Les perspectives oil & gaz

  • By Super User
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  • Posted 07 October 2019

Le Pétrole

Selon Energy Intelligence, les perspectives de croissance économique mondiale sont pessimistes. La crise économique induite par le conflit USAChine a atteint un point de non-retour. La demande de pétrole va se réduire. Tous les chiffres indiquent une récession prochaine. Ceci avec une croissance de l’offre pétrolière américaine (12 mbd en 2019 et 5,6 mbd en produits pétroliers) et la baisse de la production OPEP (29,42 Mbd en juillet). L’Arabie Saoudite ayant réduit sa production. Cette action s’intégrait dans une stratégie de valorisation de l’Aramco en vue du placement en bourse d’une partie de ses actions. Le résultat a été négatif. Les investisseurs ne misent plus sur le pétrole et les actions boursières. Au contraire, nous assistons à l’inverse, tous les présidents de sociétés se sont mis à vendre leurs actions.Le mois d’août serait donc le cinquième mois de 2019 au cours duquel les plus grandes sociétés cotées en bourse ont vendu plus de 10 milliards de dollars en actions. Cela ne s’est produit que deux fois : en 2006 et en 2007, juste avant le krach de 2008. Aujourd’hui l’ensemble de la communauté des investisseurs se désengagent de l’industrie pétrolière, au fur et à mesure que les préoccupations liées au changement climatique se développent, que les coûts des énergies renouvelables diminuent et que la performance de l’industrie pétrolière diminue.

Exxon qui a été obligé de verser les dividendes en 2018 pour plus de 40 milliards de dollars ne pourra plus le faire d’ici à 2022. Les cours de l’action Exxon a baissé de 25% en 5 ans. Cependant le break even des coûts de production dans le shale serait devenu 15$/bbl pour Exxon. Sa production dans le schiste atteint 4mbd, elle devrait doubler d’ici 2025. Le break even dans le schiste en général étant donc de 45$ par baril selon Platts. C’est pour cela que la tendance du prix du Brent pour le dernier trimestre devrait se maintenir autour des 60$/ bbl et celle du WTI et WTL autour des 55 $/bbl, pas moins. Chevron s’oriente plus vers la pétrochimie. Les USA vont contribuer pour la prochaine décennie à près de 61% de la production de pétrole et gaz. Il faut comprendre cela, par la stratégie du Président Trump qui pour assurer une domination des marchés mondiaux par le dollar, a cerné le seul secteur qui pouvait échapper à la domination par la Chine : le secteur pétrolier. Les actifs pétroliers constituant le quart de la capitalisation mondial, cela lui donne un peu de répit pour les prochaines élections. La seule menace qui reste est la récession annoncée pour 2020. Il faudrait analyser en conséquence les derniers événements liés à l’affaire Anadarko. La cession des actifs pétroliers s’est faite au bon moment, suite à l’analyse ci-dessus sur les perspectives pétrolières. Exxon a besoin de cash. Elle se prépare à des moments difficiles. Elle ne peut pas céder les actifs acquis auprès d’Anadarko à des investisseurs hors dollar US. Total est tout indiqué, étant sous la coupe des USA, le respect des embargos décidés par le Président Trump ont totalement été respectés. En plus, Total accepterait un surcout politique pour devenir un acteur incontournable dans le domaine pétrolier algérien. Sonatrach, n’a pas d’intérêts à payer le surcout de la cession des actifs. Le contrat le liant à Anadarko se termine en 2022. Les ressources financières du pays ne doivent pas être encore une fois détournées au détriment des autres secteurs prioritaires. Personne ne viendra investir en Algérie aujourd’hui, dans la conjecture pétrolière actuelle. Le désintéressement d’Exxon ou Chevron ne peut être attribué à un manque de stabilité du pays. C’est absolument faux. C’est l’intérêt économique qui dicte toute décision d’investissement. Par contre, il faut comprendre que les paramètres qui caractérisent le plus notre pays au plan pétrolier sont les 3 causes : le changement climatique, la diminution des coûts de ENR et surtout, les mauvaises performances de Sonatrach. En conséquence, il faut faire le dos rond pour 2020 et espérer échapper sans pertes à la crise annoncée. Il faut revenir aux objectifs de redressement de Sonatrach pour l’amener à réduire ses coûts aussi bien dans le pétrole pour tenir à un coût de production de 15$/bbl que dans le gaz. Ceci ne peut se faire qu’en copiant les majors qui sont passées aux big datas et l’Intelligence artificielle.

Le Gaz

Il nous paraissait intéressant de comprendre la stratégie US qui arrive à dominer le Monde. En 2018, les USA ont produits 861 milliards de M3 de gaz. Ils ont consommé 847 milliards M3 et exporter 11 milliards M3. 70% de la production totale gazière vient du schiste, soit 600 milliards M3. Le gaz déplace le charbon, le prix du gaz est resté en dessous des 3$/MMBTU, il est aujourd’hui à 2,3 $/MMBTU. Les ENR connaissent une croissance de 10 à 17% par an. Le solaire a atteint 25% en 2018. La contribution de l’énergie renouvelable à la puissance installée totale aux États- Unis devrait doubler, passant de 15 % en 2018 à 30 % d’ici 2030, pour atteindre un total de 442,8 gigawatts (GW). Représentant un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 7,3%, cette projection peut être attribuée à l’adoption et à la mise à jour par un plus grand nombre d’États de politiques relatives aux énergies renouvelables, ainsi qu’à l’imposition de taxes sur les émissions qui augmentent le coût de la production d’énergie fossile, selon GlobalData, une importante société d’analyse et de donnée. La volonté du Président Trump de réduire le prix des hydrocarbures et donner une compétitivité à l’industrie pétrolière US a mis la pression sur le prix du gaz. Si le prix du gaz est 2,3 $/ MMBTU, ceci a amené le prix du GNL en Chine aujourd’hui à 4,1 $/MMBTU, en Europe du Sud à 3,6 $/MMBTU et 3,8 $/ MMBTU en Europe du Nord. Le coût du gaz à 2,3$/MMBTU est l’avantage comparatif pour couvrir les coûts de transport sur les différents marchés mondiaux.

Le GNL est en surcapacité, les développeurs prévoient une nouvelle capacité de 70 millions de tonnes/an (100 milliards M3/an). La majorité venant des USA. Il est prévu que 40% de l’exportation de GNL des USA irait en Europe, notre marché. Le prix du gaz en Asie a chuté de 50% par rapport à 2018. En 2020 les USA seront des exportateurs nets. Ils sont aujourd’hui le 3e exportateur mondial après le Qatar et l’Australie. On a vu que les USA vont contribuer à 61% de la production mondiale de pétrole et gaz. Le prix du gaz en Europe a connu la plus forte baisse depuis 10 ans. La transition énergétique devrait encore mettre à contribution le gaz qui représenterait 25% du mixte énergétique en 2050. Les prix, cependant, resteront trop bas pour justifier des investissements dans le GNL. C’est la première contrainte émise par les industriels du GAZ. Cependant les prix bas du gaz est une forme de subvention acceptée par les industriels du gaz afin de concurrencer les ENR. Le poids social risque d’être prépondérant et maintiendra le cap vers une part des ENR de 55% en 2050, celle du gaz se stabilisera à 25% et celle du pétrole chutera à 15%. La réduction des coûts est déjà importante pour les ENR, la prise de conscience des populations mondiales pour une véritable transition énergétique ne fait que s’affirmer de jours en jours. L’exemple viendra des USA. L’Etat du Maryland s’est engagé à 100% en ENR de sa consommation énergétique pour 2030. L’Etat de New Mexico pour 2045 et ceux du Nevada et Washington pour 2050. Les ENR représenteront 30% du mix énergétique en 2030. 

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