La chronique : Jamais grande abondance ne fut richesse

  • By Super User
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  • Posted 20 April 2018

Terrible ce constat que le ministre de l'Industrie, Monsieur Yousfi, fait sur l'amenuisement de l'encadrement dans le secteur des mines en Algérie. ( voir Interview dans OGB 30).

 

La formation dans ce secteur devient dès lors la clé de voute pour développer un segment où l'abondance des ressources fait face à la pénurie des cadres, de l'encadrement intermédiaire et de la main-d'œuvre.

 

Depuis près de deux ans, le concept du 3P, le Partenariat Public Privé/PPP, est entonné comme une solution de pleine synergie entre les deux pôles. Pour donner de l'élan au développement, il est important que ce PPP puisse déjà commencer par un signal fort, celui de la formation dans des métiers qui mettront la main à la « roche », et en tirer la croissance, une croissance à même de mobiliser un potentiel d'emploi immense; sans quoi, il faudra continuer à compter nos roches, sans jamais les polir.

 

Le dicton emprunté à la sagesse perse entonne qu'il est honteux de trébucher deux fois sur une même pierre. Il appartient à nous tous réunis d’acquérir les connaissances sur la valorisation de nos richesses minières, à défaut de perdre encore un temps qui nous est compté, à l'instar de ce retard sur le projet des 4 000 MW devenu comme l'arlésienne, tout le monde en parle, mais personne ne la voit, et de la problématique du gaz de schiste qui semble clouer tout le monde à la même place ; demain commence aujourd'hui et différer un peu, c'est mourir beaucoup.

 

La courbe des prix du pétrole ne cesse de se maintenir depuis près de deux semaines au-dessus des 70 dollars, un prix qui dépasse de loin les estimations de la loi de finances de 2018, basée sur un prix référentiel de 50 dollars le baril du pétrole. Le ministre des Finances nous apprend que la fiscalité pétrolière a connu une augmentation de près de 75% pour l’exercice 2017, en comparaison aux années précédentes.

 

Il est auguré au rythme de la médiane des prix du pétrole du second semestre 2018, une fiscalité pétrolière encore plus forte qui éloignerait alors le besoin critique de recourir à un volume important de la planche à billets.

 

Voyons venir cela.

 

Face à cette abondance des ressources entre gaz de schiste, richesses minières et soleil à volonté, l'Algérie ne peut se permettre de freiner sa dynamique- déjà au pas d'escargot -d'un développement hors hydrocarbures conventionnels, qui lui, à l'inverse, connaît et continue de connaître une déplétion des ressources conjuguée à un besoin croissant de la consommation intérieure, et à un marché à l'exportation de plus en plus rude et concurrentiel.

 

La fin proche des contrats à long terme de type « TAKE OR PAY » annoncé pour 2018 et 2019, sonnent comme une alerte dans la cour, que les Algériens se doivent de se formater au marché du «SPOT », nouvel étalon de la commercialisation mondiale, formation, formatage, façonnage. Le besoin de se mettre à niveau, dépasse aujourd'hui d'autres aspects, le capital humain prend sa dimension réelle et absolue.

 

Aujourd'hui que le seuil critique de la fuite des cerveaux creuse le sillon entre les ambitions légitimes de développement du pays et l'absence de son encadrement.

 

un pétrole entre 60 et 70 dollars pour le premier semestre 2018 donne un répit, pour éviter que les tensions sociales ne fassent payer la facture plus lourde, la mise au frigo de la trajectoire budgétaire 2017-2019, et la reprise des projets structurants par le concours du trésor public, annoncent une promesse d'embelli. Il appartient de consolider cet acquis, les IDE tant attendus demeurent dans l'attente de ce type de signal, Peugeot en Algérie ne peut être l'hirondelle qui annonce le printemps de la croissance.

 

 

 

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