L’éditorial : Epargne de bouche vaut rente de pré

  • By Super User
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  • Posted 24 November 2018

Y aura-t-il des nuages dans le ciel des horizons du marché du pétrole dans les mois à venir ?
La chute de près de 10% de la valeur de ce dernier en à peine un mois augure-t-elle des lendemains incertains ? La multiplication des conjectures et des instabilités liées aux décisions politiques parasitent de plus en plus les fondamentaux, et ne permettent plus de se projeter au-delà d’un mois. La fluctuation est devenue un véritable yoyo, le va-et-vient avec le niveau de la production apparaît le levier maître dans cette bataille de production où l’effet tempéré des sanctions contre l’Iran a provoqué la surchauffe de la production dans l’espoir de compenser le déficit iranien sur le marché mondial.

Force aujourd’hui est de croire qu’un nouveau paramètre, le trumpisme et ses effets volte- face, ont imposé un nouvel ordre dans le parasitage du marché. Le « twitterisme » agit comme un nouveau sous-levier de cette tendance qui se cherche une trajectoire au demeurant incertaine. L’OPEP et ses mécanismes de suivi de la situation sont mis à rude épreuve et la perspective d’un nouvel accord sur la réduction de la production demeure la seule option face au risque d’une chute plus importante des prix du pétrole au lendemain de la rencontre encore une fois décisive de l’OPEP au début de ce mois de décembre.

Le développement de l’ensemble des ressources énergétiques de l’Algérie, passera- t-il uniquement par l’amélioration de l’attractivité du domaine minier national ?
La problématique de la rente et de l’excessive consommation en tout et pour tout, la diminution drastique d’année en année du matelas de secours, appelle depuis un certain temps à la poursuite de l’augmentation de nos capacités d’exportation notamment de gaz et d’électricité solaire.

L’amélioration réelle et sans fioriture de l’environnement global des affaires et la promotion d’un nouveau type de partenariat loin de toutes fixations dogmatiques, peut faire sortir l’Algérie de sa politique de consommation de sa rente, la question cruciale du rapport de l’Algérie à son gaz, ne peut se dissocier de cette obligation de le préserver, si nous devons considérer que le moteur de cette transition sera ce gaz, et de trouver ainsi à travers la production de l’électricité propre le pendant avec le solaire dont regorge le pays.

La transition ne peut aujourd’hui rester
un vœu pieux, l’exploitation des ressources non-conventionnelles, la symbiose de notre quotidien avec l’usage des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le secteur de la pétrochimie s’inscrivent comme de nouveaux commandements dans le développement du principal moteur de l’économie nationale. Lutter contre l’habitude de la rente, passe par l’engagement sans attendre de ces commandements de développement du secteur énergétique. L’Algérie aura besoin pour la réalisation de ses objectifs de développement de s’inscrire dans une réelle politique de formation du capital humain, nécessité majeure pour le passage
à la maîtrise des nouvelles technologies dont la digitalisation en constitue au sens de la majorité, la clé nodale.
Ressusciter le défi de la formation pris et assuré par les aïeuls du secteur des hydrocarbures au lendemain de l’Indépendance puis au lendemain de la nationalisation, est à la portée de ceux et celles qui porteront ce passage de témoin d’une génération manuelle et automatique vers la génération des TICs, de la domotique et de l’intelligence artificielle.

 

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