Duel pour le Soleil

  • By Super User
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  • Posted 22 February 2017

L’Agence internationale de l’Energie(AIE) dans ses prévisions futures relatives aux besoins de l’économie mondiale en énergie, projette de plus en plus, que la part du pétrole continuera de baisser, au profit du gaz et des renouvelables. Le XXIe siècle se veut plus propre et plus électrique.

La tendance à la baisse durable des prix du marché du pétrole est en train de venir à bout de nos maigres économies, de nos possibilités de croissance, et cela même si l’OPEP prévoit un rééquilibrage des fondamentaux du marché, en raison du recul de la production Hors-Opep, mais aussi de la reprise à la hausse de la demande mondiale.

 Bonne nouvelle certes, mais pas de quoi pavoiser, et le défi est d’autant plus grand que le répit est aléatoire, et que le prix entre 50-60 dollars tant attendu pour le second semestre 2016, ne servira qu’à combler un déficit déjà immense, et diminuera juste un peu de la fonte accélérée du FRR et de la déplétion aussi rapide des réserves de changes. Des prix de pétrole en baisse, des réserves de gisement en baisse, des découvertes en baisse, c’est comme un feu presque éteint, ou sur le point de l’être, il ne peut plus prétendre vous réchauffer pour longtemps, ni pouvoir reprendre avec la vivacité d’avant.

En face, un soleil dans toute sa splendeur, accroché à son zénith, et vers qui nos regards, nos intérêts vont devoir nécessairement se réorienter plus sérieusement, mais surtout d’une manière plus réaliste et concrète.

L’Algérie connait depuis quelque jours aussi un nouveau ministre en charge du secteur de l’Energie, sera t-il l’homme clé au coeur de la stratégie des renouvelables, élevés au pinacle de « priorité nationale » ? La question est d’autant tentante que le nouveau locataire du Val d’Hydra, a été au centre de la question du photovoltaïque depuis son lancement en 2009 en Algérie, et de toutes les initiatives dans ce domaine.

En mars 2015, dans une longue interview accordée à notre magazine OGB, le nouveau ministre de l’Energie insistait pour dire que « l’objectif réaliste à atteindre en matière de solaire et d’éolien en Algérie, se devait de se faire sur le moyen terme, un palier de cinq ans, qui permettra de connaître la destination des 22 000 MW prévues à l’horizon 2030 », et que dans sa vision, il faut introduire le plus grand nombre de renouvelable pour autant que cela soit économique, tout en étant en mesure de répondre au présent et de préparer le futur.

Prise dans ce contexte, faut-il comprendre que cette nomination relève d’un recentrage du rôle et de la place de l’ENR dans le futur de l’énergie en Algérie, loin du dogme et des palabres ?

Est-ce à dire que la question de l’ENR aborde un virage plus pragmatique, du moment que le nouveau responsable du secteur connaît les travers des projets mort-nés à l’instar de Desertec, de l’usine de Rouiba, et que les ENR sont encore et pour longtemps un appoint et qu’à elles seules, elles ne résolvent pas l’équation énergétique ?

Est-ce aussi une manière plus raisonnable de ne pas sacrifier l’ancien pour le nouveau, au risque de perdre et l’ancien et le nouveau ?

Quid aussi, de la question des énergies fossiles non conventionnelles pour l’Algérie? A la lumière des évolutions futures, et du rôle sans cesse grandissant du gaz dans le mix énergétique du monde - COP 21 et consorts aidant -, la question ne peut encore souffrir de silence et des craintes de l’aborder. La menace de la perte de parts de marché pour l’Algérie notamment en Europe, du fait de la déplétion de nos gisements gaziers conventionnels nous interpelle tous sur le devenir de cette énergie, que certains à dessein ou sans raison cherchent à enterrer, même si elle l’est déjà et depuis des lustres lointains.

 

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