La chronique : Les âmes mortes

  • By Super User
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  • Posted 23 April 2018

En 1842, l'écrivain Gogol décrivait dans son roman« Les Ames mortes », des âmes installées dans l'escroquerie et la fourberie,

passant leur temps à manger et à boire, en excès et sans cesse, dans le parfait symbole de l'absurde. Consommer sans cesse repose, selon l'écrivain, sur beaucoup de travail en amont, mais se consomme vite, sans autre résultat que de conduire à un autre plaisir éphémère, celui de la satiété passagère. Mais ce qui est consommé, détruit et évaporé, n'est pas pour revenir aussi vite.

Voilà deux maîtres mots, un travail en amont, et une consommation effrénée, pour laquelle ne peut exister qu'une autre fin, celle de la fin, de l'absurde.

Mais quand cette fin, cette évidence de l'absurde, va-t-elle réellement sonner aux portes de ces consommateurs fous que nous sommes devenus ? Nous réveiller de notre boulimie ? De notre perpétuel gaspillage de tous les jours ? Faut-il attendre, une semaine, un mois, une année, deux années pour réagir, considérer la réalité et adopter la conduite opportune ?

Alors que notre amont pétrolier connait une déplétion continue, notre consommation énergétique cannait pour sa part, une augmentation irrésistible et apparemment sans fin aussi.

Il me déplaît de revenir encore sur cet aspect de la gabegie qui marque notre mode de vie depuis longtemps, sans ressentir une seule once d'espoir de voir ce cycle disparaître.  Chaque jour qui passe apporte son lot effarant de mauvaises nouvelles sur les progressions astronomiques de nos faux et superflus «besoins» quotidiens.

Mais comment faire, pour stopper cette hémorragie, lorsque rien n'est entrepris sérieusement et que le peu qui est fait est très vite dépassé par l'ampleur de l'absurde.

Nul besoin de s'attarder sur des réflexions préoccupantes, sur des concepts sans lendemain, sur des constats alarmants, si chacun de nous participe aujourd'hui à creuser notre fin de demain, car c'est en cela que nos âmes seront autant mortes que celles qui nous sont si habilement contées par Gogol.

 

 

 

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