La résilience, l’autre renaissance

  • By Super User
  • In Chronique
  • Posted 07 May 2018

Chaque jour qu’Allah fait, du matin au soir, des hommes et des femmes, riches ou pauvres, instruits ou analphabètes, se mesurent aux aléas de la vie.

Ce n’est pas le combat de Sisyphe avec son rocher, mais c’est tout comme. Car depuis qu’ils voient le jour, les hommes n’auront de cesse de courir derrière la panse à remplir, puis après, derrière les fins de mois à arrondir. Mais la vie ne fait cas de personne et continue son bout de chemin sans préavis et à brûle-pourpoint. Aux uns, la vie a pris un parent, un frère ou un ami ; aux autres, elle a pris la santé ou les a rendu stériles ; à d’autres encore, elle les a dépourvus de richesse ou repris ce qu’ils avaient mis des années à bâtir ou à posséder. Car la vie ne fait pas de cadeaux, encore moins de favoritisme ; et ce que nous appelons chance ou destin ne sont, en vérité, qu’un ensemble de faits aux causes cachées. Car comme le certifie la science : connaître les causes, c’est pouvoir prédire l’avenir. Mais malheureusement personne ne détient les clefs de toutes les causes. est-ce pour cela que l’homme doit se fourvoyer dans les méandres de la fatalité ? est-ce pour cela qu’il se laisse aller, telle une feuille morte, les poings liés, où le mènera l’imprévu et le hasard ? Car : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Le reste n’est que superstitions et angoisses. Peur et fuite en avant, heureusement que dieu a créé en chacun de nous la force de renaître....
des fois, juste avec la conviction, seuls, ces hommes et ces femmes se remettent à se reconstruire. Lentement, mais sûrement... On appelle cette force la résilience.

En vérité, l’homme l’a empruntée, ou l’a comprise, par son observation des objets qui l’entourent. Précisément, c’est dans les matériaux et leur résistance aux chocs que tout a commencé. Le mot resilio est d’origine latine. Il signifie rebondir ou résister à la déformation. C’est en observant la nature que l’homme a pu se forger l’idée que tout peut se reconstruire. Et qu’il suffisait de laisser passer le premier choc pour qu’enfin s’ouvre de nouvelles perspectives. Voici l’arbre qu’on élague, qu’on peut même couper, mais le voilà qui résiste, bourgeonne et reprend vie comme si de rien n’était. Voici la graine qui, oubliée dans un coin, ronge son frein, laisse passer les années, et, aux premières faveurs, germe pour donner le meilleur d’elle-même, une fleur ou un épi. Il en est de même pour l’homme. Combien d’orphelins, sans moyens ni aides d’aucune sorte, seuls, réussissent là où beaucoup d’autres, aisés et choyés, échouent. Combien de malades n’ont-ils pas survécu, par la force de leur détermination, au-delà de ce que leur avaient prescrit ou prévu les plus grands médecins. Combien d’hommes d’affaires, ou de simples citoyens, ruinés se sont refaits après avoir cru en leurs capacités à renaître de leurs cendres ? Combien de pays ayant presque touché le fond, mais qui par la force de la résilience se sont projetés dans le futur en un court laps de temps ? voici l’Algérie, qui, il n’y a pas si longtemps, par le concours de quelques faits et folies, avait été contrainte à croire à une situation de non-retour, mais qui par le génie d’un peuple plusieurs fois meurtri, mais aussi par l’abnégation de ses forces vives, revient plus forte que jamais.

Ni les faux printemps, ni l’appel des sirènes ou les miroirs aux alouettes ne sauront fléchir sa volonté de réécrire son histoire et de redorer son blason parmi les nations respectées. tel est le secret de la résilience à laquelle tout un chacun doit, dans ses moments les plus cruciaux, y penser et, pourquoi pas, en faire son cheval de bataille. Car chaque rencontre, humaine ou naturelle, peut nous enseigner beaucoup de choses. Sous nos pas nous foulons des vies sans en être conscients alors qu’elles peuvent nous êtres utiles dans les moments difficiles. Sous le sable ou les pierres ; sur les branches des arbres ou les toits des maisons ; dans les regards ou les sourires innocents, sur les tableaux noirs des écoles ou dans les contes de nos ancêtres peuvent s’écrire des pages d’histoire. Car la vie est un grand livre ouvert pour ceux qui savent bien lire. et tout ce que nous apprenons de la vie peut nous être utile. Car si notre vie n’est que comme l’ombre qui passe et ne revient jamais, dieu nous a ouvert une porte d’espoir pour lui donner un sens et continuer à vivre au-delà de notre disparition.

Hits 267