De la Crisexit à la douche britannique

  • By Super User
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  • Posted 22 February 2017

« Chercher Maria à Ravenne », qui signifie dans le langage ancien italien, méfiez-vous de la vérité que vous cherchez. Une vérité tant voulue et recherchée par les Britanniques, qui a plongé aujourd’hui le monde dans l’incertitude, et dans le sentiment de devoir vivre encore une fois, une accélération de la décroissance, alors que de véritables espoirs pointaient à l’horizon, quelques jours avant ce « référenboum ».

 

A la recherche d’une crisexit pour les vainqueurs de ce vote, l’ancien empire, comme à son habitude, plonge le monde dans une crise dont il n’avait nullement besoin, et c’est à une douche britannique à laquelle il a eu droit, bien plus acide et perfide que la douce douche écossaise. La question légitime qui se pose aujourd’hui est de savoir, de quel droit, l’expression du désir des uns, peut-il mettre en difficulté des centaines de millions de personnes dans le monde, dont l’ultime but dans leur détresse de tous les jours, est de pouvoir trouver les ressorts pour survivre aux effets d’une crise qui semble ne point trouver quant à elle son « exit ».

Expression légitime d’un droit pour lequel ils ont beaucoup œuvré, les votants britanniques placent le monde dans un dilemme insoluble, accepter ce fait naturellement, et faire avec comme si de rien n’était, ou alors, reprendre un bâton de pèlerin, pour reconstruire dans la douleur et la souffrance, ce que l’exercice d’un droit certes souverain, à fait perdre au reste du monde le droit de vivre mieux. Question à un penny, et si le peuple du Niger décidait, demain dans un référendum aussi spécial qu’africain, de soumettre la question de l’exploitation intensive de son uranium ou de laisser cette richesse en jachère pour les populations futures, et si le vote de ce peuple dans sa « souveraineté » décidait de priver une partie des puissances mondiales de ce minerai, la chose sera-t-elle acceptée sans rien dire, ni rien faire ? Ou alors, question à un trillion de dollars, et si le peuple du Groenland décide de faire de même pour barrer la route à l’exploitation future de ses terres rares, la chose sera-t-elle acceptée de la même manière, et de se dire, après tout c’est l’expression d’un droit fût-il celui d’une minorité toute relative ?

La réponse vaut autant pour la question à un penny que ne le fut celle relative au Niger, et à un trillion de dollars pour celle concernant le Groenland. Et c’est face à un nouveau débat et un nouveau problème que le monde est aujourd’hui appelé à se positionner, celui de savoir jusqu’à quel prix l’exercice d’un droit interne, peut-il remettre en cause le fragile équilibre économique mondial, de soumettre les dizaines de millions de personnes attachées, comme des naufragés au troisième chiffre après la virgule au taux de croissance du monde, pour savoir dire au nom de la communauté mondiale, que le globalisme dans lequel nous vivons ce jour est entrain de faire face à ses propres contradictions, tant les intérêts restreints continuent de commander la matrice même de son essor.

 

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