Les centrales photovoltaïques assurent 70% des besoins en électricité dans 14 wilayas : L’éolien et le solaire, des solutions pour les régions enclavées

  • By Super User
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  • Posted 07 April 2019

70%de l’électricité consommée dans 14 wilayas des hauts plateaux et du Sud provient des centrales photovoltaïques (une vingtaine) créées à ce niveau, selon la filiale SKTM (Sharikat karhaba wa takatat moutadjadida) de Sonelgaz. Ainsi, les besoins en électricité de Sidi Belabbes, Saida, El Bayadh, Naâma, Djelfa, Laghouat, M’sila, Ouargla et Batna, entre autres, sont pris en charge par les énergies renouvelables. Leur alimentation en électricité provient exclusivement des émanations ardentes du soleil. À moyen et long terme, l’objectif est d’éviter l’utilisation du fioul pour réduire les coûts et l’impact négatif sur l’environnement. Ainsi, ces centrales fonctionneront, seulement, avec de l’énergie solaire, gratuite et propre. Cela permettra de faire des économies énormes au profit du trésor public. Et ce dans le cadre d’un programme portant sur l’autonomisa-tion de ces centrales photovoltaïques, toujours selon la même source. Autre avantage de l’utilisation exclusive de l’énergie solaire dans le fonctionne-ment de ces installations : la réduction des coûts liés à la maintenance et l’exploitation de ces équipements. 

 

Des projets pilotes pour démarrer

Pour rappel, à partir de 2014, SKTM a réalisé des projets photovoltaïques pilotes, ainsi que des stations de mesures météorologiques servant à quantifier le potentiel solaire et éolien des hauts plateaux et du sud.

La première installation d’une station photovoltaïque pilote d’une capacité de 1 mégawatt avait été réalisée à Ghardaïa dans le but de tester les différentes technologies disponibles et choisir la mieux adaptée au climat aride des hauts plateaux et du sud algérien. Par ailleurs, une station éolienne pilote a été réalisée à Adrar. Elle est actuellement opérationnelle. Ces installations pilotes servent à titre indicatif à vérifier et confirmer d’abord le potentiel solaire et éolien des régions ciblées pour ensuite choisir laquelle des technologies est la plus adéquate.

Sur un autre plan, selon les informations dévoilées par l’entreprise lors du 2e Salon international de l’environne-ment et des énergies renouvelables « SIEERA 2019 », la SKTM a lancé un autre projet de plus de 300 mégawatts sur 20 centrales dont la capacité varie entre 3 et 60 mégawatts. La plus grande (60 mégawatts) se situe à Laghouat.

Depuis sa création, cette filiale du groupe Sonelgaz contribue active-ment au développement des énergies renouvelables dans les zones enclavées du Sud et des Hauts Plateaux notamment où le besoin se fait le plus ressentir. Elle a été justement créée pour répondre à deux enjeux principaux : d’abord une meilleure prise en charge des centrales isolées du sud du pays, ensuite afin de développer massivement le recours à l’énergie solaire sous toutes ses formes, directes (photovoltaïque, thermique) ou indirectes (éolien, biomasse). Ce ne sont pas les potentialités qui manquent dans ce cadre de l’avis des experts qui plaident globalement pour des actions au niveau régional. L’expert allemand dans l’économie verte et les questions environnementales, René Mono qui s’exprimait à ce sujet lors du SIEERA 2019 a d’ailleurs préconisé cette démarche.

 

Une stratégie s’impose

En résumé, selon ce spécialiste, les communes qui ne sont pas alimentées via le réseau électrique national représentent une opportunité pour engager des projets de développement des énergies renouvelables pour assurer leur raccordement. « Ce qui est réalisable en Algérie », estime-t-il mettant en exergue le plan national dédié aux énergies renouvelables. « Le plan du ministère algérien de l’Énergie est très ambitieux et la topographie algérienne offre de grands potentiels pour les énergies renouvelables et surtout les régions isolées, c’est-à-dire qui sont hors réseau, l’énergie éolienne et solaire constituent des solutions adéquates pour ces régions », expliquera-t-il à ce propos. Mais, il faudrait mettre en place une stratégie propre à ces régions. « Une stratégie est nécessaire pour ces régions, qui doivent répondre à leurs situations spécifiques. Il faut surtout prévoir une bonne combinaison entre l’énergie éolienne, l’énergie solaire, et le stockage, qui permettra d’offrir de grandes opportunités de développe-ment. » Du travail reste à faire.

À titre indicatif, les différentes études évaluent le potentiel photovoltaïque de l’Algérie à 2,6 millions de térawatts/heure (TW/h) par an, soit 105 fois la consommation mondiale d’électricité. 

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