétusté de certaines installations, le nombre insuffisant des travaux pratiques que les étudiants tentent de combler par les stages pratiques qu’ils sont tenus de valider, à raison, de minimum deux semaines par an.

 

Cette étudiante en génie des matériaux aimerait également étudier la science des matériaux, dans chaque classe des matériaux. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Car « en raison de l’existence du département de génie des matériaux au niveau d’un ancien département de métallurgie, la plupart des cours qui y sont dispensés portent plus sur les matériaux métalliques que sur les autres matériaux ».

 

L’autre raison pour laquelle les étudiants se dirigent vers la Polytechnique, c’est la grande perspective des débouchés professionnels. « Je ne connais pas un diplômé de la Polytechnique qui chôme. Les polytechniciens sont recru- tés par des entreprises étrangères, ou des multinationales, sinon, ils partent poursuivre leurs études à l’étranger, et sont facilement acceptés par les universités étrangères, notamment en Europe », témoigne-t-elle.

 

À la question de savoir si les étudiants qu’elle côtoie projettent de mener une vie professionnelle en Algérie, ou plutôt rêvent-ils de partir ? Mademoiselle Mimouni rappelle qu’en général, les étudiants veulent intégrer la vie professionnelle et ce, quel que soit l’endroit. Mais dans la plupart des cas, ils sont recrutés ici en Algérie. « Ceux qui partent à l’étranger le font pour suivre un master 2, qui serait un premier pas vers un emploi. L’objectif est de chercher un emploi, la production, car le secteur industriel productif est quasi inexistant en Algérie », se désole-t-elle.

 

Dans l’espoir de trouver l’idée innovante

 

La vie intellectuelle dans les campus d’El Harrach demeure assez dyna- mique. Les étudiants y organisent beaucoup d’activités et d’évènements scientifiques et culturels au sein des clubs scientifiques et des associations. « Ainsi sont organisés par exemple, des Alumni day, des rencontres avec des anciens diplômés qui viennent nous raconter leurs expériences, nous orienter vers de nouvelles opportunités. On peut affirmer que dans notre école, il y a de la continuité en matière de transmission du savoir et de l’esprit », raconte-t-elle.

 

Consciente de la chance de se retrouver dans un tel cadre de formation, notre future ingénieure souhaiterait travailler dans l’industrie comme ingénieur recherche et développement au sein d’une entreprise. Elle désire intégrer un poste similaire, afin, dit-elle, de repousser ses limites, surmonter des obstacles, résoudre des problèmes qui surgissent durant des opérations, ce qui lui permet d’être constamment dans un processus de recherche et développement, de disséquer les matériaux, les essayer, les fusionner, dans l’espoir de croiser au détour d’une opération « l’Idée Innovante » qui lui permettrait de lancer sa propre boîte.

 

Mais mademoiselle Mimouni qui est – à l’instar de ses camarades – appelée à donner des cours aux étudiants de première année, a déjà des conseils à donner à ce qu’elle appelle « les futures générations ! ». « Ces futurs étudiants en licence doivent penser à améliorer leurs compétences en matière de transmission du savoir, car ils doivent se préparer à la prise de parole devant un large public.

 

Ils doivent également apprendre l’an- glais et se préparer pour surmonter les défis globaux qu’ils rencontreront durant leurs cursus », a-t-elle conseillé en guise de conclusion.

 

 

 

 

 

 

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