EDITORIAL : Quelle chimère est-ce donc ce renouvelable pour l’Algérie ?

  • By Super User
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  • Posted 20 April 2018

Le démarrage effectif et réel du secteur du renouvelable en Algérie est-il soumis à la même malédiction qui a hanté le secteur pétrochimique en Algérie depuis trente ans maintenant ? La question vaut son pesant de KWH, tant le renouvelable apparaît comme une chimère irréalisable.

 

Le philosophe Ernest Renan considère pour sa part que rien de grand ne se fait sans chimères. Faut-il donc croire que l’Algérie ne connaîtra son essor dans ce secteur vital que lorsque les prémices de sa faiblesse énergétique se feront tellement pressantes que le recours au renouvelable ne sera plus une option mais bel et bien une obligation.

 

Il est bien vrai que les principes se sentent, et que les propositions se concluent, alors concluons ce saut dans le connu et la certitude que représente aujourd'hui le renouvelable (notamment la source solaire) pour le pays.

 

La pérennité du statu quo n'est pas une option, notre consommation interne est tellement énergivore que les gisements de gaz connaissent des pertes de production continue, sans interruption. En effet, 2017 se termine avec près de 2.9% de production de gaz et de pétrole en moins pour le pays.

 

L'annonce de la distribution de près de 400 000 nouveaux logements d'ici deux ans affole tous les gisements de gaz, déjà soumis à une exploitation sans cesse soutenue. Les 400 000 logements sociaux, auxquelles viendront se greffer des dizaines de milliers d'autres, dont la sobriété énergétique est loin des standards de la rationalité et de l'économie, même très loin, aggraveront l'épuisement de nos gisements et réserves.

 

L'inscription des énergies renouvelables au rang de priorité nationale depuis deux années, sans qu'aucune once n'apparaisse réellement dans cette priorisation, ne se comprend pas, et ne peut se comprendre logiquement et rationnellement.

 

Une conférence sur la thématique des énergies renouvelables se tient à Alger pour trois jours durant ce mois, gageons que cette rencontre peut réellement faire avancer les choses, au moins concernant le premier projet des 4000 MW de solaire à base photovoltaïque. Ce dernier donnera un stimulus certain au marché et au cluster énergie qui crie à la «mort> » du secteur des assembleurs de panneaux solaires, si le projet ne connaît pas sa réelle prise en charge.

 

Sans quoi, dans un temps court, nous allons devoir faire face à l'inversion de la courbe de destination du gaz produit, où la part de la consommation intérieure dépassera notre exportation, et lorgner ainsi sur nos capacités à l'export de ce produit. Un gaz par ailleurs soumis à de fortes pressions en termes de conservations de parts de marchés à l'export, mais cela est un autre problème.

 

Après la réussite du raccordement à presque 100% de l’ensemble du territoire nationale en électricité, le nouveau pari est de s'assurer que celui-ci ne sera pas vain si demain la génératrice de l'électricité venait à s'épuiser et s'éteindre.

 

Le parc automobile en Algérie continue de croître, avec lui, la croissance sans interruption de la consommation de carburant de tous genres. Le volume aujourd'hui dramatique des embouteillages alarme sur les effets néfastes sur le plan de la santé des Algériens et de son environnement. Par ailleurs, les voitures de tourisme assemblées en Algérie viennent aggraver ce drame des embouteillages et coûtent plus chères que les voitures importées directement. Encore une ineptie à l'algérienne, comme cette augmentation des prix de la consommation, alors qu'ailleurs les prix baissent et sensiblement.

 

Sommes-nous encore dans une malédiction, qui veut que notre industrie automobile soit destinée à assembler des véhicules, qui coûtent plus chères aux Algériens ? Les propos du ministre de l'Industrie Yousfi pèsent comme une sentence lourde de sens et de conclusion « les voitures assemblées en Algérie ne peuvent être plus chères que les véhicules importés ».

 

Est-il et sera-t-il possible de contrôler un marché qui a failli devenir quasi monopolistique ? Ce n'est la décision de report qui a failli créer un oligopole de quelques concessionnaires, à ce niveau plus aucune logique de marché ne s'appliquera au pays, c'est l'imparfaite situation d'un marché.

 

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