Rêver est une preuve de santé mentale

  • By Super User
  • In Chronique
  • Posted 21 April 2019

Je ne comprends pas ce qui m’arrive. D’habitude, j’ai la main facile. Les mots coulent de source. Comme ça, sans que je m’y attarde à les faire sortir de ma tête. Mais ce mois-ci, comment dire… enfin, ça bloque. Pourtant je me sens léger. Mais les mots s’envolent. Me fuient. Dans ma tête tout est confus. Pourtant tout est si clair. Comme la voix du peuple. Comme l’éclosion des bourgeons du printemps qui, en silence, préparent l’arrivée des meilleures moissons. Je n’ai pas beaucoup dormi ces jours-ci. Et je traîne toujours mon insomnie en écrivant, difficilement, ces quelques mots. Les titres embrouillent mes neurones. Les idées m’étouffent. Les images m’éblouissent. L’Algérie me fascine. Elle m’a toujours fasciné. L’exil ne m’a jamais tenté. Je n’ai même pas de passeport. Et je suis bien là au milieu de mon peuple, pour le meilleur et pour le pire. J’ai toujours rêvé de la lumière des justes. Celle qui porte au loin, au plus loin où peuvent voir mes yeux du dedans. Mais il paraît que les rêves sont dangereux. Quand j’ai entendu dire ça, j’ai tout de suite pensé à une émission qui passe dans une télé de là-bas, intitulée : faut pas rêver. Mais quand j’ai bien cherché, j’ai trouvé que l’émission utilise cette expression en métaphore pour dire le contraire. C’est-à-dire qu’il faut rêver. Alors, faut-il ou pas rêver ? Et pourtant, le rêve n’a jamais fait de mal à personne. Il ne peut pas faire de mal pour la simple raison qu’il est virtuel. Enfin, c’est une suite d’images et d’impressions qui se présentent à l’esprit dans le sommeil. Et même quand il (le rêve) arrive en éveil, c’est toujours des images irréelles. Dans ce cas, on parle de rêves éveillés. A dire vrai, il n’y a pas une seule personne au monde qui n’a pas durant sa vie rêvé de quelque chose. Même ceux qui sont contre le rêve rêvent. C’est comme la philosophie. On ne peut pas y échapper. Car dénigrer la philosophie c’est philosopher. Sinon avec quoi peut-on dénigrer la philosophie si ce n’est avec la pensée. Philosopher c’est penser, et penser c’est philosopher.

Rêvons donc et n’ayant pas peur de laisser libre court à notre imagination, même éveillée ou endormie, à nous faire bercer de quelques inspirations poétiques. Et…politiques. Pourquoi pas ?...

Je rêve du rêve de la liberté. Je rêve du bien-être que plusieurs peuples vivent. Car rêver est une preuve de santé mentale. C’est aussi un moyen pour jauger la lucidité. Il faut se méfier de ceux qui ne rêvent pas. Dans leur tête il n’y a que des cubes incubés de nihilisme et de je ne sais quelle autre hydre à plusieurs têtes. Les temps changent et l’Histoire ne pardonne pas. 

La blessure dont je vous ai parlée il y a quelque temps a commencé à se fermer. Elle ne saigne plus. C’est étrange ce que peut l’espoir en un laps de temps. C’est encore plus étrange ce que peut apporter le peuple comme guérison avec si peu de moyens…

La liberté guérit les maux les plus profonds. Elle donne à son homme du génie à en revendre. Elle lui ouvre le cœur et l’esprit. L’habitude endort, la liberté délivre. La démagogie enchaîne les esprits, la vérité libère le génie créateur. « Si dans l’intérieur d’un état vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas », disait Montesquieu. Et si la liberté n’y est pas, rien n’y est, pas même le plus petit atome d’honneur d’être un homme. Heureusement que les peuples sont comme les graines. Quand on les croit morts ils éclosent de mille lumières. Et comme le blé qui lève, ils annoncent les meilleurs printemps. Mais meilleur que le rêve, c’est croire en son rêve. Car croire en son rêve, c’est ne jamais mourir…

J’ai écourté ma chronique pour laisser place à mon imagination euphorique. Elle me fait voyager ces jours-ci vers des vertiges et des sensations jamais ressentis.

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