La Sonatrach dans un nouvel élan : La nouvelle image de l’entreprise à l’étranger

  • By Super User
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  • Posted 13 May 2018

Nommé au mois de mars 2017, au poste de P-DG de Sonatrach Abdelmoumen Ould Kaddour boucle une année à la tête du groupe énergétique national. Il avait à faire face notamment au passif de Sonatrach qui avait accumulé les déboires en tous genres, tant au plan interne et qu’au plan international. Le Groupe peinait notamment à réaliser l’objectif de l’augmentation de la production, principal défi, lancé au groupe national, dès 2016, par le président de la République.

Gêné par des dysfonctionnements internes, que le P-DG rappelle à chaque sortie médiatique, les divergences entre ses plus proches collaborateurs et un manque de communication au sein de sa boite. M. Ould Kaddour n’a cependant pas opéré de changement au sein de la composante managériale de la compagnie. Il ne se prive pas cependant de pointer du doigt les difficultés qui entravent selon lui la bonne marche de l’entreprise en raison de clivages, de résistances et de rétention d’information.

M. Ould Kaddour a apparemment choisi de mettre en parenthèse les difficultés internes pour se consacrer d’abord au dossier des litiges avec les partenaires étrangers de Sonatrach. Une quinzaine de litiges au total, accumulés depuis quelques années entre Sonatrach et ses partenaires. Ils ont été nombreux depuis quelques années, à solliciter l’arbitrage international pour régler des différends avec Sonatrach qui s’engouffrait dans un véritable marasme malgré la valse des managers. Des litiges qui ont déjà coûté des amendes à Sonatrach et qui auraient pu continuer à lui coûter des milliards de dollars, selon Abdelmoumen Ould Kaddour. Les litiges ont surtout entaché selon M. Ould Kaddour « la renommée de Sonatrach et sa place parmi les groupes internationaux » les plus côtés du monde énergétique.

Dix litiges avec les groupes étrangers réglés

Faisant son bilan dans ce domaine, M. Ould Kaddour a souligné, début mars, lors d’une sortie d’inspection dans la wilaya de Tébessa, que son groupe a réussi à régler une dizaine de litiges avec ses partenaires étrangers, soit 80 % des différends ayant trait à l’application des contrats signés entre le groupe algérien et ses partenaires étrangers. Un règlement à l’amiable qui rehausse selon le P-DG de Sonatrach, la renommée du groupe.

Le succès le plus éclatant est sans nul doute celui remporté face à l’italien Saipem. En effet, alors que le Groupe italien d’ingénierie et d’exploration pétrolière Saipem réclamait un dédommagement de 2 milliards de dollars, souligne face à la presse M. Ould Kaddour, Sonatrach a pu retourner la situation en faveur de l’Algérie, obtenant un règlement à l’amiable et un dédommagent à hauteur de 200 millions de dollars en contrepartie du règlement des dossiers en litige entre les deux parties. L’accord a été signé à Alger le 14 février par le P-DG de Sonatrach et son homo- logue de Saipem, Stefano Cao. Pour rappel, en décembre 2017, la Cour internationale d’arbitrage (CCI) avait déjà ordonné au Groupe Saipem de verser 135 millions de dollars à Sonatrach suite à un litige datant de 2014 dans le cadre d’un contrat pour la construction en Algérie d’une usine d’extraction des liquides associés à Hassi Messaoud et de séparation d’huile (projet LPG) dont le contrat avait été conclu en novembre 2008.

Stratégie de gré à gré, en attendant la révision de la Loi sur les hydrocarbures

Les litiges réglés permettent à Sona- trach de nouer de nouvelles relations avec ses clients via une approche directe de négociation en vue d’augmenter la production et améliorer le rendement des blocs en exploitation, en misant sur un apport technologique et de nouveaux investissements. Une stratégie mise en pratique, en

attendant la révision de la loi sur les hydrocarbures. A ce propos, M. Ould Kaddour signale l’installation d’un groupe de travail composé de Sonatrach, de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft) et du ministère de l’Energie. Concernant les échéances, le P-DG de Sonatrach a déclaré à l’APS : « On espère que cela se fasse avant la fin de l’année 2018», ajoutant : « Il ne faut pas qu’on sorte avec une loi qui ne fonctionne pas. Il faut que cette fois-ci on fasse une loi qui attire plus d’étrangers et qu’ils puissent travailler. » Le P-DG de Sonatrach réoriente aussi sa stratégie vers le gaz et notamment la pétrochimie. « Maintenant, on veut aller vers le gaz, développer davantage la pétrochimie et importer moins de carburants », souligne-t-il. A ce propos, le P-DG de Sonatrach souligne que deux projets d’envergure sont en cours de négociation avec des partenaires étrangers dont l’un avec le français Total. A ce propos il souligne qu’«avant la fin de l’année en cours, Sonatrach signera au moins un gros contrat de pétrochimie. Le P-DG de Sonatrach parle notamment d’un possible accord avec le français Total d’un montant de 5 milliard de dollars. A. Ould Kaddour évoque aussi des négociations avec Statoil, qui veut revenir sur le champ de Hassi Mouina abandonné il y a quelques années mais qui est aussi intéressé par de nouveaux projets. Le P-DG de Sonatrach mise aussi sur

le retour du géant américain Exxon Mobil qui serait très intéressé par de nouveaux partenariats en Algérie. Des indices, qui selon le P-DG de Sonatrach, prouvent que l’entreprise est de nouveau regardée comme un partenaire crédible et qui signifient que « le pays est plus que jamais debout» Le P-DG de Sonatrach évoque par ail- leurs une stratégie mise en place pour les cinq ans à venir afin de développer le groupe. D’un montant de 65 milliards de dinars, le plan devrait être révélé, dans les semaines à venir, selon ce que souligne, dans ses rencontres avec la presse le P-DG de Sonatrach.

Intransigeance sur les délais

Faisant toujours preuve de franc parler, le P-DG de Sonatrach qui a déjà à son actif plus de trente sorties sur le terrain, ne se prive jamais de mettre l’accent sur le retard qu’il constate dans la mise en œuvre des projets. Prenant à témoin la presse il a sou- ligné récemment qu’aucun chantier inspecté n’a été livré dans les temps. Une réalité qu’il dénonce, exigeant que les entreprises respectent leurs engagements. Lors de l’inspection du projet de raccordement de puits de gaz, à Tinhert, dans la wilaya d’Illizi, le P-DG de Sonatrach a annoncé la mise en place d’un système de «bonus» au profit des entreprises qui relèveront le défi de terminer les travaux avant le délai imparti. Le P-DG met en relief en outre, sa volonté de confier autant que possible des chantiers aux entreprises nationales afin d’encourager celles-ci et de faire économiser des devises au pays. Il met en relief l’exemple des cinq entreprises nationales engagées dans l’important projet de raccordement de cinquante puits de gaz à Tinhert en vue de l’approvisionnement de l’usine d’Ohanet.

 

 

 

 

 

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