De l’urgence à permaniser l’action

  • By Super User
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  • Posted 27 August 2019

Quand tout le monde se réunit autour des questions de l’environnement, c’est toujours l’occasion de remettre le développement durable à la une des agendas politiques pour signifier de nouveaux enjeux économiques. L’objectif des lignes qui vont suivre consiste à apporter modestement un éclairage complémentaire au mode de développement économique qui y est suggéré et qui se veut respectueux de l’environnement à travers des actions d’assainissement de l’eau, de recyclage et de valorisation des déchets, de promotion des énergies renouvelables, de réchauffement de la planète, de consommation bio, etc…). Protéger l’environnement est certes une oeuvre qui s’inscrit dans le temps et dans les moeurs, mais il devient impératif d’agir et d’agir vite dans ce domaine, car sa détérioration est palpable au quotidien et les pompeux effets d’annonce le concernant (nationaux et internationaux) ne suffisent plus. Dans cette optique il serait donc juste de considérer la protection de l’environnement comme un domaine relevant de toute politique économique et d’admettre que les objectifs environnementaux y soient inscrits et formulés en relation avec les objectifs de développement économique, de croissance, de compétitivité et de politique d’investissement des entreprises. Des textes législatifs portant sur la politique environnementale, des règlements sur les techniques de production propre, des centres et des observatoires dédiés au suivi de ces objectifs existent, mais ils ne suffisent pas à eux seuls à rendre compte de la réalité qui est complètement autre que ce qui est rapporté. Enjeux contre enjeux. Ainsi se pose donc la problématique du développement durable. Car les enjeux économiques ne suffisent plus à justifier certains «comportements ». La recherche de nouvelles voies s’impose. Il s’agit d’aménager autrement notre planète, d’entreprendre et de développer autrement. L’idée de l’équilibre écologique en constitue le socle. Tous les sommets et autres tribunes qui lui sont dédiés l’attestent. C’est vrai qu’il s’agit aussi de véritables enjeux, quand il est fait référence au gaz de schistes, aux énergies renouvelables ou à l’énergie éolienne, quand l’urgence est d’apprécier leur efficacité énergétique.

Leur intérêt faut-il le rappeler n’est que très récent et découle des chocs pétroliers et des recommandations des pays de toute la planète terre pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre. Mais dirons-nous, ce fut et c’est toujours le cas, avec les énergies fossiles, énergies naturelles, polluantes et non renouvelables, dont l’épuisement des réserves est annoncé depuis quelques années. C’est cette perspective qui positionne donc le problème de l’équilibre écologique et donc du développement durable qu’on ne peut plus apprécier simplement comme une déclaration de principe. C’est de conception nouvelle du progrès qu’il est question. Pour cela, la restauration des milieux naturels qui va, certes, impliquer l’intervention des pouvoirs publics, par la mise en oeuvre d’instruments réglementaires, devrait nécessiter une réorientation des activités vers des techniques de production plus propres et des emplois environnementaux spécifiques. Il n’est point utile de démontrer la persistance des effets de la pollution pour affirmer la nécessité d’y intégrer l’aspect environnemental. D’autant que le développement des nouvelles technologies permet une transformation progressive des processus de production. Il s’agira, au lieu de réparer les dégâts causés par les pollutions en injectant sans cesse de grands moyens économiques, de penser à orienter les acteurs économiques vers la diminution des flux polluants. Ce qui nécessite un changement dans l’approche des problèmes environnementaux (notamment ceux liés à la pollution). 

Les principes de l’économie verte :

Dans le bouquet énergétique, les énergies renouvelables, «respectueuses de l’Environnement», sont mises en avant afin de ne plus fragiliser le milieu et donc notre avenir. Certes les coûts de leur développement sont élevés, mais comme hier pour les énergies fossiles, ils iront en diminuant du fait des progrès technologiques, et des efforts en matière de recherche. La prise de conscience des problèmes écologiques, les événements catastrophiques (marées noires, pics de pollution, le nuage de pollution atmosphérique ou smog,…), les changements climatiques, sont là pour confirmer l’action prédatrice de l’Humain sur son environnement et justifier les mesures à mettre en oeuvre pour l’enrayer. Déjà dans le rapport national établi à l’occasion de la 19e session de la commission du développement durable des Nations Unies (Mai 2011), il est précisé les principaux marqueurs législatifs et réglementaires qui devront baliser l’action gouvernementale dans le cadre du développement durable et ce dans une approche tridimensionnelle alliant à la fois les considérations économiques, sociales et environnementales. Plus encore, il y est recommandé d’affiner de manière claire la mise en oeuvre d’instruments économiques et financiers de plus en plus accessibles et opératoires. Des modes d’action et des mesures qui sont appelés à guider la conduite des industriels parce qu’il s’agit de minimiser les impacts négatifs des processus de production, de dépolluer en toute urgence leur milieu ambiant, d’impliquer et de responsabiliser la société civile et de penser à la mise en action de nouvelles technologies plus propres. En ce sens, c’est donc bien de stratégie environnementale dont il est question, dès lors que l’on évoque la nécessaire mise à niveau de nos industries à long terme. C’est tout le chemin à parcourir en tentant de réduire les retards enregistrés, vers «une écologie industrielle ».

Des principes qui valent encore pour notre devenir :

Des principes qui reposent sur une répartition plus équitable de la consommation des ressources et qui participent à la création de nouveaux emplois en même temps qu’ils protègent les consommateurs qui auront à acheter des produits propres. Partant de cette démarche « verte » les consommateurs en accordant plus d’intérêt aux produits moins polluants participeraient à la création de nouvelles incitations des entreprises qui seront de plus en plus dans l’obligation de modifier leurs processus de production afin de respecter leur responsabilité sociétale (la RSE) et in fine d’introduire de nouveaux produits respectueux de l’environnement. C’est aussi cela le défi de l’économie verte. Car pour paraphraser Pavan SUKHDEV (conseiller et directeur de l’initiative pour une économie verte du PNUE) : «l’économie verte ne consiste pas à étouffer la croissance et la prospérité mais à se connecter à la véritable richesse, à réinvestir dans le capital naturel au lieu de l’exploiter». Il s’agit donc de véritables mutations structurelles à engager pour répondre aux défis écologiques. Des changements qui vont combiner modification de comportements et processus innovants pour la création de nouveaux produits et services et d’aller vers de nouveaux modes de consommation. La crise obligeant, il s’agira de gagner la bataille du développement des énergies nouvelles sans perdre celle du développement économique en ne compromettant pas l’avenir des générations futures.

La synergie recherchée entre le développement et l’Environnement :

Elle constitue la pierre angulaire du juste équilibre entre les impératifs de développement et les contraintes liées à la préservation de l’Environnement. Pour ce faire il ne doit plus être question de retarder l’adoption des mesures effectives visant la prévision des risques de dommages graves et irréversibles à l’environnement. Les opportunités d’investissement se conjugueront à l’avenir avec les technologies propres parce qu’elles sont elles-même des opportunités d’investissement. Les différentes alertes recensées sur la planète introduisent dans les programmes sur l’environnement aujourd’hui avec conviction et surtout insistance (voir les nombreux observatoires mis en oeuvre) les risques des dangers environnementaux sur la santé. En effet l’impact de ces dangers suscite de plus en plus l’attention des scientifiques et de la recherche (la formation en question), des pouvoirs publics (les décideurs des stratégies de développement) et les habitants (qui par l’acte d’appropriation des mesures politiques se transformeront en citoyens agissants). Une question donc fondamentale pour les pouvoirs publics et la société civile qui sont aujourd’hui appelés à réfléchir ensemble, les nouvelles base de «la pratique plus propre » oserait-on écrire, plus propre et moins polluante. On peut être propre pour soi et polluant pour l’autre. C’est cette démarche qui peut être aussi désignée sous le sceau de «conscience écologique’’.

Formulation en termes de management territorial :

Qu’il s’agisse, de la rationalisation de l’énergie, de l’efficacité énergétique dans l’industrie, de la promotion des énergies renouvelables, sous la bannière du développement durable, les thèmes contenus dans le rapport cité plus haut, confirment l’importance accordée par les pouvoirs publics à la responsabilité sociétale des entreprises et des citoyens. Même si la nature des processus à engager peut sembler parfois complexe (et souvent la matière le justifie à l’instar des débats autour des gisements de gaz de schiste) ou trop vaste à saisir (de la vision « économiciste» à la vision purement écologique), la volonté de sauvegarde de l’Environnement y est présente. Cette volonté s’exprime aujourd’hui avec acuité dans la perspective d’une démarche de partage «des bonnes pratiques». Il s’agira de trouver en urgence les solutions aux problèmes de pollution qui se posent avec persistance au niveau local et qui indisposent de plus en plus les citoyens. La pollution locale est de plus en plus exacerbée. La formulation en termes de management territorial s’impose du fait que toute action publique a un impact territorial et que tout espace est indicateur de comportement. Pour cela les pratiques managériales des élus locaux sont appelées à évoluer. La décentralisation, l’utilisation optimale des moyens (matériels et humains), l’attente des usagers (l’écoute de la société civile), la solidarité territoriale, sont autant d’axes constitutifs de la conduite du changement parce qu’il s’agit de faire face aux menaces qu’engendrent les évolutions des villes, des territoires, en termes d’environnement.

Le management territorial permet à la collectivité locale d’adapter et de mettre en oeuvre les politiques publiques par des institutions désignées et responsabilisées localement pour assurer une meilleure prise en compte des besoins des usagers et des citoyens. Dans cette perspective, la gouvernance gagnerait à être appréhendée à l’échelle micro-territoriale dont les actions et les initiatives seraient aussi bien publiques que privées. L’échelon territorial agirait comme instance de régulation, de pilotage et d’arbitrage. Le système de gouvernance permettrait donc de situer la mission de service public et surtout de désigner ceux qui en ont la charge. L’impact sur les micro-territoires peut être rapidement et efficacement apprécié et au niveau territoire, les ajustements ou correctifs rapidement apportés. En ce sens, il est surtout important de souligner la nécessité de certaines transformations de l’action publique, c’est-à-dire une nouvelle gouvernance. Donc un système associant les institutions publiques, les acteurs sociaux et les intervenants du développement économique pour mieux répondre aux enjeux locaux, aux besoins des habitants, pour recentrer la problématique de l’économie verte vers une approche territorialisée plus efficace et plus efficiente. Le management territorial devrait permettre une conduite de développement territorial prenant en compte le souci d’intérêt général et le développement local. En faisant DE L’URGENCE A PERMANISER L’ACTION, c’est bien pour nous une manière de soulever de façon nouvelle un problème ancien : Celui du bien être.

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