Sonelgaz / École technique de Blida: L’excellence reconnue

Au pied de l’Atlas blidéen, l’École technique de Blida (ETB), qui est une unité de l’Institut de formation en électricité et gaz, occupe 15 hectares de plaines dont témoigne la végétation qui ceinture les édifices et sépare les dix airs pédagogiques représentatifs des technologies utilisées dans les installations énergétiques. Construite en 1949, cette entité de la Sonelgaz accueille annuellement 18 000 apprenants, 350 stagiaires formés dans le cadre du RACEE dans 300 spécialités. Ils viennent de tout le territoire national et même des pays africains y apprendre « les métiers » du secteur énergétique. Un secteur qui bien qu’il paraisse très masculin, « connaît une introduction de la junte féminine depuis les années 1980 », assure Mme Zhor Zatout, chargée de communication au sein de cette même école. « Nous formons aussi bien les garçons que les filles. La première présence féminine dans notre école remonte à 1985. Il y a même des femmes soudeurs et d’autres qui sont montées sur support », nous dit Mme Zatout. Agrippés à des engins, accrochés au sommet des poteaux électriques, manipulant des onduleurs, ou examinant des techniques dans des salles de classe, les apprenants en combinaison de travail, passent ici entre 50 à 75% de leur programme pédagogique sur le terrain. « Plus de 50% de la formation se rapporte à la pratique », tient à nous préciser Mme Zatout. C’est d’ailleurs cette formation pratique que dispense depuis deux années M. Tagunedemet Sid Ahmed, sur le site pédagogique de Haute et Basse tension électrique. Enseignant, non permanent, M. Tagunedemet, formateur de travaux pratiques en réseau électrique, forme des agents d’exploitation qui ont deux réseaux, basse et haute tension électrique de Sonelgas, ainsi que les ouvriers de la petite intervention (des agences clientèles). « Ce sont des agents mixtes en électricité et gaz, formés en un petit réseau basse tension mixte.

La formation théorique est dispensée de manière parallèle, comme nous assurons une formation de mise à jour continue (adaptation aux nouvelles techniques), pour le personnel sur le terrain », nous a-t-il expliqué. Cette formation d’agents mixtes (électriciens et gaziers) « a été introduite en 2018, pour des raisons ‘’stratégiques’’, visant entre autres, à équilibrer les charges », explique M. Kheddaoui Ahmed, chef de service formation au sein du laboratoire gaz. Vers la fin de ces formations, et après que les stagiaires aient acquis les bases relatives à la sécurité et aux interventions, ils passeront à l’apprentissage des travaux de basse tension, de la petite intervention. « Ici, les apprenants se formeront sur trois techniques, celles de la réalisation sous tension, de la réalisation raccordement-branchement etc. La formation des électriciens de distribution dure 9 mois », détaille M. Guessoum Sid Ali, formateur des travaux de sous-tension et en distribution et les travaux hors tension. De son côté, Madame Imene Bedrani, responsable du laboratoire Courant faible, dédié à la formation et la qualification des agents, explique que l’institut forme désormais en fibres optiques, « en programmable, câblage des armoires, les automates programmables et fibre optiques ». Ces formations en télécommunication se déroulent sur une courte ou longue durée, à l’issue desquelles une attestation de présence est délivrée.

 

Centre africain d’excellence

En nous faisant parcourir avec enthousiasme et passion une quinzaine de laboratoires et une trentaine d’ateliers qui composent cette école dont elle se qualifie comme « ancienne », Mme Zatout nous indique que l’ensemble de ces installations pédagogiques sont dotées d’équipements de dernières technologies permettant à leurs élèves de bénéficier des connaissances et techniques les plus modernes dans leurs domaines de spécialités. Ces derniers sont ceux de la production, du transport et distribution de l’électricité, du transport et distribution du gaz, ainsi que celui de la production des énergies renouvelables. L’acquisition des savoirs dans ces domaines se réalise à travers trois types de formations : la formation professionnelle spécialisée (formations qualifiantes de métiers pour les populations de niveau Exécution, Maîtrise et Haute maîtrise). Le perfectionnement de longue durée (le maintien et le développement des compétences du personnel de toutes catégories socioprofessionnelles et dans tous les domaines d’activité), et le perfectionnement professionnel (formation de courte durée pour le maintien et le développement des compétences du personnel de toutes catégories socioprofessionnelles). Mais la formation que ETB dispense ne se résume pas uniquement au mode présentiel au niveau de l’établissement, elle s’effectue également à travers d’autres modes de formation à savoir, la formation en milieu du travail, l’E-learning et la formation sur le site du client.

Ces clients ou partenaires sont au nombre de 80 (60 entreprises clientes et 20 partenaires), 140 collaborateurs, en plus de 30 entreprises africaines. Pour transmettre le savoir-faire et les compétences, l’lFEG de Blida compte sur les compétences de 70 formateurs multidisciplinaires, 30 conseillers de formation et 700 intervenants toutes spécialités confondues. La qualité avérée de son niveau d’enseignement ainsi que ses infrastructures lui ont valu d’être classée parmi les meilleurs centres d’excellence africaine en la matière. C’est ce qu’indique avec fierté Abbes Turki Youcef, formateur en Exploitation et sécurité industrielle au sein de l’école. Turki Youcef qui a exporté l’expertise de son école dans plusieurs pays africains dont le Mali, le Niger et la Côte d’Ivoire, explique que la plus grande partie, de la formation dans les disciplines de sa compétence, qui sont la sécurité industrielle, l’habilitation, la régularisation de leurs agents en matière d’habilitation électrique, s’opère au niveau du site du client ce qui favorise le renforcement des échanges scientifiques et techniques entre les pays africains.

Avec ces pays partenaires de notre continent, ils exportent également les connaissances développées en matière de production énergétique, y compris l’énergie renouvelable. « Le savoir-faire algérien en la matière est reconnu depuis 2014 à l’échelle africaine », souligne Turki Youcef. « Toutefois, les apprenants africains venaient se former à l’IFEG depuis les années 1997, bien avant que l’institut soit reconnu à l’échelle maghrébine et africaine », renchérit Mme Zatout. Pour accueillir ces apprenants des pays africains ainsi que les locaux, l’ETB s’est réservée un espace de services et de résidanat. Un campus composé de logements d’une capacité de 490 places, composé de 2 foyers, 2 salles de restauration dont 1 VIP d’une capacité globale de plus de 600 repas, d’airs de détentes, de stades et de salles de sport, le tout, dans un cadre verdoyant agrémenté par les orangers et les roses qui font la réputation de la capitale de la Mitidja. 

 

Accompagnement pédagogique du programme national des ENR

Entrée de plain-pied dans la formation des énergies futures, l’École technique de Blida élabore et modernise sans cesse ses programmes et sa logistique en matière d’enseignements des modules liés à ce secteur. Ainsi, l’école s’est dotée d’un laboratoire des Énergies renouvelables, chargé de la formation, de l’ingénierie pédagogique, de l’élaboration des thèmes de formation et le suivi des actions de formation jusqu’à l’évaluation de ces actions. Madame Nesrine Souilamas qui est chargée de l’ingénierie de la formation au laboratoire des Énergies renouvelables de L’IFEG, indique que son établissement étant une filiale de la Sonelagz « s’est inscrit pour accompagner le programme national des ENR par des produits de formation ». Dans ce centre où viennent des étudiants, professionnels et particuliers se former dans les domaines du renouvelable biomasse, géothermie, éolien, l’énergie solaire-photovoltaïque, thermique etc., et les logiciels nouvelles technologies sont systématiquement mis à jour. « Nous réalisons des programmes d’études dans l’exploitation et la maintenance de toutes les énergies nouvelles. Mais pour l’énergie solaire photovoltaïque – qui est la source choisie en premier lieu pour assurer la transition énergétique nationale – 80 thèmes de formation ont été élaborés. Nous formons les ingénieurs, techniciens et techniciens supérieurs qui travaillent dans le photovoltaïque et ceux qui travaillent sur la centrale thermique d’Adrar.

Tous les agents de la SKTM y compris les ingénieurs et techniciens formés au sein de notre institut. Nous formons également des étudiants et des particuliers, et ce, dans le cadre de conventions avec les écoles et les universités », détaille Mme Souilmas. Au regard de l’intérêt que revêt l’acquisition des connaissances en termes d’énergies du futur, l’Ecole de Blida mène de nombreuses campagnes de sensibilisation et d’information à l’adresse des universitaires, des professionnels et du grand public. « Nous avons réalisé de nombreuses approches à l’adresse des apprenants potentiels, participé à plusieurs salons et mené des campagnes de communication par le biais de la télévision et de la radio, pour informer et sensibiliser. Nous avons effectué un travail de proximité, nous nous sommes déplacés aux niveaux des universités pour nous faire connaître. Nous avons constaté que nos démarches communicatives commençaient à avoir des échos.

Nous constatons un grand intérêt auprès des étudiants », affirme-t-elle. Ce laboratoire ENR reçoit ces dernières années des particuliers des quatre coins du pays, lesquels s’exercent sur les mêmes logiciels adoptés sur le terrain. « Les apprenants sont en général très satisfaits de la formation et particulièrement de pouvoir s’exercer sur des logiciels performants et nouveaux qu’ils vont retrouver sur le terrain, les bureaux d’études, les entreprises etc. Même les intervenants qu’on sollicite sont chevronnés et spécialistes dans les différents domaines. On voit que les apprenants sont même émerveillés. La particularité de cette école est que c’est une école de métier, et nous sommes dotés des équipements et compétences requises », conclut Mme Zatout.

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