Bon Informel VS mauvais Informel

  • By Super User
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  • Posted 22 February 2017

En marge de la 15e réunion ministérielle du Forum International de l'énergie (IEF) qui se tiendra du 26 au 28 septembre dans notre pays, la réunion de l’OPEP, malgré son caractère informel, prend les proportions d'une rencontre aussi cruciale que celle de l'OPEP officielle, tant les enjeux du prix du pétrole et sa stabilisation autour d'un minimum de rentabilité, focalise l'attention du monde financier.

Le caractère bienveillant de cette réunion informelle ne lui ôte pas de son importance capitale, tant des retombées positives sont attendues, tel le croissant lunaire annonçant la fête de l'Aïd.

D'un autre côté, six mois se sont écoulés depuis le lancement de l'emprunt obligataire national, et les effets tant attendus de cet appel à la solidarité, retribué de 7% d'intérêts au passage, ne semblent guère parvenir à motiver en particulier les acteurs de l'informel, alors que c'est de ceux-là que le gros de l'effort de la mobilisation fiduciaire était attendu. La déception ne se situe pas dans les mêmes proportions que celle des effets directs d'un accord sur le prix du pétrole, mais même moindres, les résultats de l'opération auraient pu éviter de voir les horizons s'assombrir avec les nouvelles taxes qui pointent le nez à la veille de 2017. En se plaçant résolument dans cette insouciance envers la solidarité attendue, l'informel algérien montre l'étendue de ses mauvais côté, aux antipodes des craintes et des soucis qui animent quotidiennement le vécu des citoyens stressés par la perspective des lendemains qui déchantent de plus en plus. 
Les dispositions de la nouvelle Loi de finances pour l'année 2017, à travers les augmentations qui y sont programmées, jettent un véritable effroi dans le coeur de chacun de nous, c'est le spectre de l'augmentation des prix de toutes choses qui se profile, et les bourses déjà amaigries et saignées vont encore s'en ressentir.

Ceci est une conséquence inéluctable, inévitable et indiscutable de la chute drastique des prix des hydrocarbures, mais la chape de plomb est entrain de s'installer en déséquilibre sur une seule partie du corps social, elle néglige l'autre partie qui continue de prospérer, de se sucrer, de grossir, élargissant le fossé entre ceux destinés à vider leurs bourses et les autres, ceux-là même qui continuent tels des sangsues à s'enrichir avec une avidité sans pareille.

Il importe que la chape se rééquilibre, que l'effort soit soutenu par tout un chacun, que l'Informel algérien ne puisse continuer durablement à se détourner du devoir qui est le sien, au risque de n'en devenir que plus mauvais et méprisable, sans quoi deux sociétés avanceront en parallèle dans ce même pays, l'une destinée contre son gré à subir les contrecoups de la crise, et l'autre continuer à y échapper impunément par le fait de son opacité.

L'histoire, éternel atavisme des faits et méfaits de l'être humain, nous rappelle que lorsque deux franges d'une même société entre lesquelles se creuse et s'élargit un tel fossé dans l'affrontement des crises, finissent par se désagréger d'une façon ou d'une autre.

A bon entendeur salut.

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