Filip Mudyna, conseiller économique à l’ambassade polonaise à Alger : « Le consensus public est le capital sur lequel il faut travailler pour réussir la transition »

«Eviter les situations de monopole, décentraliser le pouvoir, créer une véritable démocratie et mettre en place un Etat de droit sont les conditions sine qua none pour réussir la transition tant au niveau politique qu’économique. Les deux vont de pair. C’est ce que résume Bronisław Wildstein, journaliste et auteur indépendant polonais à propos des conditions à assurer pour passer le cap de la transition. Rappelant que la situation n’a pas été facile dans son pays où les résultats de ce processus sont aujourd’hui palpables, Bronisław Wildstein notera que cette démarche se poursuit avec l’entame de la dernière phase en 2015. « Nous cherchons non seulement à dépasser le passé communiste, mais aussi la période postcommuniste. », dira-t-il. Le plus important est d’avoir réussi à arracher l’acceptation du peuple pour le changement et parler d’une seule voix. Ce que soutiendra pour sa part Filip Mudyna, conseiller économique à l’ambassade polonaise en Algérie « Il était important pour nous d’avoir un consensus politique au début de la transition. Nous étions tous d’accord pour en finir avec le régime communiste, Solidarnosc a gagné tous les mandats en reflétant l’avis général pour aller vers une autre situation. Les clivages politiques se sont exprimés bien après, mais il était important que nous par-lions d’une seule voix au début de la transition », a-t-il dit. Et de souligner que ce point est bien exprimé en Algérie. « Pour le consensus public, tous les polonais étaient d’accord pour aller vers une transition radicale à travers une thérapie de choc. Nous étions dans une position pire que celle de l’Algérie. Juste-ment, le consensus actuel en Algérie, c’est le capital sur lequel il faut se baser pour amorcer la transition et supporter ses conséquences sociales », expliquera-t-il avant de poursuivre : « C’est la condition primordiale qui nous a permis de résister aux premières années de transition durant lesquelles le chômage a grimpé, l’inflation a explosé et les usines ont baissé rideaux. C’est ça qui est important, arracher le consensus des gens à supporter ce passage ». Le faire pour permettre de traverser les premières années qui sont toujours difficiles avant de réaliser le saut tant attendu. Faudrait-il alors tirer les leçons de ce qui a été entrepris jusque-là à travers le monde. Le travail s’annonce rude dans ce cadre. Les académiciens, les économistes, les polito-logues et les spécialistes en question sociales ont du pain sur la planche.

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