Transition économique et impact social : Zoom sur d’autres expériences

Même si la transition politique tarde à être amorcée comme revendiquée depuis le 22 février dans le cadre de la mobilisation populaire pour le changement du système, les initiatives sur l’accompagnement de cette transition sur le plan économique s’enchaînent. L’heure est en effet au débat sur cette question cruciale avec l’engagement d’une série de réflexions Des réflexions dans lesquelles l’accent est mis sur les expériences étrangères dans ce domaine. Dans une première phase, le cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) qui a déjà émis des propositions en vue de prendre en charge les urgences économiques a soumis les expériences tchèque, polonaise et hongroise au débat dans sa dernière matinale organisée le 12 juin 2019 à Alger. Ainsi, Árpád Kovács, diplômé de l’uni-versité de Technologie de Budapest, Bronisław Wildstein, diplômé de l’université de littérature de Cracovie et Tomas Sedlacek, philosophe de l’économie ont présenté les expériences d’ouverture vers l’économie de marché de leurs pays respectifs après s’être détachés de l’ex-bloc socialiste (dirigé par l’ex-Union soviétique). Et ce, en présence notamment d’économistes algériens. Il s’agit de tirer les leçons de la transition dans ces trois pays et de choisir le modèle le plus adapté à la situation algérienne. Entre la transition de choc et la transition graduelle, les débats ont tourné. Si la première option permet d’opérer le virage du changement économique de manière rapide, la deuxième se fait progressivement et à chacune ses conséquences sur le plan social. Dans les deux cas, les populations devraient payer le coût du changement. « C’est là où les choses s’annoncent difficiles.

Des qu’on entre dans les détails, on constate des divergences. Sur la question économique, il n’y a pas de consensus. Certains ne sont pas favorables aux IDE, d’autres sont hostile aux privations pour ne citer que ces exemples. Ce qui aura un impact sur l’acceptation sociale », nous expliquera à ce sujet l’économiste Ali Harbi, également membre de CARE pour qui il sera difficile de faire face à ces divergences. Et de souligner justement l’importance de « l’acceptabilité par la population de s’engager dans une transition et trouver une cohésion entre les différentes visions soumises au débat ». Autrement dit l’adhésion massive et inconditionnelle de la population d’aller vers ce changement exprimé en ce qui concerne le mode de gouvernance politique depuis le 22 février dernier à travers une forte mobilisation populaire mais non encore affiché pour ce qui est des questions sociales. Et ce d’autant que la situation économique est très difficile avec la dégradation des indicateurs financiers (fonte des réserves de changes, forte dépendance aux hydrocarbures, des exportations hors hydrocarbures insignifiantes…) avec toutes les urgences à prendre en charge et le retard dans les réformes structurelles. Faudrait-il alors œuvrer pour arracher cette acceptabilité. Chose acquise dans les pays de l’Europe de l’Est où les résultats du passage de l’économie planifié à l’économie de marché ont été divergents après l’effondrement du bloc communiste. Ce qu’ont expliqué les invités de CARE. Pour la privatisation par exemple, la transformation du régime de propriété́ des entreprises est un des éléments fondamentaux de la transition des ex-pays communistes vers l’économie de marché.

Concernant l’insertion dans l’économie mondiale, les premiers temps de la transition ont été caractérisés par un manque chronique de capitaux, problème que les gouvernements concernés ont tenté de résoudre en libéralisant l’économie et en encourageant l’afflux d’IDE. L’entrée dans l’Union Européenne par la suite a constitué un élément important du processus de transition institutionnel, légal, politique et économique pour les trois pays. Reste enfin la transformation vers l’économie de marché et le défi des inégalités sociales. Car, la transition a eu des conséquences importantes sur les inégalités sociales. L’accroissement de la concurrence résultant de la libéralisation des marchés, ajouté à la suppression des aides de l’État, a conduit un nombre important d’entreprises publiques à la faillite, faisant vite grimper le taux de chômage et creusant les disparités sociales. Ce sont justement tous ces points qui sont à prendre en charge dans la transition envisagée en Algérie. Et ce d’autant que l’expérience des ex-pays communistes a montré que ce processus est long, complexe et difficile. Mais a fini par aboutir à un développement économique remarquable. Serait-ce le cas en Algérie ?.

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