Analyses

Depuis le début du mois de juin, les prix du pétrole semblent avoir trouvé un équilibre dans la fourchette 44-51 dollars le baril. Après la chute des prix du début de l’année avec un plus bas à 27,10 dollars le baril, on peut dire que les acteurs de l’industrie pétrolière retrouvent le sourire. Surtout que les perspectives pour la fin de l’année 2016 et pour l’année 2017 semblent prometteuses avec un niveau de prix qui pourrait permettre d’effacer les déficits et relancer les investissements.

 Le maintien des prix depuis plus d’un mois au dessus de la barre des 44 dollars est un bon signe pour le deuxième semestre de l’année 2016. Les réactions des responsables de l’Arabie Saoudite qui sont très suivies par le marché vont dans ce sens. Le nouveau ministre saoudien de l’énergie Khalid Al Falih a déclaré au début du mois de juillet que le marché était de plus en plus en équilibre et que les prix se stabilisaient. Cette déclaration semble illustrer en quelque sorte l’armistice décidé dans la rivalité Arabie Saoudite-Iran, une rivalité qui a couté très cher aux pays producteurs de pétrole depuis le mois de novembre 2014. Selon les statistiques de l’OPEP, le pétrole brut de qualité Brent a fait en moyenne 39,89 dollars le baril durant le premier semestre de l’année 2016.L’augmentation constatée ces derniers mois a permis de remonter la pente par rapport au prix affiché de 27 dollars le baril au début de l’année. Autre fait positif pour le marché est la déclaration du ministre saoudien du pétrole qui s’est prononcé sur les prix à la mi juillet dans un entretien à un journal allemand. Selon Khalid Al Falih l’industrie pétrolière a besoin d’un prix de plus de 50 dollars par baril pour soutenir les investissements. Il a par ailleurs estimé que la pression à la baisse sur les prix allait encore prévaloir en raison des stocks importants.

« Nous avons besoin d’un prix supérieur à 50 dollars pour atteindre un équilibre sur les marchés du pétrole à long terme», a t il estimé en ajoutant : « Et tout comme 50 dollars est trop faible pour soutenir l’investissement, les prix de plus de 100 dollars sont élevés. L’optimum se situe quelque part entre les deux. »

A propos du marché, le ministre saoudien a indiqué que les marchés pétroliers sont en train d’être rééquilibrés mais cela prendrait beaucoup de temps avant que l’équilibre ne soit atteint.

« Nous avons constaté une diminution de l’offre par environ un million de barils de pétrole brut par jour », a t-il indiqué, en parlant de la production aux États-Unis et au Canada. « Dans le même temps, la demande a récupéré, ce qui signifie que l’offre et la demande sont maintenant plus équilibrée à nouveau, mais il y a encore des stocks excédentaires sur le marché, des centaines de millions de barils de pétrole excédentaire. Il faudra beaucoup de temps pour réduire ces stocks. »

Le Brexit a impacté ces derniers temps les prix du pétrole surtout en raison des risques que fait peser la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne et des conséquences que cela pourrait avoir sur la demande en pétrole. Toutefois plusieurs observateurs ont estimé que les effets sur la demande en pétrole ne toucheront pas toute l’Europe, mais plutôt le Royaume Uni. Ce qui minimise en quelque sorte les risques entrevus auparavant et qui ont développé des attitudes alarmistes pour le secteur du pétrole après le vote britannique qui a entériné la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne.

L’OPEP augmente sa production

Mais le facteur le plus important qui empêche actuellement les prix d’aller vers les 60 dollars le baril est sans conteste l’augmentation de la production de plusieurs pays membres de l’OPEP. Les estimations fournies à la fin du mois de juin dernier par l’agence Reuters et l’agence Bloomberg indiquent des augmentations substantielles.

Ainsi selon Reuters, l’OPEP aurait produit au mois de juin dernier environ 32,82 millions de barils par jour, soit une augmentation de 250 000 barils par jour par rapport à sa production du mois de mai dernier qui était de 32,57 millions de barils par jour. La plus forte augmentation est venue du Nigeria avec 150 000 barils par jour. L’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis ont augmenté aussi leur production avec une part de 50 000 barils par jour pour chacun d’entre eux. Ces estimations sont établies à partir d’un sondage qui regroupe des informations recueillies sur la base de données d’expéditions du marché et de données communiquées par des acteurs du marché. Elles se rapprochent beaucoup de la réalité.

De son côté, l’agence Bloomberg fait à peu près le même constat et les estimations fournies par cette agence indiquent une augmentation substan tielle de la production au mois de juin dernier. Ainsi et selon Bloomberg, l’OPEP aurait produit 32,88 millions de barils par jour au mois de juin, soit une augmentation de 240 000 barils par jour par rapport à la production du mois de mai dernier. Le Nigeria aurait augmenté sa production de 90 000 barils par jour après avoir réparé des canalisations qui avaient été sabotées. L’Arabie Saoudite aurait elle aussi augmenté sa production de 70 000 barils par jour. La situation actuelle fait poser beaucoup de questions sur l’évolution des cours du pétrole et leur volatilité, bien qu’ils demeurent quand même dans une fourchette large de 5 dollars entre 46 et 51 dollars le baril.

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L’équilibre du marché est pour 2017

Si l’on se base sur les prévisions de l’Agence Internationale de l’Energie rendues publiques dans son rapport du mois de juin, la situation actuelle s’explique par le fait que l’excédent sur le marché va se résorber à la fin de l’année 2016 et il commencera à retrouver un équilibre porté par une demande qui va atteindre 1,3 million de barils par jour en 2016 contre 1,2 million de barils par jour prévus précédemment. Selon l’AIE, l’excédent qui était de 1,5 million de barils par jour durant le premier semestre a reculé à 800 000 barils par jour. Un recul qui a un effet direct sur les prix vers la hausse. Cet équilibre sera aussi conforté par une baisse plus importante que prévue de la production de pétrole des pays producteurs de pétrole non membres de l’OPEP. Leur production devrait baisser de 900 000 barils par jour en 2016 contre une estimation de baisse de 800 000 barils par jour faite précédemment. Toutefois le marché ne trouvera un équilibre durable que durant l’année 2017 qui verra une croissance de la demande de pétrole du même niveau que celle de l’année 2016, soit 1,3 million de barils par jour.

Le danger du sousinvestissement

L’autre grand facteur qui devrait faire porter les prix à la hausse et qui a bloqué l’industrie pétrolière dont le développement est vital pour répondre à la demande future en pétrole est sans conteste le sous investissement constaté depuis la chute des prix du pétrole à partir du second semestre de l’année 2014.

Le recul des investissements, de l’avis de tout le monde, prépare la rareté du produit à moyen terme et un prix plus élevé du pétrole qui pourrait gêner les économies.

Le débat mené au mois de février passé lors de la semaine du pétrole à Londres est toujours d’actualité. L’annulation de plusieurs projets et la réduction des investissements depuis le début de la chute des prix du pétrole durant le deuxième semestre de l’année 2014 va donner lieu à une offre déficitaire dans quelques années. Ce qui entrainera une réaction du marché avec forcément une hausse des prix.

Cet aspect va être aussi renforcé par le déclin naturel de la production dans les anciens gisements de pétrole. Selon des calculs, le recul des investissements a été de 20 % durant l’année 2015 avec l’annulation ou le report de 400 milliards de dollars de projets dans le secteur de l’énergie et ce recul serait de 50 % en 2016.

Ces données ont fait dire à plusieurs dirigeants de l’industrie du pétrole mais aussi à l’OPEP qu’un déficit de pétrole pourrait intervenir durant l’année 2017.

Il est vrai que l’augmentation en quelques années de la production de pétrole aux Etats Unis grâce au pétrole de schiste a permis de répondre à la demande mondiale. Ce sont en effet plus de 4 millions de barils par jour de pétrole de schiste qui sont venus en renfort de l’offre mondiale et qui ont occasionné aussi près de 2 millions de barils par jour d’excedent.Un déficit de l’offre mondiale dans quelques années risque de donner lieu à un nouveau choc pétrolier avec des prix élevés.

Cette situation pourra être évitée si les investissements reprennent rapidement pour pouvoir mettre sur le marché de nouveaux volumes au moment voulu et éviter un choc qui sera préjudiciable pour tout le monde, producteurs et consommateurs.

Les mises en garde de l’AIE

C’est peut être pour cela que le Directeur de l’Agence Internationale de l’Energie, Fathi Birol, a tiré une sonnette d’alarme sur la dépendance des pays membres de l’OCDE vis à vis du pétrole du Moyen Orient à l’avenir. Dans des déclarations reprises par le Financial Time au début du mois de juillet, le Directeur de l’agence soutient que la baisse des prix constatée depuis l’année 2014 a augmenté la demande et la part des pays du Moyen Orient comme l’Arabie Saoudite et l’Irak dans la production mondiale de pétrole s’est trouvé renforcée. Ce qui accentue la dépendance au pétrole du Moyen Orient des pays membres de l’AIE.

La baisse des prix du pétrole et l’augmentation de la consommation de pétrole a contrecarré les efforts pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire les émissions selon Fathi Birol. De plus les automobilistes ont repris l’habitude d’acheter des véhicules gourmands en carburant notamment aux Etats Unis et en Chine ou le modèle de consommation américain est en train de se développer en matière de véhicules. Le Directeur de l’AIE a rappelé l’importance de la région du Moyen Orient pour les grands pays consommateurs de pétrole en soutenant que même si les Etats Unis augmenteront leur production de pétrole, ils restent encore des importateurs de pétrole.

L’avenir du marché pétrolier à moyen terme risque de mettre au devant de l’actualité l’OPEP, une organisation que beaucoup avaient enterré prématurément.

Nietzsche disait au sujet des compétiteurs pour le pouvoir à peu près cela : « Ils veulent le pouvoir, tous rêvent d’approcher le trône, c’est leur folie; comme si le bonheur était sur le trône. Souvent la vase est sur le trône et souvent le trône est dans la vase», ce propos nous replace pleinement dans l’actualité tragique qui frappe aujourd’hui la Libye, et l’installe dans une situation tout aussi proche de la partition qu’elle l’éloigne de son union.

Le pétrole apparait pour une énième fois, comme le déclic de cette menace installée, mais cachée celle du souhait de la partition, tandis que les regards et les intérêts se détournent du malheur qui s’incruste de jour en jour dans ce pays, pour laisser place à une course sans cesse à l’accaparement des richesses pétrolières et des infrastructures qui lui sont liées dans la partie Est de la Libye.
Le croissant pétrolier objet d’une conquête de la part de la partie que dirige le généralissime «HAFTAR», est tombé entre ses mains en quelque jours, et la réaction violente «soutenue» par la communauté internationale du gouvernement officiel de recouvrir advienne que pourra les installations conquises, ne sera pas sans risques directs sur les installations elles-mêmes, les généraux de Tobrouk et les «ultras» de Tripoli se comportant comme s’ils procédaient à une nouvelle guerre de conquête «coloniale».
Comme au temps des janissaires turques, l’Odjak de Tripoli et de Tobrouk se disputent la conquête du pétrole, La Libye avec deux capitales ne pouvait s’attendre à autre chose pour sa destinée que le chaos dans lequel elle se trouve.

A ce stade du pourrissement de la situation dans ses territoires, il devient légitime de se poser la question de savoir si dans ce pays existe encore un ciment social et un dénominateur commun, qui puisse à l’avenir effacer le tribalisme «particularisme » propre à ce pays, où même l’Islam religion de ce peuple malgré sa dimension culturelle, ne semble pas être en mesure de servir d’anneau fusionnel entre les deux parties.
Or, pour durer, un ordre social doit nécessairement reposer sur le consensus populaire, mais lorsque ce consensus n’existe pas et quand de surcroît il se trouve aggravé par le fossé d’un tribalisme têtu, faudra-t-il continuer à porter des oeillères, en se contentant de laisser le malheur faire son lit de sang et de larmes, pour se rendre enfin compte que l’unité de la Nation Libyenne ne tient qu’à un fil ténu.

Napoléon 1er avait eu ce mot si fort en son temps sur l’aventure et le chaos qui en résultent de laisser l’épée parler à la place de la sagesse, en disant à peu près ceci : « On peut tout faire avec les baïonnettes sauf s’assoir dessus».
En recourant pour les deux parties au langage des armes, elles accélèrent ce que le temps a tenté vainement de freiner, la désagrégation de l’ordre social.
En s’appropriant le droit de vouloir s’accaparer par la force des terminaux pétroliers par la partie «Tobrouk», et la riposte déclarée de la partie «Triploli» de se réapproprier par la violence ce fameux croissant, les deux parties commettent le crime de brûler de leurs propres mains, ce qui donnait un sens à leur vie ; la richesse que dieu a offert à ce pays et à tous ses enfants.

A vouloir piétiner facilement ce qui fut grand, les frères libyens se condamnent à finir sans grandeur, mais surtout sans honneur, et tant que ce pays continuera de faire cohabiter sur son sol un pouvoir bicéphale, il passera du chaos et ses malheurs, à l’inévitable montée en puissance des partisans de la partition, tellement plus rien ne semble unir les deux régions de ce pays.
Et c’est à ce niveau que le véritable débat se doit dès maintenant de se situer et de se projeter, que les réalités fassent place aux dogmatismes et aux faux-fuyants, et que les pays frontaliers et limitrophes en premier lieu, et les pays à l’origine de cette désagrégation de la Libye post-Kaddhafi, acceptent de voir qu’aujourd’hui de ciment social, les tribus de ce pays n’en ont cure, et, que des « révolutionnaires » d’hier, ne subsistent et ne prédominent que des criminels avides des biens et des richesses dont regorgeaient et regorge encore ce pays.
La Libye entre un mauvais sort, la recherche de son essor et la malédiction de son or, ne peut plus prétendre trouver le salut dans son désordre actuel, uniquement par ses propres ressorts.

En dépit du budget de fonctionnement de l’Etat consenti en matière d’infrastructures, d’équipements et d’œuvres sociales universitaires, répartis à travers le territoire national ; malgré aussi la diversité des spécialités et des programmes pédagogiques dispensés par ces institutions de l’enseignement supérieur, il n’en demeure pas moins que l’Université algérienne peine à élaborer une politique exhaustive susceptible de contribuer efficacement au développement de l’économie nationale et à la structuration de la société. C’est aujourd’hui un constat communément admis, tant par les pouvoirs publics que par les responsables à la tête de ce secteur hautement sensible.

L’université, qui regroupe dans le présent thème les facultés, les instituts supérieurs ainsi que les grandes écoles spécialisées, est, par excellence, un haut lieu académique réservé à prodiguer un large savoir omniscient dans les domaines scientifique et technique bien déterminés, à conférer un acquis expérimental et pratique de qualité, à acquérir un esprit d’analyse, de synthèse et de critique et, surtout, à préparer une insertion qualitative des étudiants dans le monde professionnel.

D’ailleurs, afin d’illustrer ce postulat de base, le Président Abdelaziz Bouteflika a défini clairement, lors de sa visite à l’université de Batna, les missions imparties à l’université algérienne en précisant que « L’université, de par sa mission première de formation, de recherche et de propagation de savoir, de son éclairement intellectuel et son rayonnement culturel, ne saurait assumer pleinement son rôle, sans être entièrement intégrée dans la société, largement ouverte sur les mutations survenues dans le monde et bien préparée à la concurrence scientifique ». « Les écoles, les universités, les centres et laboratoires de recherche en Algérie, sont, plus que jamais, appelés à s’engager dans cette bataille pour relever les défis et gagner l’enjeu de la qualité, et ce en dotant la jeunesse d’outils pédagogiques, de concepts scientifiques et d’approches judicieuses leur permettant de se frayer, à pas fermes, un chemin vers l’avenir. »

Une université sclérosée

De nos jours, force est de constater que cette université est sclérosée. En plus de l’incohérence et des disparités observées dans l’application des stratégies d’orientations inadaptées aux réalités socioéconomiques qui recommandent parfois d’opter pour des cursus à la carte ou par alternance, ou encore ceux sanctionnés par des diplômes professionnels ; de l’absence de partenariat d’échange et de synergie avec les principaux opérateurs économiques destinés à la conforter dans son statut d’agent au service du développement local et national à même d’établir des équilibres entre l’offre et la demande dans le monde de l’emploi ; d’une détresse vécue régulièrement dans l’enceinte du campus par les étudiants, et, enfin, du niveau général d’instruction qui tend à se dégrader par rapport aux générations précédentes, déclin causé par la décadence du système éducatif en général ; ces pôle du savoir, il est temps de le reconnaitre, forment des diplômés, toutes spécialités confondues, qui, s’ils ne sont pas sous-utilisés ou expatriés dans des conditions déplorables, sont destinés directement au chômage tant il est vrai qu’aucune prévision de leur recrutement pour emploi n’est envisagée, ni à court, moyen ou long terme, une situation qui impose aux gouvernants, le recours urgent à des politiques de plus en plus élaborées et parfois à des manœuvres subtiles et complexes, comme le partage du temps de travail, le recours à la retraite anticipée, les alternances au poste, pour en atténuer un tant soit peu les effets et les conséquences.

D’ailleurs, les récentes statistiques éditées par l’ONS montrent clairement que le taux de chômage chez les jeunes ayant un diplôme universitaire en Algérie, demeure très élevé. Il touche entre 20 à 25 % des diplômés dont 11.1% chez les hommes et 33.6% chez les femmes, chiffres alarmants qui renseignent sur la gravité de ce fléau. La tendance est certes à la baisse, mais le taux reste relativement important et ce, en dépit de timides dispositions prises par les pouvoirs publics dans le cadre d’un plan de recrutement des jeunes diplômés de l'université.

Un chômage important

Cette amère réalité touche également tous les diplômés issus des instituts supérieurs de formations dans le domaine de l'énergie, notamment les diplômés en hydrocarbures qui demeurent jusque-là le principal sujet de notre réflexion.

Les instituts de formations spécialisées en énergie :

  • Institut Algérien du Pétrole (IAP-CU)
  • Ecole de Boumerdès
  • Ecole d’Oran (EOR)
  • Ecole de Skikda
  • Ecole de Hassi Messaoud
  • Institut de Formation en Electricité et Gaz (IFEG) (Sonelgaz)
  • Centre de formation de Ben Aknoun (Sonelgaz)
  • Centre de Ain M’lila (Sonelgaz)
  • Ecole Technique de Blida (Sonelgaz)
  • L’Institut algérien de formation en génie nucléaire, par abréviation « IAGN ».

Les Centres de Perfectionnement

  • CPE Sonatrach
  • Naftogaz
  • Ecole des Mines El-Abed (EMEA)

Ces instituts ont pour objet la prise en charge des besoins du secteur de l'énergie et des mines, en matière de formation de spécialisation, de perfectionnement, de recyclage et de recherche appliquée, toutes disciplines confondues.

Même si les statistiques inhérentes à ce domaine demeurent frappées du sceau de la confidentialité pour des raisons encore imprécises, chaque année, après de longs et pénibles sacrifices, des centaines d’étudiants décrochent leurs diplômes mais, à leur grand dame, ils n’arrivent guère à décrocher un travail décent conforme à leurs études. Ils se retrouvent donc inéluctablement égarés dans la nature, confrontés à des contraintes drastiques qui transforment leur quotidien en un calvaire interminable.

Après un véritable parcours du combattant accompli entre la prospection des marchés du travail où les CV sont déposés auprès des sociétés sous tutelle du ministère de l’énergie et autres sociétés privées versées dans les activités des hydrocarbures, les enregistrements aux niveaux des bureaux des agences pour l’emploi (ANEM) souvent infructueux, ainsi que les tentatives d’inscription aux caisses d’allocations chômage, ces nouveaux diplômés du secteur de l’énergie ont alors le choix entre l’acceptation d’une fonction mal rémunérée, d’un poste sous-payé ou, avec un peu de chance, d’un hypothétique contrat à durée déterminé (CDD) qui reste une alternative assimilée à une issue salvatrice.

Les témoignages de ces « victimes », à la fois émouvants et accablants, démontrent sans équivoque les maux dans lesquels ils baignent : a l'instar de tous les nouveaux diplômés, Mourad, 28 ans, s'est lancé dans son périple à la recherche d'un emploi. Il raconte : « Lorsque j'ai terminé mes études, il y a trois ans, à l’Institut algérien du pétrole (IAP), je suis allé à la recherche d'un travail dans les sociétés publiques et autres sociétés d’hydrocarbures relevant du secteur privé et, croyez moi, j'étais énormément surpris du salaire qu'on me proposait… c'était juste minable ! ». Et de poursuivre : « Rien ne peut te motiver si tu n'as pas une bonne rémunération. C'est-à-dire un bon salaire qui te permettra d'être à l'aise au quotidien, te déplacer, te nourrir, payer les factures. A mon avis c'est le côté le plus important dans un contrat. Je ne veux pas dire par là que le salaire doit toucher un plafond, mais qu'il soit juste et adapté aux qualités du candidat. On ne peut pas demander à un ingénieur de ‘’bosser’’ pour 15 000 ou 20 000 DA, c'est ignoble et personnellement, je ne peux pas accepter ça. »

Cette situation, comme il fallait s’y attendre, a bien évidemment créé un profond malaise, un désarroi et un ras-le-bol chez cette corporation de cadres d’exécution voués à un échec prémédité au début de leur vie sociale, ce qui a donné lieu à des revendications et des grèves, somme toutes, légitimes.

D’ailleurs comment peut-il en être autrement, du moment que toutes les promesses faites par les différents ministres qui se sont succédés à la tête de ce département sont restées vaines et sans suite. Serait-ce du mépris, de la désinvolture ou simplement du laxisme ?

Pas de gel des recrutements, selon le ministre

A titre d’exemple, le ministre de l’Energie a pourtant rassuré, en janvier 2015, que la Compagnie nationale des hydrocarbures (Sonatrach) n'est pas concernée par l'instruction du Premier ministre qui stipule le gel des recrutements. Il rassurait également que cette société projetait de recruter, à partir de 2015 et par voie de concours national, 5 000 ingénieurs et 3 000 techniciens supérieurs qui devront suivre auparavant une formation à l'Institut algérien supérieur du pétrole (IAP) dans différentes spécialités du secteur. Cette démarche du secteur, précisait-il, vise à doubler la production des hydrocarbures, à travers le développement des gisements existants et l'intensification des opérations de recherche et de prospection de nouveaux sites.

Cette déclaration sera en son temps d'un grand soulagement pour les milliers de nouveaux diplômés qui sont en quête de postes d'emploi. Cependant, devant les promesses souvent insatisfaites, une seule et unique solution reste envisageable pour ces diplômés en quête d’un statut professionnel, celle des mouvements de protestation et de grève comme ceux qui ont eu lieu ces derniers temps.

Le 16 novembre dernier, en effet, des centaines d'étudiants de la Faculté des hydrocarbures et de la chimie (ex-INH) de l'université M'hamed Bougara de Boumerdès (UMBB) ont manifesté devant le siège de l'IAP (Institut algérien de pétrole), une filiale de la Sonatrach. Les étudiants ont décidé de maintenir le sit-in si leurs revendications ne sont pas prises en charge et attendaient l’arrivée d'autres ingénieurs chômeurs diplômés de leur Faculté pour renforcer leur mouvement, pendant qu’une autre partie des manifestants projetait d’observer une grève de la faim à partir du lendemain. Ces étudiants déplorent principalement l’abrogation des conventions passées entre les entreprises du secteur énergétique, nationales ou privées, et l'ex-INH concernant le recrutement des diplômés de cet institut. Pis encore, les recrutements au niveau des entreprises au sud du pays sont devenus discriminatoires puisque la primauté est donnée aux habitants de ces régions, ceux qui sont en possession d’une résidence à Ouargla, ce qui a encouragé certains malfaiteurs à proposer des fausses vraies résidences au prix fort de 700 000 DA. Ces étudiants continuent à revendiquer une rencontre avec le ministre de l’Enseignement supérieur, la réactivation de la convention entre l’université et les compagnies pétrolières pour toutes les spécialités de l’institut, ainsi que l’accès direct à l’Institut algérien du pétrole.

Le Premier ministre sensibilisé

Une réunion a eu lieu mardi 22 novembre entre les représentants des étudiants de la Faculté des hydrocarbures de Boumerdès et le ministre de tutelle. Au terme de cette rencontre, il a été déploré par les étudiants qu’aucune décision concrète n’a été prise par le ministre pour garantir un emploi à l’avenir, aux futurs diplômés. Mais qu’il a toutefois promis de sensibiliser le Premier ministre et les ministères de l’Energie, de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que celui de l’Emploi et de la Sécurité sociale pour établir des conventions de travail avec les Sociétés pétrolières. Les étudiants se disent conscients que ces promesses vont demeurer, avec le temps, lettres mortes, et que si le ministre ne leur donne pas une réponse écrite à leurs doléances, ils durciront le mouvement de grève, gèleront les cours et passeront probablement à une grève de faim.

Enfin, ce malaise quasi existentiel, qui n’est malheureusement pas confiné uniquement aux diplômés du secteur de l’énergie mais plutôt à toutes les spécialités universitaires, n’est pas en soi une fatalité. Il n’est certainement pas non plus une conséquence immuable. Il est le résultat d’un manque de vision, de projection, d'aptitudes, de volontés et de savoir-faire. Il reflète aussi, d’une part, l’inadéquation entre l’université et les besoins de l’économie nationale, ainsi qu’une maladresse d’un système usé et mal orienté vers le monde du travail, d’autre part.

Au final, il faut reconnaitre aussi que le problème ne réside pas seulement - sans le scotomiser pour autant- dans l’économie algérienne qui n’a pas su optimiser les capacités et les compétences de ses jeunes. Mais il est urgent aussi de revoir et de redéfinir, en collaboration avec les organismes compétents, les spécialistes et les experts, la politique de l’enseignement supérieur, et à fortiori, celle de l’éducation nationale. Il faut penser à améliorer l’intégration des jeunes diplômés dans leurs métiers respectifs avant l’obtention de leurs diplômes, et cela peut se faire avec des stages de longue durée ou même avec l’intégration de l’entreprise au sein de l’université : inviter des professionnels à participer à la formation des jeunes, une symbiose qui offrira des résultats probants et encourageants pour les mutations socioéconomiques et culturelles de l’Algérie.

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