Entre le doux mensonge et l’amère vérité

  • By Super User
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  • Posted 22 February 2017

Un lecteur très remonté contre ma position sur l’informel, qualifié de mauvais élève dans mon édito du numéro de septembre, me rappelait étonnamment une citation de Nietzche sur les effets désastreux du mensonge, selon lui aggravé lorsqu’il émane de la sphère publique. cette citation dit : « Je ne suis pas fâché que tu m’ais menti, je suis seulement contrarié qu’à partir de maintenant je ne puisse plus te faire confiance. » c’est en cela qu’il n’appartient à personne de taire la vérité lorsqu’au nom de la confiance qu’on sollicite de son peuple, on lui assène de doux mensonges, comme c’est justement le cas aujourd’hui lorsque l’on se rend compte que l’appel à l’emprunt obligataire national a servi plus à compenser un déficit budgétaire qu’à assurer des investissements futurs dans des projets d’utilité publique, a contrario de ce qui avait été promis mordicus.

Est-ce pour cela que le président de la République a été poussé à demander à son gouvernement lors du dernier conseil des ministres de « tenir le langage de vérité au peuple » ? Quid de la réponse ? La confiance ne se gagne que quand les promesses se tiennent, et les belles paroles n’ont de place que portées au pinacle par les belles preuves, alors que la situation actuelle par contre, fait grossir la crainte de voir – si les années de vaches maigres venaient à perdurer – qu’en plus de l’argent évaporé, nous n’ayons aussi perdu la confiance en nous et entre nous.

La confiance au sein des membres de l’OPEP et hors-OPEP semble par contre avoir trouvé de meilleures couleurs après avoir brillé par son absence depuis 2008. une bien longue période, pour oser un quelconque espoir et rêver à l’aurore d’un espoir pressenti pourtant à la veille de la tenue de la réunion informelle devenue formelle de l’OPEP. Mais voilà, contre toute attente, que pointe à l’horizon le ressenti, qu’un prix équilibré du pétrole ne serait plus l’arlésienne des marchés. 
Le risque « calculé » pris par le récent conseil des ministres sur un prix de référence du baril à 50 dollars dans le calcul de l’équation budgétaire, indique bel et bien qu’au delà de ce prix, le pays va s’installer sur un siège inconfortable, hypothéquant le maigre équilibre social conservé depuis le début de la crise des prix du pétrole, de la fin programmée du FRR et de la déplétion du matelas devises. Face à la réalité devenue incontournable, de la difficulté économique, le véritable pari auquel le pays semble le plus confronté sera immanquablement celui du rétablissement de la vérité dans la communication entre le peuple et ses gouvernants, dans la reconquête de la confiance émoussée et dans l’abolition du mensonge aussi doux soit-il. entre l’amour du doux mensonge et l’abhorration de l’amère vérité j’ai fait mon choix.

 

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