Énergies renouvelables : Une instance nationale en voie de création

Le dossier de création de l’instance nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique est actuellement sur le bureau du gouvernement qui estime que le dossier des ENR est « une priorité nationale ». Le Conseil interministériel a ainsi examiné récemment « le dossier des énergies renouvelables » ainsi que la création et l’installation d’une commission afin de tirer profit des atouts que recèle le pays en matière d’énergies renouvelables et d’encourager les jeunes compétences parmi les diplômés des instituts et des écoles nationales activant aussi bien en Algérie qu’à l’étranger. « Cette instance jouera un rôle prépondérant dans l’exploitation, avec efficacité et efficience, de tout le potentiel local, et contribuera sans doute à l’épanouissement des startup spécialisées dans la manutention et la production notamment dans les régions du Sud et des Hauts plateaux, pour atteindre, ainsi, son objectif, celui de garantir la sécurité énergétique du pays », a ainsi indiqué le premier ministre lors de son intervention au cours du Conseil interministériel. L’examen de la création de cette instance intervient conformément aux recommandations onusiennes en matière de promotion des énergies renouvelables, et en application des engagements internationaux de l’Algérie en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour préserver l’environnement dans le cadre du développement durable », a-t-on expliqué dans le communiqué diffusé par l’agence APS.Par ailleurs, la réunion a examiné l’en-semble des mécanismes permettant la mise en place d’une instance nationale qui sera chargée de l’élaboration et de la mise en œuvre de la stratégie nationale des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique conformément à la loi numéro 04-09 du 14 août 2004, relative à la promotion des énergies renouvelables dans le cadre du développement durable. Outre les ministres de l’Intérieur, de l’Energie, des Finances, de l’Industrie, du Commerce, de l’Enseignement supérieur, de l’Environnement et de l’Agriculture, étaient présents à la réunion des responsables représentants de Sonelgaz, de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) et de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE).

 

Les avancées des ENR entre le discours

Malgré les discours officiels et les engagements pris en faveur du développement des ENR, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il existe un fossé entre le discours officiel et les avancées tangibles sur le terrain. Interrogé par l’APS à propos du Programme national de développement des énergies renouvelables qui peine à être appliqué et à atteindre ses objectifs notamment en matière d’intégration nationale implication des entreprises nationales dans l’industrie liée à ses énergies propres –, le ministre de l’énergie a estimé que les défis majeurs auxquels a été confronté le programme depuis sa première adoption en février 2011, sont liés essentiellement à la problématique du financement, en termes de mécanismes d’encouragement et de prise en charge des surcoûts induits par l’intégration des renouvelables. Il estimera en outre, que la volonté de réaliser ce programme structurant ne doit pas occulter la réalité économique de notre pays. Selon lui « développer une industrie nationale dans le domaine des énergies renouvelables nécessite savoir-faire et surtout disponibilités des ressources financières. » Pour le ministre, « les projets industriels sont capitalistiques et nécessitent la mobilisation d’importantes ressources financières pour leur réalisation. C’est pourquoi, il y a urgence à réfléchir à la mise en place de nouveaux mécanismes de financement sur le long terme avec des conditions économiques qui n’entravent pas la rentabilité de ces projets. » Il faut aussi clarifier, selon M. Arkab, le contexte institutionnel et juridique relatif à l’investissement. Pour le ministre, l’Algérie a néanmoins réussi à réaliser plusieurs centrales solaires réparties sur le territoire national dont la capacité totale est de 400 MWc. « Nous sommes décidés à concrétiser la totalité du pro-gramme sur le moyen et long termes, ce qui nous permettra notamment d’économiser sur la consommation du gaz dédié au fonctionnement des centrales électriques. Il faut savoir que 20 milliards de m3 de gaz sont actuellement consommés pour générer 20 000 MW d’électricité. » S’agissant de l’implication des entre-prises nationales dans l’industrie liée aux EnR, le ministre souligne que la préoccupation est prise en charge par la nouvelle réglementation de promotion des EnR -Décret exécutif n°17-98 du 26-02-2017- qui prévoit l’intégration nationale à tout appel d’offres lancé dans le domaine, en plus d’encourager le recours aux capacités nationales d’investissement pour intégrer les flux d’investissement nationaux dans la réalisation de capacités renouvelables. Mohamed Arkab rappelle que les deux derniers appels d’offres lancés par le secteur de l’énergie font de l’aspect de l’intégration nationale une priorité. Il souligne que les deux appels d’offres en question, concernent « la réalisation, par la Commission de régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG) d’un appel d’offres national par voie de mise aux enchères pour la réalisation d’une capacité minimale de 150 MW au niveau de quatre wilayas du Sud Est du pays. Cet appel d’offres national étant basé sur l’utilisation exclusive des équipements fabriqués localement par des entreprises nationales seules ou en partenariat avec des étrangers. » Selon Mohamed Arkab, « au regard des premières évaluations de ce processus d’appel d’offres lancé par la CREG», pour lequel les ouvertures des plis étaient prévues, le 28 mai 2019, « il apparaît un engouement certain aussi bien pour l’aspect fabrication des équipements au niveau national que pour l’aspect réalisation des centrales électriques. » Ce sont selon lui quatre vingt dix soumissionnaires qui ont retiré le cahier des charges. Par ailleurs le ministre, note dans le cadre du second appel d’offres, la réalisation, en EPC, des centrales photovoltaïques d’une capacité globale de 50 MWc au sud, pour l’hybridation de ces réseaux isolés par l’énergie solaire photovoltaïque.

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