Marché pétrolier : L’OPEP arrive à redresser les prix

  • By Super User
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  • Posted 22 April 2019

Apres avoir frôlé la barre des 70 dollars à 69,96 dollars le baril, le 3 avril dernier, le prix du pétrole a franchi brièvement en séance le seuil des 70 dollars le baril, jeudi 4 avril. Finalement c’est le vendredi 5 avril que le Brent a clôturé au dessus des 70 dollars à 70,34 dollars le baril. Un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis le mois de novembre 2018.Un niveau qui devait être atteint à la fin du premier semestre 2019 selon les prévisions des pays producteurs de pétrole engagés dans l’accord de réduction de la production. Avec une avance de trois mois sur les prévisions, on peut dire que les pays membres de l’OPEP et non membres de l’OPEP ont réussi leur pari de faire redresser les prix du pétrole à un niveau qui permettrait aux investisseurs de se relancer afin de développer davantage les activités d’exploration-production. L’information qui faisait état d’un record atteint aux Etats Unis par la production de pétrole américain n’a pas affecté la hausse du prix du pétrole au dessus des 70 dollars. Au mois de mars, les statistiques de l’Agence américaine d’information sur l’énergie avait fait état d’un record de production de pétrole de 12,2 millions de barils par jour à la fin du mois de mars 2019. Ce redressement des prix s’explique essentiellement par l’effort consenti par les pays producteurs engagés dans l’accord de réduction de la production. Le Comité ministériel mixte de suivi (JMMC) qui s’est réuni à Bakou en Azerbaïdjan le 18 mars 2019 a constaté cette donnée en examinant le rapport mensuel préparé par son Comité technique mixte (JTC). Le rap-port de ce dernier comité technique a établi que la conformité globale était presque atteinte à 90 % pour le mois de février 2019 contre 83 % au mois de janvier.

 

Un taux de conformité de 90 %

Le Comité ministériel mixte de suivi a pris la décision d’annuler la réunion ministérielle prévue au mois d’avril dans la mesure où « il est peu probable que les fondamentaux du marché changent de manière significative au cours des deux prochains mois ». Cette réunion avait été programmée pour anticiper sur les changements qui pouvaient survenir dans l’application des sanctions américaines contre l’Iran en sachant que les exemptions dont avaient bénéficié plusieurs pays prenaient fin au début du mois de mai. De nouveaux pays membres sont venus élargir la composante du JMMC, ce qui permettra encore de mieux appliquer l’accord de réduction. 

Ces nouveaux pays sont l’Iraq, le Kazakhstan, le Nigéria et les Émirats arabes unis. Parmi les décisions prises lors de cette réunion, il y a le fait que le Comité technique continuera à se réunir chaque mois pour le suivi de l’application de l’accord et une prochaine réunion du JMMC a été décidée pour le mois de mai 2019 à Djeddah en Arabie Saoudite. L’adoption de la Charte de coopération qui était programmée pour le mois d’avril avec la tenue de la réunion ministérielle , pourrait avoir lieu le 25 juin, date de la réunion ministérielle qui doit se prononcer sur la suite à donner à l’accord de réduction de 1,2 million de barils par jour qui est valable pour le premier semestre 2019.

La baisse de production des pays de l’OPEP principalement durant le mois de mars explique en grande partie le fait que le prix du pétrole  soit au dessus des 70 dollars le baril. Ainsi et selon l’agence Platts qui est recensée comme seconde source au niveau de l’OPEP dans le suivi de l’application de l’accord de production, la production des pays de l’OPEP a reculé de 570 000 barils par jour. Ce qui est énorme. Selon l’enquête, « l’OPEP a fortement contribué à  resserrer le marché pétrolier, réduisant de 570 000 b/j son niveau de production de février.Les 14 pays de l’OPEP ont produit 30,23 millions de barils par jour au mois de mars contre 30,80 millions de barils par jour au mois de février.

La baisse de production la plus importante est celle du Venezuela qui a souffert de coupures de courant prolongées qui ont affecté l’industrie pétroliers, en plus des sanctions imposées par les États-Unis.Le Venezuela a produit 740 000 barils par jour au mois de mars contre 1,10 million de barils au mois de février, soit 360 000 barils en moins. 

L’Arabie Saoudite est l’autre pays ou une baisse importante de la production a été constatée. La production saoudienne a été de 9,87 millions de barils par jour au mois de mars contre 10,15 millions de barils au mois de février, soit une baisse de 280 000 barils. Si on prend en compte le quota volontaire alloué à l’Arabie Saoudite dans le cadre de l’accord de réduction qui est de 10,311 millions de barils, on constate que l’Arabie Saoudite a réduit sa production de 411 000 barils en plus de la réduction officielle qui est de 322 000 barils.

 

Les prix ont augmenté de 30 % depuis janvier

Toujours selon l’enquête de Platts, les prix du pétrole ont augmenté de près de 30% depuis le début de l’année. Pour les onze membres de l’OPEP dotés de quotas dans le cadre de cet accord (L’accord exempte le Venezuela, l’Iran et la Libye) le degré de conformité a été de 124%  en mars, contre 79% en février, principalement en raison de l’importante réduction de l’Arabie saoudite et de celle de l’Irak. Selon le rapport du mois d’avril de l’OPEP qui cite des sources secondaires, les pays de l’organisation ont produit 30,022 millions de barils par jour  en mars, contre 30,557 millions de barils, soit une baisse de 535 000 barils par jour.

L’organisation a ainsi vu sa production diminuer considérablement en raison notamment d’une forte baisse en Arabie Saoudite, au Venezuela et en Irak. L’Arabie Saoudite a baissé sa production de près de 400 000 barils par jour selon l’OPEP,en plus de sa baisse normale  de 322 000 barils. L’Irak s’est rapproché de son quota en baissant sa production de 100 000 barils par jour. Tandis que le Venezuela ,exempté par l’accord, a vu sa production baisser de 360 000 barils par jour,toujours selon le rapport de l’OPEP.

Avant même la tenue de la réunion ministérielle du 25 juin prochain à Vienne, le débat sur la conduite à tenir durant le deuxième semestre 2019  a déjà commencé. On sait que l’idée d’une prolongation de l’accord de réduction de la production de 1,2 mil-lion de barils qui se termine à la fin du mois de juin 2019 a déjà été évoquée il y a quelques semaines notamment par le ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite. En effet lors d’un entretien accordé à la chaine américaine de télévision CNBC, vers la fin du mois de fevrier,le ministre du pétrole saoudien Khalid El Falih a évoqué la probabilité d’une prolongation de l’accord de réduction pour le second semestre de l’année 2019 en déclarant « Toutes les perspectives que j’ai vues nous obligeront à modérer la production au second semestre de cette année, mais on ne sait jamais». Toutefois le prix de 70 dollars atteint par le baril de pétrole au début du mois d’avril a amené la Russie à évoquer la possibilité d’augmenter sa production.

 

La barre des 70 dollars en avril

Kirill Dmitriev, responsable du fonds d’investissement de l’Etat Russe(RDIF) qui est  un partisan de l’accord de réduction de la production conclu avec l’OPEP a déclaré à des journalistes lundi 8 avril que la Russie souhaitait augmenter sa production de 228 000  barils par jour ou plus des le mois de juin. Ce souhait est dicté par « l’amélioration des conditions du marché et de la diminution des stocks. » selon le responsable. » Il est possible que, dans le cadre de la réunion de juin, une décision soit prise, sous réserve des conditions du marché à ce moment-là, qu’il soit nécessaire de supprimer ces réductions» a indiqué le responsable russe. Le même jour, soit le lundi 8 avril, le ministre saoudien du pétrole Khalid Al Falih a estimé que les pays producteurs de pétrole n’auraient peut être pas besoin de réduire davantage leur production et qu’il était prématuré de dire que la réduction de la production allait être prolongée. En fait tout dépendra de la position de l’administration américaine concernant les exemptions dont bénéficient les clients asiatiques du pétrole iranien. Intervenant  lors de la conférence Gulf Intelligence Saudi Energy à Ryad, le ministre saoudien a indiqué que son pays n’allait pas encore réduire sa production dans la mesure ou le marché se rapproche de l’équilibre. A propos de la prolongation de la réduction pour le second semestre de l’année 2019,Khalid Al Falih a indiqué que le sujet serait discuté lors d’une réunion de l’OPEP qui se tiendra à Djeddah le mois prochain (réunion du JJMC au mois de mai).

Toutefois si le ministre a estimé que la marché tendait vers l’équilibre, il a par contre indiqué que les stocks «sont nettement supérieurs à la normale» même s’ils ont baissé ces derniers mois. Alors que le principal objectif des pays producteurs de pétrole était justement de favoriser la baisse des stocks à un certain niveau pour éviter la chute des prix qui sont très sensibles à ces stocks. 

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