Plus de 1 000 milliards de dinars en janvier 2019 La planche à billets s’accélère

  • By Super User
  • In actualité
  • Posted 07 April 2019

Dix-huit mois après la révision de la loi sur la monnaie et le crédit en octobre 2017 autorisant le recours au financement non conventionnel (FNC), pour financer le déficit du Trésor public, la banque centrale a mis à la disposition de ce dernier 6 556 milliards de dinars (Mds DA) le 31 janvier dernier. Ce montant était de 5 192 Md DA fin décembre 2018, c’est-à-dire depuis l’actionnement de la planche à billets. Ce volume avait atteint 2 185 Mds DA en 2017, puis 3 471 milliards de DA en 2018 et près de 1 000 milliards de DA en janvier 2019. Globalement, ces montants se répartissent comme suit : 2 287 Mds DA consacrés à l’assainissement des banques et des sociétés et 2 470 Mds DA au renforcement du trésor public pour faire face au déficit budgétaire en plus de 864 Mds DA destinés à la Caisse nationale des retraites (CNR). Par ailleurs, 938 Mds DA ont été affectés au Fonds national d’investissement (FNI), pour le financement de certains projets de développement, à l’instar de la réhabilitation des structures du com-plexe de phosphate et le programme de logements de l’AADL. L’analyse de ces chiffres montre que la croissance du FNC en une année (2017-2018) qui était de l’ordre de 1286 Mds DA est moins importante que celle enregistrée en l’espace d’un mois.

En janvier 2019, la planche à billets a pro-duit ainsi 1 364 Mds DA. C’est dire que les tirages s’accélèrent. Ils deviennent de plus en plus importants face aux déficits budgétaires massifs et illustrent parfaitement la détresse budgétaire que traverse le pays depuis l’avènement de l’épisode baissier des cours du pétrole en 2014. Une situation qui inquiète les experts. « Les réformes structurelles systématiquement différées jusque-là, finiront sans doute par s’imposer d’elles-mêmes, dès lors qu’il ne sera plus possible d’alimenter plus avant la mécanique dévastatrice des déficits et du financement monétaire malsain », relèvera d’ailleurs à ce sujet l’économiste Mouloud Heddir dans une étude récente publiée en février dernier sur le site du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE). Il ajoutera : « Face au spectre de la récession qui frappe à la porte, il est urgent d’ouvrir le débat le plus large sur les meilleures voies et les plus consensuelles pour réformer en profondeur une économie nationale en mal de gouvernance et pour prévenir le scénario funeste de la panique et de l’impréparation, tel celui vécu au milieu des années 1990. » Mais du côté du gouvernement, l’on continue à rassurer rappelant à chaque fois que le FNC décidé dans le cadre des mesures d’austérité suit son cours normal et n’a pas induit une poussée inflationniste 4,5% en 2018.

« En recourant à ce mécanisme, le niveau de la dette publique interne a atteint 36% du PIB de l’Algérie, un chiffre appelé à baisser, au regard du recul progressif du déficit prévu dans le budget de l’État jusqu’en 2022 », a expliqué pour sa part à ce sujet l’ancien premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors de la présentation de la déclaration de politique générale devant les députés fin février. « L’essentiel est que nous avons préservé la souveraineté de l’État sur la prise de décision économique, grâce au financement non conventionnel. Nous aurions pu perdre notre souveraineté économique, si nous avions eu recours au FMI », avait fait savoir M. Ouyahia. Le recours à une telle situation avait été pour rappel l’une des premières décidées par Ouyahia au lendemain de son installation en remplacement de Abdelmadjid Tebboune. Il l’avait annoncé dans son plan d’action en septembre 2017. 

 

 

 

Hits 378