Lédito: La fatalité du syndrome de l’illusion !

Après avoir parcouru plusieurs fois le programme du gouvernement Ouyahia,
 force est de constater qu’encore une fois, la création et la créativité sont renvoyées aux calendes grecques, et que l’effort minime qui doit lui être consacré s’est limité à un bref passage traitant de l’accompagnement des « start-up ».

Ne dit-on pas que pour un pays il n’y a pas plus grand que la création et l’innovation, et que pour un peuple il n’y a pas plus beau que sa propre création ?

Il me vient en image cette fameuse transformation de l’immense complexe
de ce que fut le géant Phillips dans la ville d’Eindhoven, et dont une grande partie était dédiée à l’installation pour des centaines de « start-up » néerlandaise, une action dont les effets se sont très vite fait ressentir
 sur la santé de cette ville, frappée par la délocalisation de ce géant.

Les « start-up », en ce qu’elles peuvent apporter comme véritable effet entraînant, méritent toute l’attention, à ce titre ce sont des assises qui sont à même d’inscrire cette stratégie sur le court et le moyen terme pour le pays.

Aujourd’hui, l’Algérie a besoin de développer une industrie numérique, et elle ne
 pourra réussir ce pari que par le biais de 
son formidable vivier d’universitaires, qui hélas pour une très grande partie au sortir de l’université vont grossir les rangs des désœuvrés.

Il n’appartient pas au gouvernement seul d’agir sur cette question, il lui appartient surtout de mettre en place dans les meilleurs délais ses assises générales pour la consécration de ce choix et de l’apport de ses « start-up » dans la configuration du développement du pays. Une action salutaire qui portera en elle l’espoir de la réussite, l’espoir unique remède pour tenir ce long chemin de l’incertitude qui nous guette de jour en jour, depuis que la bourse et le bas de laine ne cessent de rétrécir jour après jour.

L’Industrie d’hier forgée sur nos hydrocarbures, nécessite aujourd’hui
 de respirer, elle qui se trouve à bout de souffle, pour laisser place à une industrie du numérique et de l’innovation.

Accepter de mettre le pactole dans cette direction équivaut à cette action salutaire lors du « désastre arabe des années 2011 », d’ouvrir les vannes aux jeunes dans les dispositifs Ansej et CnAC une soupape parmi d’autres, qui a
 eu le mérite d’éviter un nouvel enlisement de la jeunesse dans ce pays lors de cette vague destructrice des peuples et des nations.

Est-ce une illusion de croire que cela pourrait être fait? La question mérite d’être posée, et ce n’est pas une fatalité que de croire et de se dédier à ce syndrome, que de se lancer dans un plan aussi méritoire que celui de se mettre à l’écoute, de tendre la main et le cœur à ce fabuleux vivier d’universitaires diplômés en mal de tout.

Je termine par ce magnifique passage de Khalil Gibran sur l’aide et le soutien à apporter à autrui. Il est dit : « Vous dites volontiers : je veux bien donner, mais à ceux qui le méritent. Ce n’est pas ce que disent les arbres de vos vergers ni les troupeaux de vos pâturages. Ils donnent afin de vivre, car garder tout pour soi, c’est périr ».

Enfin, la où il y a la raison, peu de mots sont nécessaires !

 

 

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