Analyses

Amorcée en juin 2014, la chute vertigineuse des prix du brut semble avoir atteint ses limites à la fin du mois de janvier de l’année en cours pour amorcer au début de ce mois de février 2015 une timide remontée. Durant cette période, les prix ont baissé de près de 60%, passant de 130 à 40 dollars le baril, mettant en émoi les dirigeants et les économistes et notamment ceux des pays tirant leurs principales ressources financières de cette manne géologique.

 

Les causes de ce phénomène sont diverses, variées, parfois insaisissables, ne répondant souvent à aucune logique. Dans le monde particulier de l’énergie où le pétrole demeure le moteur essentiel de l’économie des nations, la chute des prix durant ce second semestre de l’année écoulée a été tour à tour imputée aux Saoudiens, lesquels en surproduisant pour frôler les 12 millions de barils par jour visaient la dévalorisation du gaz de schiste américain plus coûteux à extraire, ou bien, version alternative, un axe Washington-Riyad pour laisser filer les prix et étouffer les économies russe, vénézuélienne et iranienne en grande partie tributaires de leurs exportations d’hydrocarbures. La réalité, c’est qu’on ne peut pas savoir. Car même si en grande partie, il dépend du rapport entre l’offre et la demande, le prix du pétrole est également lié aux instruments financiers, des contrats à terme et des produits dérivés. Ce terrain virtuel de rencontre de l’offre et de la demande est bien plus vaste que l’autre. Des experts affirment pour expliquer la situation actuelle, que c’est quand les fonds d’investissements spéculatifs ont cessé d’acheter du pétrole futur, que la retombée des prix est devenue iné- vitable, et que s’est amorcé leur dé- clin. La question qui reste néanmoins posée par ces mêmes experts est celle qui consiste à se demander si les fonds d’investissements spéculatifs étaient pilotés par les politiciens, ou bien ont-ils agi de la sorte parce que l’offre quantitative disparaissait ? D’autres par contre mettent en cause la surproduction des USA dont les réserves ont augmenté de presque 8 millions de barils atteignant de nouveaux records depuis ceux de 1930. Le développement intensif des forages des pétroles non conventionnels dans ce pays, permet maintenant une production de 10 millions de barils par jour. Cette montée extrêmement forte de la production américaine, adossée à une baisse morose de la croissance mondiale, qui générait une demande en pétrole en augmentation de un million de baril jour entre 1990 et 2000 et qui a grimpé ensuite à 3 millions de barils jour entre 2011 et 2012 et qui ne sera cette année que de 900 000 barils jour serait, selon ces experts, la cause de l’effondrement des prix.

Accalmie

Quoi qu’il en soit, c’est l’accalmie en ce mois de février, car malgré que les ré- serves américaines soient à leur plus haut niveau, leur progression, qui s’est avérée deux fois moins importante que ce qu’avait prévu la fédération américaine du secteur (8 millions au lieu des 14 millions annoncés), a rassuré les marchés. Le pétrole semble donc se stabiliser dans un marché occupé à digérer la hausse des stocks américains de telle sorte qu’à la fin de la deuxième décade de février, les prix du baril de light sweetcrude pour livraison en mars étaient de 51,06 dollars et ceux du brent de la mer du Nord pour livraison en avril valaient 60,22 dollars.

Que s’est-il passé, quelle est l’origine de cette reprise, sera-t-elle durable, importante, les prix seront-ils de nouveau élevés? Les pays producteurs OPEP et hors OPEP n’ont pas baissé leur volume de production. Malgré les appels de certains pays dont l’Algérie en direction des plus grands producteurs, certains parmi ces derniers ont déclaré qu’ils ne le feraient pas même si le brut atteignait 20 dollars le baril. L’exploitation du pétrole et du gaz de schiste aux USA dont la montée exponentielle de la production a sensiblement réduit la dépendance vis à vis de son plus gros fournisseur étranger, menaçant ainsi de concurrencer un gros producteur de l’OPEP en réduisant ses parts de marché, a-t-elle été freinée, rendant inutile la poursuite de l’exploitation de ces gisements? Les économies russe, iranienne et vénézuélienne, sont-elles dans le rouge pour que ce but atteint, les auteurs de cette crise estiment venu le moment d’y mettre fin ? Ou bien alors, est-ce que les fonds d’investissements spéculatifs ont cessé d’acheter du pétrole futur parce que l’offre quantitative disparaissait ou alors parce que les politiciens qui les actionnent en ont décidé ainsi.

Confiant, le ministre Koweitien du pé- trole ajoute « Les prix commencent à se consolider et on espère qu’ils seront meilleurs au deuxième semestre de 2015». Cet optimisme est-il partagé par les experts ? Il semble que certains d’entre eux soient moins enclins que le responsable koweitien à se réjouir de ce léger frémissement des prix, car, estiment-ils, comme Gene McGillian, de Tradition Energy, « tant que l’on ne voit pas d’amélioration des fondamentaux, en premier lieu une baisse de la production en Amérique du Nord, et tant que l’OPEP conservera sa politique de dé- fense de ses parts de marché, on restera sous pression ». Selon lui, en décidant en novembre de maintenir son plafond de production à 30 millions de barils par jour, l’OPEP a accéléré la chute des prix du pétrole, dans un marché qui espérait des gestes de la part de cet influent cartel pour endiguer leur plongeon.

Thomas Porcher, économiste et spécialiste du pétrole, professeur en marché des matières premières à l’ESG-Management School en France, rappelle de son côté que « d’habitude, quand les prix baissent trop, l’OPEP intervient toujours, comme elle l’a fait après le 11 septembre 2001, de même qu’en 2006 lorsque la consommation de pétrole se stabilisait ainsi qu’en 2008, quand le prix est passé de 148 dollars à moins de 40 dollars, et que l’OPEP a retiré plus de 3,5 millions de barils par jour pour faire remonter les prix. On s’attendait à ce que l’OPEP intervienne, elle ne l’a pas fait et c’est la vraie surprise ».

La chute des cours du brut gêne tous les pays producteurs mais plus particuliè- rement ceux qui sont très dépendants de leurs recettes pétrolières. Ce sont les pays de l’OPEP, mais aussi de petits producteurs comme la République du Congo ou le Gabon, qui vont prendre de plein fouet la chute des cours. L’Arabie Saoudite dispose de plus de marges financières que le Venezuela, la Russie, l’Algérie ou le Congo qui au même titre que le reste des membres du cartel avaient planifié leurs budgets sur un baril à 100 dollars. Cependant, cette marge de manoeuvre de l’Arabie Saoudite, qui est le vrai patron à l’inté- rieur de l’OPEP, est extrêmement faible, ses dirigeants peuvent jouer la baisse pendant quelques temps, mais à la prochaine réunion de l’OPEP en juin, ce pays subira une pression du reste des membres du cartel et peut-être même des troubles sociaux internes sur son sol, si le rythme actuel d’augmentation des salaires des fonctionnaires n’est pas tenu. L’Algérie, dès les premiers jours, s’active entrainant dans son sillage, le Venezuela et l’Iran dans un véritable lobbying auprès de certains gros producteurs de l’OPEP et en dehors de celui-ci pour qu’en juin prochain, une baisse sensible de la production soit réellement décidée afin de faire remonter les prix de l’or noir

A Londres, les responsables du géant pétrolier BP estiment que le pétrole de schiste américain va continuer de gêner l’OPEP, mais que la production du cartel devrait augmenter ces prochaines années, atteignant même des niveaux historiques en 2030, à mesure que l’offre de schiste américaine commencera à ralentir. La révolution des hydrocarbures de schiste a selon eux bouleversé le secteur pétrolier, contribuant à une dégringolade massive des cours de l’or noir qui ont perdu plus de 60% entre mi-juin 2014 et fin janvier 2015. « Nous savons dans cette industrie que les chocs liés à la chute des prix arrivent, nous y sommes habitués », a constaté Bob Dudley, directeur de BP, à contre courant des espoirs du ministre koweitien du pétrole. « Les entreprises du secteur de l’énergie doivent s’adapter », a-t-il poursuivi.

Pour les experts de British Petroleum en effet, l’offre de pétrole de schiste continuera d’augmenter aux États-Unis sur la première partie de la période d’une étude allant de 2013 à 2035, puis s’aplatir dans les années suivantes. La production américaine de pétrole de schiste va croître de 3 mbj entre 2013 et 2035, représentant près des deux tiers de la production mondiale de ce produit. En tout, la production nord-américaine devrait augmenter de 9 mbj entre 2013 et 2035. BP souligne d’ailleurs que les États-Unis devraient devenir un exportateur net d’énergie en 2015 et devraient devenir autosuffisants en pétrole une quinzaine d’années plus tard, après avoir importé près de 60% de leurs ressources pas plus tard qu’en 2005. Mais à plus long terme cependant, lorsque la croissance de l’offre de pétrole de schiste ralentira, la production de l’OPEP devrait augmenter dé- passant d’ici 2030, le record historique de 2007 (32 mbj), annonce le rapport. La part de marché de l’OPEP devrait alors se situer autour des 40%, un niveau similaire à la moyenne de ces 20 dernières années car globalement, la consommation mondiale d’énergie devrait augmenter de 37% entre 2013 et 2035, tirée très majoritairement par les pays hors-OCDE, Chine et Inde en tête, deux pays qui deviendront respectivement la plus grosse et la troisième plus grosse économie mondiale, a anticipé le rapport.

Il ressort de ces analyses que du pétrole en abondance sera mis sur le marché durant les années à venir, car même la baisse des investissements décidée par plusieurs compagnies pétrolières de premier plan dans l’exploitation des pétroles de schistes, ne pourrait avant le moyen et le long terme, avoir une influence à la hausse sur les cours. Cette hausse ne pourrait être réellement perceptible que d’ici plusieurs semestres notait M. Dembik cité par l’AFP. La croissance mondiale, même conséquente, qui pointe à l’horizon, ne pourra en aucun cas en ramener les prix au niveau de ceux connus entre 2012 et 2014. Le pétrole de schiste revient à l’extraction à 70 dollars le baril et son prix de rentabilité ne saurait descendre à moins de 90 dollars estiment les spécialistes. C’est donc autour de ces chiffres que, dans le futur et pour longtemps encore, se situeront les prix de l’or noir.

En ces temps de crise affectant les marchés pétroliers, la diplomatie énergétique s’est mise en marche dans l’espoir de « ressouder » les rangs d’une Opep lézardée, et de faire, peut-être, revenir à de meilleurs sentiments des pays non-Opep exagérément individualistes. Dans le camp des non-Opep, «le chacun pour soi » fait presque figure d’évidence, l’essentiel étant de maximiser le profit, quitte à le faire au détriment des autres pays pétroliers. Cela va-t-il changer, après que les prix du pétrole eurent fortement baissé ? Il est aujourd’hui dans l’intérêt des pays producteurs, tous les pays producteurs, dont les revenus pétroliers ont considérablement chuté, de faire preuve de discernement, et d’oeuvrer pour une stabilité durable des marchés.

 L’Algérie souhaite que se dégage une convergence de vue sur une question aussi cruciale que la détérioration des cours du brut. Elle a initié une large concertation diplomatique avec un certain nombre de pays, gros et petits producteurs de pétrole. Ainsi, le pays a envoyé des émissaires au Moyen Orient, en Asie, en Amérique, et en Afrique,… essayant de convaincre l’ensemble des pays pétroliers de la nécessité de remettre de l’ordre dans les marchés, et de faire remonter les prix.

Ballet diplomatique

Le ministre de l’Energie, Monsieur Youcef Yousfi, s’est entretenu, dans ce cadre, il y a quelques semaines, à Moscou, avec son homologue russe, Alexander Novak, sur les développements du marché des hydrocarbures. Monsieur Yousfi a rencontré le ministre russe avec qui, il a évoqué l’évolution de la situation des cours du brut et l’origine des déséquilibres actuels qui les caractérisent ainsi que la nécessité de renforcer le dialogue et la concertation entre les différents acteurs du domaine. Le ministre de l’Energie, envoyé spécial du président de la République, avait également rencontré, le 19 février dernier, à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, à qui il a remis un message du président de la République, à son homologue russe, Vladimir Poutine, relatif notamment à la situation du marché pétrolier mondial. Les entretiens entre Yousfi et Lavrov ont porté sur les déséquilibres actuels que connait le marché international du pétrole, la forte chute des prix et son impact négatif sur les revenus des pays exportateurs membres et non membres de l’Opep. Yousfi a souligné au chef de la diplomatie russe que l’initiative du président Bouteflika, basée sur le dialogue et la concertation entre tous les pays concernés, vise à trouver les voies et moyens nécessaires au rétablissement de l’équilibre du marché dans l’intérêt de toutes les parties concernées, et de dégager une vision d’avenir claire pour l’industrie pétrolière et gazière.

Toujours dans le cadre de cette démarche mise en avant par l’Algérie face à la chute drastique des cours du brut, et outre la fédération de Russie, le chef de l’Etat a dépêché plusieurs ministres portant des messages à ses homologues de pays producteurs de pétrole en vue de parvenir à un consensus sur la nécessité de rétablir l’équilibre du marché pétrolier dans l’intérêt des pays producteurs et consommateurs. Les messages du président ont été transmis à l’Arabie Saoudite, au Sultanat d’Oman, à l’Azerbaïdjan, au Kazakhstan, ainsi qu’au Mexique. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, avait, lui aussi, remis des lettres similaires aux chefs d’Etat de pays membres de l’Association des producteurs de pétrole africains (APPA) que sont le Nigeria, le Gabon, l’Angola, le Congo et la Guinée-équatoriale. En mars dernier, le ministre de l’Energie, Monsieur Youcef Yousfi, s’est réuni à Alger, avec le ministre angolais du Pétrole, Jose Maria Botelho de Vasconcelos, et l’ambassadeur du Nigeria en Algérie, Haruna Ginsau, pour l’évaluation de la situation du marché pétrolier. De son côté, la Norvège, gros pays producteurs de pétrole (14e producteur mondial de brut et 7e exportateur mondial), présent dans le secteur pétrolier algérien, s’active également. Fin mars dernier, son ministre des Affaires étrangères, Borge Brende, a été reçu à Alger par le président de la République. Le chef de la diplomatie norvégien avait déclaré que la question de la baisse du prix du pétrole a été parmi les questions évoquées lors de l’entretien.

Face aux intérêts géostrat égiques

L’effort diplomatique est ainsi considérable. Il ne peut cependant se mesurer qu’aux résultats obtenus, au final. Le politologue, Abdelhak Mekki, estime, dans une déclaration à Oil and Gas Business, que notre diplomatie s’est tardivement réveillée, la dégringolade des prix du pétrole ayant commencé à la mi-juin 2014. Il grossit le trait sur le fait que le contexte régional et international est extrêmement complexe, avec des intérêts géostratégiques et politiques en jeu. Ces difficultés, la diplomatie énergétique ne s’en affranchira pas commodément. Ainsi, un pays comme l’Arabie saoudite veut préserver ses parts de marché et faire sortir le schiste américain des marchés. « De mon point de vue, précise-t-il, l’attitude de l’Arabie saoudite ne changera pas, a fortiori dans le contexte d’aujourd’hui, marqué par le conflit yéménite où le royaume conduit une coalition militaire pour déloger les Houtis de certaines régions stratégiques du Yémen. L’Algérie n’en fait pas partie, parce qu’elle ne peut pas engager de troupes en dehors de ses frontière, c’est un principe inaltérable de sa politique étrangère. Si on rapporte ces faits aux marchés pétroliers, cette nouvelle donne régionale ne joue pas en faveur de l’Algérie, car, ajoutet- il, les Saoudiens vont se dire que l’on ne peut pas être à l’écoute de pays pétroliers qui ne sont pas solidaires de notre action militaire au Yémen ». Pour le politologue, « le royaume a d’emblée défini sa politique. Et, il ne va pas s’en écarter, pour modifier les quotas Opep. L’Arabie saoudite a pris l’option de continuer à produire et à exporter normalement ». « A contrario, relève-t-il, il devrait y avoir un changement d’attitude dans la politique mexicaine, un pays non-Opep, relativement stable sur le plan économique, mais qui a besoin de débouchés pour son pétrole. Le marché américain, un espace commercial et naturel pour Mexico, se rétrécit aujourd’hui, les Américains ayant suffisamment de pétrole. Aussi, le Mexique qui a engagé d’énormes projets, n’a pas intérêt à ce que les cours de l’or noir se détériorent davantage », estime Abdelhak Mekki. Il serait ainsi audible et sensible aux sollicitations d’Alger. Quant à la fédération de Russie, A. Mekki souligne « qu’en principe, l’Algérie devrait avoir le soutien de Moscou. La Russie, en difficulté financière actuellement, avec le conflit ukrainien sur les bras, ne pourra pas être contre un réaménagement de l’offre pétrolière mondiale et du coup, une possible remontée des cours ». Autre pays non-Opep, la Norvège suit une politique nationale. Son attitude par rapport aux marchés dépend, selon le politologue, des besoins financiers de son économie. Le Nigeria, un pays en difficulté, en guerre larvée contre l’organisation terroriste Boko Haram, veut avoir plus de revenus pétroliers. Et à l’évidence, la physionomie actuelle des marchés ne l’arrange pas. Aussi, souhaite-t-il une reprise des cours du brut aussi vite que possible, ne pouvant être que d’accord avec la démarche d’Alger. Reste le cas de l’Angola, un petit producteur, mais qui dispose d’un gros marché, pas du tout lointain, celui de l’Afrique du Sud. « A l’évidence, comme tous les pays pétroliers habitués à vivre dans l’opulence, l’Angola souhaite que les prix augmentent pour maximiser ses profits », note Abdelhak Mekki. De manière plus globale, il estime « que la diplomatie énergétique est une bonne chose pour faire converger des points de vue, mais que seul le marché déterminerait la physionomie des cours ». Le Venezuela, un pays mono-exportateur, avait également fait un forcing diplomatique, début février dernier mais qui a tourné court. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro Moros, s’est rendu même en Algérie où il a eu des entretiens avec le président Bouteflika et fait à l’issue cette déclaration sarcastique : « Il faut éviter d’utiliser le pétrole comme une arme économique et géopolitique pour faire fléchir les Etats », allusion faite, bien évidemment, à l’Arabie saoudite qui ne veut pas entendre parler d’une modification du plafond de production de l’Opep. Caracas marque actuellement une pause, mais le Venezuela peut toujours reprendre son bâton de pèlerin, l’obstination pourrait alors se révéler payante.

 

 

1 mai 2015

 

La 19e édition des journées de l’énergie, une manifestation organisée, mi-avril, à Alger, par le laboratoire de « Valorisation des énergies fossiles » de l’Ecole nationale polytechnique (ENP) à Alger, un organisme que dirige Chems Eddine Chitour, un expert en énergie, a donné lieu à un débat fort intéressant sur les enjeux de l’énergie à l’échelle planétaire. Hamza Kellou et Rabia Mansour font partie du Laboratoire de « valorisation des énergies fossiles ». Ils ont brillamment présenté une communication fouillée. La sécurité énergétique est devenue un sujet à enjeux dans les relations internationales, dans un contexte où les piliers du paradigme énergétique dominant, que sont le pétrole et le gaz, sont répartis de façon très disparate sur notre planète. Paradoxalement, le gros de ces ressources se trouve dans des régions historiquement moins industrialisées. Et quid de la consommation mondiale d’énergie ? Elle augmente, d’année en année, et de façon considérable, créant des vulnérabilités et des tensions dans certaines régions du globe. Selon des statistiques établies par BP StatisticalReview, et reprises par Hamza Kellou et Rabia Mansour, la consommation mondiale d’énergie primaire a augmentée de 2,3% en 2013. La croissance a été inférieure à la moyenne dans toutes les régions, sauf en Amérique du nord.

USA : INDEPENDAN CE PROCHE

En termes chiffrés, les Etats-Unis, par exemple, consomment trois fois plus de ressources fossiles qu’il y a 60 ans. La production domestique n’a pas pu soutenir une telle augmentation et ce pays, jadis autosuffisant, doit désormais importer « plus du quart » de ses besoins énergétiques, ainsi que l’expliquent les deux communicants. Et, les chiffres concernant les Etats-Unis ne s’arrêtent pas là. Le pays possède d’importantes ressources d’énergie. Il détient 5,4 milliards de barils de réserve de pétrole, un quart (26.6%) des réserves mondiales de charbon. Il est au sixième rang mondial pour ce qui est des réserves en gaz naturel, les réserves de gaz de schiste sont estimées, elles, à 18.620 milliards de m3 (4ème mondial), selon le Département de l’énergie (DoE). Le nucléaire américain, doté de 100 réacteurs en service (avec 5 autres réacteurs en cours de construction), fournit les 8,5% d’énergie restants sous forme d’électricité. La principale source d’énergie du pays provient du pétrole (36%), suivi du gaz naturel (26%) et du charbon (20%). Les 17% restants sont fournis par les centrales nucléaires, les barrages hydroélectriques, et les énergies renouvelables diverses. Sur leur territoire, les Etats-Unis produisent près de 1 873 millions de tonnes équivalents pétrole en 2013, soit approximativement 82,7%de leurs besoins énergétiques. La production d’importantes quantités d’hydrocarbures non conventionnels, ces dernières années, tend à accroître ce pourcentage. Cette évolution devrait se poursuivre durant les prochaines décennies, selon l’Agence Internationale de l’Energie (l’AIE). En matière de production de gaz naturel (GNL), les États- Unis occupent la première place mondiale devant la Russie depuis 2009. Leur production, composée pour près de moitié de gaz dits « non conventionnels », atteint 688 milliards de m3 en 2013, soit 20,5% de la production mondiale. Dans le domaine du pétrole, les États-Unis sont le troisième producteur mondial derrière l’Arabie saoudite et la Russie, avec plus de 10 millions de barils de pétrole produits par jour en 2013. La production pétrolière américaine se développe depuis 2009 pour faire chuter le montant des importations de pétrole. Au regard du Pic de 2008, les importations de pétrole ont chuté de plus de 200 milliards de dollars à cause de l’exploitation du pétrole de schiste. Cette baisse protège le dollar, et permet d’assurer une relance de l’économie sans que la reprise de la consommation des ménages américains ne grève trop fortement les comptes extérieurs du pays. Les deux experts notent que la stratégie énergétique américaine se résume en cinq points : une « faible croissance » de la consommation énergétique du pays, avec pour objectifs de limiter la croissance des émissions de gaz carbonique et de réduire les importations énergétiques ; une « intensification » des investissements et des initiatives pour augmenter la production nationale des énergies renouvelables, des énergies fossiles et de l’énergie nucléaire (80% d’électricité renouvelable d’ici 2050) ; une réduction légère de la dépendance aux importations pétrolières, en se basant sur le pétrole de schiste; et le développement de la production nationale de gaz naturel, entraînant une réduction des importations de gaz (à seulement 6 % en 2035) ; l’essor des véhicules électriques : le pays envisage d’atteindre le million d’unités en circulation d’ici la fin 2015, en diminuant de moitié le prix des batteries et en encourageant la recherche dans ce secteur.

CHINE : PLUS DE GAZ

Et la Chine dans tout cela ? Avec 7,4% de croissance du PIB au 1er trimestre 2014, les besoins énergétiques de la Chine sont majeurs. Souvent montré du doigt pour sa politique énergétique pollueuse et énergivore, le pays tente de développer des modèles alternatifs avec un important développement des énergies renouvelables ou du gaz naturel. Cependant, en attendant la transition énergétique, le pétrole et surtout le gaz, moins polluant, sont au coeur d’enjeux régionaux et internationaux. Quelle est la situation énergétique en Chine ? Quelles sont les conséquences et les perspectives géopolitiques ?

La Chine est le 1er importateur de pétrole depuis 2013 et est un importateur majeur de gaz naturel. Le charbon est la principale source d’énergie primaire dont la Chine est de loin le premier importateur et consommateur. L’usage du charbon soulève, lui, de nombreuses questions écologiques. La Chine a rejeté près de 9621 Mt de Co2 en 2012 contre 5118 Mt pour les USA, la même année. Selon des données fournies par les deux conférenciers, d’ici 2030, la part du charbon dans le mix énergétique chinois devrait passer de « 67% à 44% ». Et, de ce fait, le pays développe des secteurs alternatifs. Après une légère interruption post-Fukushima, la Chine reprend son programme nucléaire. Elle est également impliquée dans les énergies renouvelables et en particulier dans l’hydroélectrique où elle occupe la première place mondiale, avec l’exemple bien connu du barrage des Trois Gorges. Toutefois, malgré les ambitions du XIIe plan quinquennal (2011-2015) qui met l’accent sur l’essor de moyens de transport alternatifs, des énergies renouvelables, des nouveaux matériaux, des biotechnologies et d’autres activités propices à un changement de politique énergétique, la part du thermique classique dans la consommation et la production primaire d’énergie en Chine reste de l’ordre de 80% en 2013. L’augmentation de la demande de brut a cependant légèrement baissé en Chine, de +7% en 2012 à +4% en 2013, du fait du ralentissement économique et du retard dans la construction de raffineries. Des efforts sont également à déployer dans la branche pétrolière, la dépendance face au brut étranger passerait de 54% en 2010 à 61% l’an prochain. Afin d’y faire face, la Chine veut doubler sa production d’hydrocarbures d’ici 2030. Les réserves de pétrole chinoises se montaient à 103,7 milliards de tonnes à la fin 2013, soit une hausse de 36% par rapport à 2007. Celles de gaz naturel à 62.000 milliards de mètres cubes, en hausse de +77% par rapport à la même année. La production de pétrole et de gaz en Chine augmente de 4,6% en 2013 par rapport à 2012, avec une forte progression pour le gaz naturel. La plupart des champs pétroliers étant déjà exploités (en Mongolie intérieure, dans le Xinjiang et dans la baie de Bohai), la Chine a concentré ses efforts sur l’augmentation de la production de gaz, alternative moins polluante au charbon. Combler le retard technologique reste par ailleurs un enjeu majeur pour le pays, la Chine serait le pays le plus riche au monde en gaz de schiste (31 500 milliards de m3) et le troisième pour le pétrole de schiste (32 milliards de barils).

UE : OPTION ENR

Quant à l’Union européenne (UE), elle représente le deuxième marché de l’énergie au monde. L’UE est le premier importateur mondial d’énergie, elle possède très peu de réserves fossiles. Elle importe 53 % de l’énergie qu’elle consomme. La dépendance vis-à-vis des importations d’énergie est liée au pétrole brut (près de 90 %), au gaz naturel (66 %) et, dans une moindre mesure, aux combustibles solides (42 %) et au combustible nucléaire (40 %). Les énergies renouvelables (l’énergie éolienne, solaire, hydroélectrique, marine, géothermique et issue de la biomasse, ainsi que les biocombustibles) sont des alternatives aux combustibles fossiles qui contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre, en diversifiant l’approvisionnement énergétique et en réduisant la dépendance vis-à-vis des marchés des combustibles fossiles, peu fiables et volatiles (gaz et pétrole notamment). L’Union européenne occupe la position de numéro un mondial dans le domaine des technologies de production d’énergie renouvelable. Elle détient 40 % des brevets mondiaux sur les énergies renouvelables et, en 2012, près de la moitié (44 %) de la capacité mondiale de production d’électricité à partir de sources renouvelables (à l’exception de l’énergie hydroélectrique) se situait au sein de l’Union. Et, fait important dans cette physionomie de développement de l’énergie, le pétrole reste le carburant dominant dans le monde, mais, il a perdu une part du marché pendant 14 années d’affilée. Quant à la production hydroélectrique et d’autres énergies renouvelables, elles ont atteint le record de la consommation globale d’énergie primaire (6,7% et 2,2%, respectivement). A ce stade de l’évolution de l’énergie, chaque pays doit assurer son développement au plan de l’approvisionnement pour le secteur tertiaire (habitat, bâtiment), le secteur des transports et enfin pour le secteur de l’industrie et de l’agriculture (globalement 1/3 pour chacun). Et, il doit s’y prendre de la meilleure des manières, qui soient, pour réussir sa politique énergétique, mettant en avant ses atouts énergétiques (sol et soussol), mais également son développement technologique. Il établit en fait des perspectives d’approvisionnement pour au moins une génération, développant des scenarii possibles qui tiennent compte aussi de l’environnement extérieur, de la disponibilité de la ressource (lieu et potentiel), des tendances globales (changements climatiques, de la psychologie des partenaires et enfin, des géostratégies et géopolitiques de l’énergie, notamment à l’intérieur des grands ensembles auxquels il appartient (union européene, Mercosur, Alena…). Sur la base de toutes ces contraintes voire de ces atouts, les Etats mettent au point des tendances d’approvisionnement et de consommation flexibles et constamment adaptables, comme l’affirment les deux experts du Laboratoire de « valorisation des énergies fossiles » de l’Ecole nationale polytechnique.

LA FIN EN … 2115

Et les pays qui n’ont pas les moyens de leurs politiques ? Les Etats qui vivent au jour le jour n’ont aucune chance de survie dans la jungle annoncée notamment à cause des nouveaux défis auxquels ils sont confrontés, soulignent- ils. Les défis du futur seront aussi divers que complexes, dans le domaine de l’énergie. Les deux intervenants esquissent ce à quoi pourrait ressembler le panorama énergétique de demain. Ils parlent de guerre des matières premières. Et la sécurité énergétique fera parler d’elle, occupant une place capitale dans le développement humain et économique. Il n’est pas évident qu’il y ait de l’énergie pour tout le monde. Au rythme de consommation actuel, les réserves prouvées d’énergie fossile sont de 53,3 années pour le pétrole, 55,1 pour le gaz et 113 pour le charbon. Hamza Kellou et Rabia Mansour, exposent une litanie de chiffres, expliquant que : « Si, au lieu de raisonner à consommation constante (ce qui est évidemment faux), on tient compte de l’augmentation annuelle de la demande (supposée égale à 2%/an), dans 50 ans, l’ensemble des réserves prouvées sera épuisé. On découvrira bien sûr d’autres gisements (plus chers). Mais si on considère maintenant les réserves ultimes d’énergie, c’est à dire la totalité de celles que l’on pense pouvoir découvrir et extraire un jour, la croissance de la demande aura eu raison de ce gisement ultime...en 2115, soit d’ici un siècle. Il n’y aura alors plus une seule « goutte » d’énergie fossile à disposition de l’homme ». Il y a menace sur la « planète énergie » ? Pour les deux communicants, ce délai d’un siècle, même s’il peut paraître énorme à l’échelle individuelle, n’en est pas moins ridiculement court au regard des enjeux et du problème posé. Aussi, est-il impératif de changer nos systèmes de production et de consommation d’énergie pour nous adapter. A l’évidence, ces transformations seront longues. Elles vont concerner un certain nombre de secteurs : bâtiments, machines, véhicules,… Le choix des infrastructures (rail ou route par exemple) a également de l’importance dans le processus de transformation.

La 19e édition des journées de l’énergie, une manifestation organisée, mi-avril, à Alger, par le laboratoire de « Valorisation des énergies fossiles » de l’Ecole nationale polytechnique (ENP) à Alger, un organisme que dirige Chems Eddine Chitour, un expert en énergie, a donné lieu à un débat fort intéressant sur les enjeux de l’énergie à l’échelle planétaire. Hamza Kellou et Rabia Mansour font partie du Laboratoire de « valorisation des énergies fossiles ». Ils ont brillamment présenté une communication fouillée. La sécurité énergétique est devenue un sujet à enjeux dans les relations internationales, dans un contexte où les piliers du paradigme énergétique dominant, que sont le pétrole et le gaz, sont répartis de façon très disparate sur notre planète. Paradoxalement, le gros de ces ressources se trouve dans des régions historiquement moins industrialisées. Et quid de la consommation mondiale d’énergie ? Elle augmente, d’année en année, et de façon considérable, créant des vulnérabilités et des tensions dans certaines régions du globe. Selon des statistiques établies par BP StatisticalReview, et reprises par Hamza Kellou et Rabia Mansour, la consommation mondiale d’énergie primaire a augmentée de 2,3% en 2013. La croissance a été inférieure à la moyenne dans toutes les régions, sauf en Amérique du nord.

Accords avec l’Algérie 750 000 m3 de GNL à livrer en 2015

Il est à rappeler que le 29 décembre 2014, l’Algérie et l’Egypte ont conclu, un accord pour la livraison de 750 000 m3 de GNL à l’Egypte répartis en six cargaisons au cours de 2015 (lire également OGB Mag numéro 1). Un accord signé par Sonatrach et l’Egyptian Gas Holding (Egas) en présence du ministre de l’Energie, Youcef Yousfi et du ministre égyptien du Pétrole et des Ressources minières, Chérif Ismaïl. Selon les explications fournies par M. Ismail dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie de signature, les six cargaisons de 125.000 m3 de GNL chacune sont destinées à consolider la couverture de la demande interne de l’Egypte estimée entre 45 et 50 cargaisons. Les deux parties ont convenu de renforcer en outre via d’autres accords la couverture de la demande égyptienne en gaz entre 2016 et 2020.

Le secteur des hydrocarbures, qui est considéré comme l’un des piliers de l’économie égyptienne, aux côtés du tourisme et du canal de Suez, souffre d’énormes difficultés, mais le gouvernement table sur les récentes promesses d’investissements étrangers pour en assurer la relance tout en encourageant par ailleurs le développement des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Avant les troubles survenus dans le sillage de ce qui a été nommé « le printemps arabe », l’Egypte avait déjà perdu au fil des ans son statut de pays exportateur de pétrole et de gaz, pour devenir de plus en plus dépendant des importations, en raison notamment de la hausse structurelle de la consommation interne et de la chute des investissements dans le secteur. Depuis 2011, la situation s’est aggravée et l’Egypte a dû lancer un appel pressant à l’aide étrangère, lors d’un sommet économique organisé du 13 au 15 mars 2015, sous la houlette du président Abdel Fattah al-Sissi. Une initiative qui a permis au gouvernement égyptien d’obtenir des promesses d’investissements de 60 milliards de dollars, dont 18 milliards pour l’Oil and gas, et 40 milliards de dollars pour la génération d’énergie, et ce en vue de résorber le déficit énergétique énorme du pays. Dans ce cadre, le géant pétrolier britannique BP a annoncé par exemple un investissement de 12 milliards de dollars dans un champ gazier de l’ouest du Delta du Nil, devant assurer une production équivalente au quart de la production actuelle du pays. Le groupe, qui détient 65% du projet en question, a expliqué dans un communiqué que la production sur le site pourrait débuter en 2017. « L’ensemble du gaz produit alimentera le réseau gazier du pays, ce qui aidera à suivre la croissance attendue de la demande locale en énergie », a précisé BP.

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DECLIN

Le déclin des capacités énergétiques de l’Egypte, malgré le potentiel énorme existant, a fait l’objet de plusieurs études internationales publiées notamment par le portail économique de la banque PNB Paribas, et la Banque africaine de développement(BAD). Il en ressort que la consommation intérieure égyptienne a englouti progressivement les capacités de production du pays, pris ainsi en étau entre la hausse structurelle de la demande interne et la raréfaction des investissements dans le secteur. Selon un document publié par la direction des études économiques de la banque PNB Paribas « les conséquences économiques négatives sont importantes ». Il s’agit notamment de « la dégradation du solde commercial, de la hausse du déficit budgétaire et de la perturbation de l’activité économique. Le soutien récent de pays riches en hydrocarbures permet de limiter les tensions à court terme. Au-delà, des réformes sont nécessaires pour rendre attractifs les investissements dans le secteur énergétique égyptien », estiment encore les rédacteurs de l’étude.

Malgré ces difficultés, le gouvernement égyptien compte sur les récents investissements promis pour devenir vers 2020, un pays exportateur de gaz. « C’est la conviction exprimée par le Premier ministre Ibrahim Mahlab, cité le 6 avril 2015 par le site du gouvernement égyptien, repris par l’agence d’information économique Ecofin. Ainsi M. Mahlab fonde son espoir sur « quelque 50 accords d’exploration énergétique signés par le ministre égyptien des Hydrocarbures pour des investissements estimés à 12,1 milliards de dollars et les découvertes pétro-gazières. »

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PRIVATISATIONS

Par ailleurs, le gouvernement égyptien a repris récemment un programme de privatisation, suspendu en 2009, en lançant, selon l’hebdomadaire égyptien El Ahram quatre Offres publiques initiales (OPI) pour des entreprises du secteur pétrolier. « Le ministre du Pétrole, Chérif Ismaïl, a ainsi révélé que Midor, un des fleurons du secteur, sera la première à être introduite en Bourse. » Midor est la plus grande des quatre entreprises avec un capital de 1,1 milliard de dollars. Ce lancement sera le premier en son genre pour une société publique depuis 2005, année qui avait connu le lancement d’OPI pour trois entreprises publiques, dont deux du secteur du pétrole : Amoc et Sidi Krir. La société Midor a été crée en 1994, alors que Mopco, GasCool et Nil Oil, les trois autres sociétés qui seront prochainement introduites en Bourse, ont été créées en 1998, 2004 et 2005, respectivement. Les quatre entreprises ont été choisies parmi les 57 entreprises du secteur du gaz et du pétrole opérant sous l’égide du ministère du Pétrole. Ce dernier souligne dans son communiqué, selon El Ahram, que le lancement des entreprises en Bourse a pour objectif de fournir le financement nécessaire aux futures expansions des entreprises. Midor est une entreprise de raffinage du pétrole brut et de traitement des produits pétroliers de haute qualité. Elle exporte ses produits vers plusieurs pays comme le Liban, l’Italie, la Tunisie, l’Espagne et la France. Midor a annoncé un plan pour augmenter sa capacité de raffinage de 60 %, soit 160 000 barils/ jour. La capacité actuelle de la raffinerie est de 5 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 100 000 barils/jour. Les investissements nécessaires pour réaliser ces expansions devraient atteindre 1,3 milliard de dollars, selon El Ahram et permettre d’accroitre les revenus de l’entreprise de 18 %, transformant Midor en une raffinerie de quatrième génération.

20 % d’ENR

L’actuelle stratégie énergétique de l’Égypte vise à porter selon une étude de la Banque africaine de développement (BAD) la part des énergies renouvelables à 20 % du volume total des énergies d’ici à 2020. L’on s’attend à ce que cet objectif soit atteint essentiellement grâce à la promotion de l’utilisation de l’énergie éolienne, car l’énergie solaire est encore très coûteuse et le potentiel, hydrologique est largement entamé. La part de l’énergie éolienne dans la production totale d’électricité devrait atteindre 12 %, tandis que les 8 % restants proviendraient de l’énergie hydroélectrique et solaire. Ceci se traduirait par une capacité de production d’énergie éolienne d’environ 7 200 MW d’ici à 2020. La composante solaire est limitée à 100 MW d’énergie solaire (ESC) et à 1 MW d’énergie photovoltaïque (EPV). La mise en valeur des ressources en énergie renouvelable en Égypte est en bonne voie, mais mérite d’être renforcée considérablement dans plusieurs domaines estime la BAD. Le programme de mise en valeur de l’énergie éolienne comporte les éléments nécessaires, notamment une vision, un objectif, un organisme spécialisé expérimenté et un système d’incitation raisonnable ; mais la plupart de ces composantes, ne sont pas prévues dans le programme de mise en valeur de l’énergie solaire constate la BAD. De même, la mise en valeur de l’énergie éolienne et solaire souffre de l’absence d’un organisme de décision de haut niveau et d’un mécanisme de financement clair. Afin de pallier les insuffisances actuelles liées au programme de mise en valeur des énergies renouvelables, la Bad préconise que le gouvernement égyptien prenne les mesures en vue de renforcer notamment le mécanisme institutionnel actuel, des capacités techniques, ainsi que la préparation et la mise en oeuvre des projets.

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