Le Gaz Algérien, Entre Pyramide De Ponzi Et Richesse De Crésus

  • By Super User
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  • Posted 22 February 2017

Il aura fallu un Conseil restreint des ministres sur le gaz, pour que les conjectures les plus folles s’alarment sur le devenir de notre gaz, sur notre avenir sans gaz, mais aussi sur notre avenir avec ce même gaz, reste à savoir lequel.

 

Comprendre entre les lignes du communiqué, équation géodésique après équation mathématique, que l’Algérie est condamnée à produire près de 200 milliards de m3 à l’horizon 2030, pour prétendre encore assurer au gaz algérien des rentrées d’au moins 40 % au Trésor public, d’assurer une stabilité sans interruption à notre consommation intérieure, et, au-delà, suppléer obligatoirement à la fin de vie de certains méga-gisements par d’autres découvertes aussi majeures.

Ceci pose le problème tu et évité parce qu’il fâche, de la part réelle attendue des ressources non conventionnelles en gaz, estimées aujourd’hui à 22 000 milliards de m3, un réel espoir pour demain, abhoré justement ou injustement aujourd’hui, mais à l’évidence inévitable dans pas si longtemps. Sans découverte majeure, sans gisement de grande valeur, sans technologie à même de permettre un gaz rentable commercialement, la question du gaz de schiste, sera elle aussi, inscrite autant que les ENR comme « priorité nationale » pour le pays, sans quoi la consommation intérieure du gaz sera supérieure à sa production elle même, et c’est en cela que l’Algérie connaîtra de plein fouet le syndrome de la Pyramide de Ponzi.

A l’inverse, si la question autour de la problématique du gaz de schiste est réellement tranchée et l’environnement autour de cette question définitivement assaini, quitte à aller vers un référendum pour le faire, et de trancher les choix futures de « la survie gazière » du pays comme le permet pour cela la Constitution, ce sera comme cela, ainsi que le fut naguère Crésus avec ses richesses aurifères, que le pays s’éloignera du spectre de la déplétion définitive de ses ressources en gaz conventionnel.

Le terrorisme de Daesh, grande menace contre la stabilité des hydrocarbures, ne cesse de prendre de l’ampleur en Libye, et les va t-en guerre, ne manqueront pas d’impacter directement les fondamentaux du marché. Une aggravation de la situation dans ce pays déjà dans le chaos, conduira encore à une nouvelle instabilité durable, dont le secteur de l’énergie peine à sortir après une longue convalescence, et l’Algérie ne sera pas épargnée dans cette partie.

Marché, prix, accord, stabilité, régulation, stratégie, terrorisme, huile et gaz de schiste, des mots et des concepts hier canonisés, aujourd’hui travestis et instrumentalisés, et il est temps pour nous tous, de nous atteler à leur redonner la place qu’ils avaient et qu’ils ne doivent cesser d’avoir, et c’est en cela que le gouvernement algérien vient de lancer sa première « Action à dividende prioritaire/ADP » dans ce domaine.

Sera-t-elle comprise ? Saura-t-elle drainer la mobilisation au delà des contingences politiques, des différences doctrinales et des aspérités politiciennes? Ou alors, la légère remontée des prix, et l’optimisme d’un prix équilibré entre 50 et 70 dollars pour les mois à venir, fera de ce sursaut un banal aller simple ?

A suivre, et de près.

 


 
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