"Nous ne pouvons plus faire l\u2019impasse sur le renouvelable"

depuis plus d’un siècle, le pétrole, ou plus exactement les énergies carbonées, ont dominé la scène mondiale de l’énergie. Soutenues par des prix très bas, des ressources abondantes, une facilité d’utilisation, ces énergies se sont imposées comme l’Energie par excellence, devenant au cours des années un enjeu planétaire. Cela a permis une révolution fondamentale dans les modes de vie des humains.

Précédé par une autre source d’énergie carbonée - le charbon- les hydrocarbures (plus exactement le pétrole) a très vite pris le pas pour s’imposer comme la source d’énergie la plus apte à soutenir une croissance mondiale sans précédent, influant sur la plupart des événements majeurs que le monde a connu au cours de ces années. La victoire des « forces alliées » lors de la Deuxième Guerre Mondiale a été due en grande partie au pétrole fourni principalement par les USA.

L’après-guerre a vu le monde se séparer en deux blocs, disposant l’un comme l’autre de cette énergie en abondance.

On a vu aussi naitre de nouvelles puissances qui disposaient dans leur sous-sol d’abondantes réserves de pétrole; des pays comme l’Iran ou l’Arabie Saoudite, pour ne citer que ceux la sont devenus très rapidement des acteurs importants sur l’échiquier mondial. En analysant avec attention la situation dans le monde, on constate que la plupart des tensions enregistrées pendant cette période ont eu, directement ou indirectement, pour cause le pétrole.

Le monde anesthésié par une croissance sans précédént, ne jurait plus que par ce pétrole, sans s’interroger sur d’éventuels inconvénients pouvant devenir à la longue un danger planétaire.

Jusqu’aux années 70, le monde a profité de ce pétrole disponible sans limitations et à des prix incroyablement bas; des pays producteurs (regroupés au sein de l’Opep) ont alors pris conscience qu’ils ne bénéficiaient pas de toutes les retombées de cette manne et décident d’en réajuster le prix. Ce fut alors le premier choc pétrolier.

Le prix a été multiplié par 6 en l’espace de six mois, amenant surtout en Europe (largement importatrice) la fin de la période des « Trente Glorieuses » qui suivit la fin de la Deuxième Guerre Mondiale.

On commença alors à s’apercevoir que ce pétrole n’avait pas que des avantages. Mais le processus de consommation de ce produit s’est poursuivi, même si les prix avaient augmenté.

Les pays disposant de la technologie nécessaire s’orientèrent vers des zones plus difficiles comme l’offshore pour mettre à jour de nouvelles réserves, en dehors des pays membres de l’Opep. Si jusque là le pétrole était dominant, on a vu arriver la période du gaz, disponible en abondance ; on a appris à maitriser son transport par gazoducs terrestres ou sous-marins ou bien sous forme liquéfié. Le pétrole et le gaz devenaient l’énergie « reine » ; le gaz en particulier devenant un fournisseur approprié de ce que l’on a appelé la « fée électricité ». eFFets du contrechoc de 1986 Le second choc pétrolier provoqué au début des années 80, amena une nouvelle augmentation des prix internationaux. Les recherches de nouvelles réserves s’imposèrent pour tenter de rééquilibrer l’équation offre-demande. Les pays disposant de la technologie adéquate, pour s’attaquer à l’offshore profond ou bien aux régions à proximité des pôles, continuèrent à s’imposer en maintenant leur rôle primordial d’alimentation de la planète en énergie toujours plus demandée.

Pour soutenir encore plus cette demande sans cesse grandissante avec la montée des pays dits émergents, on a essayé de redonner un rôle plus important au charbon qui avait tendance à être délaissé, pour rendre son utilisation plus aisée. Le monde disposait de ressources énormes en charbon qui pouvaient servir à produire surtout de l’électricité afin de mettre l’accent sur le rôle des hydrocarbures comme matière première en plus de son caractère de source d’énergie. Parallèlement, on a commencé à développer l’énergie nucléaire pour produire à partir de l’uranium de grandes quantités d’électricité.

Cependant les hydrocarbures conservaient des positions quasi inattaquables comme dans le transport ou pour leur double caractère de source d’énergie et de matière première.

Alors, les analystes commencèrent à se poser une question essentielle ; en se livrant à des hypothèses sur le long terme, on s’est rendu compte que ces hydrocarbures dont le monde semblait disposer en abondance et sans limites, n’étaient pas inépuisables. Ce fut l’époque à la fin du siècle dernier du « peak oïl ». Le monde avait-il consommé plus de la moitié de ces réserves « finies » ? Que restait-il à produire ? L’accent était mis sur le caractère limité des réserves de cette énergie, de plus en plus complexes à produire technologiquement et financièrement.

Puis le monde commença à s’inquiéter du fameux trou dans la couche d’ozone qui protège la planète; on avait droit quasi quotidiennement à des informations concernant l’élargissement de ce trou du fait des émanations des gaz issus de l’usage des hydrocarbures et qui risquait de remettre en cause les équilibres thermiques de la planète menaçant la vie sur Terre. Les prix internationaux des hydrocarbures très contenus jusqu’à la fin du siècle dernier suite au contrechoc pétrolier des années 80, connurent une embellie inattendue dès le début des années 2000, atteignant des sommets impressionnants.

Malgré les difficultés technologiques et la complexité croissante de la recherche et production des hydrocarbures, la demande sans cesse en augmentation amena le monde à produire au maximum des capacités possibles, sans aucune quantité tampon permettant d’affronter un événement géopolitique inattendu remettant en cause l’offre mondiale, et c’est probablement une des raisons de cette embellie des prix internationaux.

Les systèmes financiers continuaient sans désemparer à investir dans les hydrocarbures malgré leur disponibilité nécessairement limitée.

DES ALTERNATIVES DECARBONEES NECESSAIRES

D’un autre côté, on commença très sérieusement à s’intéresser à la traction électrique ; cela s’initia par les hybrides et l’accélération de la recherche et de la mise au point de batteries de plus en plus performantes pour permettre d’accroitre le rayon d’action de cette technologie et de réfléchir à un possible stockage de l’électricité.

On sait que l’on peut produire de l’électricité à partir des hydrocarbures mais aussi à partir du charbon et du nucléaire. L’électricité est une énergie propre, mais elle nécessite d’être produite à partir de sources qui pouvaient compromettre les équilibres thermiques de la planète.

Les problèmes climatiques commencèrent à être pris en compte avec toutes les retombées néfastes sur le comportement de la planète.

On organisa des conférences internationales sur les dangers du dérèglement climatique et ses conséquences sur une vie harmonieuse sur Terre.

Des solutions commencèrent à s’échafauder ; le danger venant en grande partie de la diffusion dans l’atmosphère du CO2, produit à partir de l’utilisation des énergies carbonées pour produire principalement de l’électricité et assurer toutes formes de traction. La séquestration de ce CO2 qui fonda beaucoup d’espoir, s’avéra assez rapidement une solution coûteuse et peu performante voire même dangereuse.

Le nucléaire connu aussi un certain succès, vite battu en brèche par le problème posé par le traitement des déchets qu’il génère et par les dangers que pouvaient occasionner la production de l’électricité nucléaire en cas d‘incidents majeurs que le monde a connu dès 1986 avec les problèmes des réacteurs de Tchernobyl en Ukraine celui de Three Miles Island aux USA (1979) et confirmé plus récemment par l’incident de Fukushima au Japon. Le développement des hydrocarbures non conventionnels a connu dès le début des années 2000 un essor très important, surtout aux USA ; mais hormis aux USA ce développement n’a pas enregistré de résultats probants dans d’autres pays. Il a cependant permis, en grande partie, de faire chuter les prix internationaux des hydrocarbures en déséquilibrant l’équation offre-demande. En conjuguant tous ces éléments : 

  • Caractère limité des réserves d’hydrocarbures.
  • Moratoire sur le nucléaire dans beaucoup de pays.
  •  Demande insistante à travers le monde pour faire
  • face aux désordres climatiques qui s’annoncent si la température moyenne enregistrée continue à croitre.
  • Avancée certaine dans les techniques de stockage de l’électricité
  • Développement certain mais discret dans les techniques  de production d’électricité à grande échelle à partir d’énergies renouvelables comme le solaire
    ou l’éolien.
  • Développement des techniques de transport de l‘électricité à grandes distances.
  • Avancée certaine de la traction électrique avec un bémol pour l’aérien mais pour lequel de grandes recherches se profilent.

Nous ne pouvons plus ignorer que nous sommes entrain d’assister à une transition énergétique identique à celle que le monde a connu au début du vingtième siècle, avec l’avènement de la domination des hydrocarbures, comme nous ne pouvons pas faire l’impasse sur les énergies renouvelables qui deviennent une réalité incontournable.

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