Le plan du gouvernement pour apaiser la situation / Des mesures spécifiques pour une conjoncture difficile

  • By Super User
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  • Posted 08 October 2019

Alors que le changement du mode de gouvernance réclamé depuis le début du Hirak en février dernier se fait toujours attendre et que la décision d’organiser des élections présidentielles sans préalables est contestée, la situation économique et financière du pays continue à se dégrader avec des indicateurs au rouge et un climat d’affaires frappé par la suspicion et le manque de confiance. Dans ce contexte difficile, les responsables au sommet de l’Etat tentent de jouer l’assurance et l’apaisement multipliant les annonces et les mesures quant à la prise en charge des préoccupations sociales des populations. Dans son bilan rendu public à l’issue du Conseil des ministres début septembre, le premier ministre, Nourredine Bedoui est largement revenu sur ces questions rappelant toutes les décisions mises en oeuvre depuis sa nomination à la tête du gouvernement le 31 mars dernier. Ainsi, selon la même source, les actions entreprises tout a long de cette période ont essentiellement porté « sur l’ouverture de plusieurs grands chantiers en vue d’optimiser l’efficacité du fonctionnement des établissements publics et de renforcer la crédibilité de l’administration publique notamment en ce qui concerne les deniers publics, la rationalisation des dépenses, la préservation de nos réserves de change, le gel des opérations du financement non conventionnel, le respect de tous les engagements contractées au nom de l’Etat et la préservation des postes d’emploi et des outils de production nationale ».

Sur le plan économique, il a été question de travailler sur la préservation des grands équilibres financiers et la rationalisation des dépenses publiques, à travers des mesures visant à réduire le déficit de la balance des paiements. Objectif : préserver les réserves de change et la rationalisation des importations dans le secteur tertiaire, notamment dans le transport maritime, le bâtiment et les travaux publics et l’assistance technique (études). Dans ce cadre le Premier ministre a rappelé que le Gouvernement avait veillé à la préservation des outils nationaux de production et des emplois, par l’installation d’un dispositif gouvernemental Multi-sectoriel chargé du suivi des activités économiques et de la préservation des outils de production et l’adoption de mesures au profit de l’entreprise d’investissement touristique pour honorer ses engagements contractuels et poursuivre la réalisation de ses investissements approuvés par le Conseil des participations de l’Etat (CPE) et le Conseil national de l’investissement ( CNI).

Au volet social, l’amélioration des services publics, notamment dans le domaines de la santé, y compris la réunion des conditions de travail dans les établissements hospitaliers publics, ainsi que pour la pérennité des activités des entreprises privées appartenant à des personnes, objet de poursuites judiciaires, à travers la levée de saisie sur leurs avoirs et le versement des salaires des travailleurs et des dettes dues aux tiers ont été clairement mise en exergue dans le bilan du gouvernent. Et ce, outre la prévention des conflits sociaux dans le cadre de la rentrée sociale, l’aide financière aux familles pour l’allègement du fardeau de la rentrée scolaire via la revalorisation de prime scolaire de 400 à 3 000 dinars et l’augmentation de ‘l’aide aux élèves des familles nécessiteuses de 3000 à 5 000 DA.

Ce sont autant de mesures sur lesquelles ont misé les pouvoirs publics en cette rentrée sociale 2019/2020. Une rentrée qui commence déjà avec des menaces de grèves puisque les syndicats autonomes regroupés au sein de la confédération des syndicats autonomes ont déjà donné la couleur quant aux actions à mener dès le mois d’octobre pour revendiquer entre autres l’amélioration du pouvoir d’achat. Et ce d’autant qu’on assiste depuis la fin de la saison estivale à une hausse fulgurante des prix sur le marché des fruits et légumes. Une situation devenue insoutenable pour les ménages notamment ceux à bas revenus. Mais aussi pour ceux qui ont perdu leur emploi au cours de cette période en raison de la baisse de l’activité économique dans plusieurs secteurs à l’image du BTPH. La frilosité des investisseurs dans ce climat et la réticence des banques à débloquer les crédits expliquent entre autres cette situation.

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