L’Editorial : Le rêve légitime d’un meilleur lendemain

«Celui qui n’a pas vécu avec les siens ne connaît ni leurs maux ni leurs joies», implacable passage d’un poème qui nous traverse en cette période d’espoir de lendemains meilleurs pour le pays, drivés et portés par ceux qui rêvent à ces lendemains qui chantent. Et quels meilleurs lendemains pour nos enfants que ceux qui assureront les fondements même de leur éducation et de leurs formations dans le domaine professionnel. La formation professionnelle véritable levier de la croissance du pays, qui peine à sortir de sa dépendance de la rente des hydrocarbures, et qui produit chaque année des apprentis décriés par le monde industriel et de la PME-PMI. Aujourd’hui plus que demain, nous ne pouvons, dans cette lancée formidable et miraculeuse des aspirations et à respirer le plein droit, continuer à produire des fournées d’apprentis qui ne répondent guère au besoin du marché. Le diagnostic est sans appel, le déclin de la formation professionnelle en Algérie traduit le décalage de la mesure politique par rapport à la réalité du besoin, du niveau et de l’adaptation climatique et géographique de cette formation. Le sentiment de désappointement et de démission qui plane sur le secteur de la formation par la faiblesse de la qualité des apprentis, la désertion des bans de formation, par la délivrance de diplômes et de qualification dans le but de gonfler les statistiques qui tendent à accélérer l’abîme d’un secteur dont la capacité à absorber la demande n’est plus à démontrer.

Cependant, il ne s’agit nullement de reverser une énième fois dans les errements du passé, par la prescription de mesures d’urgence dont l’effet d’annonce en constituera le noyau.L’exemple des mesures prises pour répondre aux incessantes manifestations de chômeurs au sud du pays, rappelle combien les décisions populistes finissent par générer des situations autrement plus complexes. Dans un autre registre, le changement opéré au mois d’avril à la tête de la Sonatrach soulève à tous les niveaux des interrogations sur le devenir des stratégies dessinées pour cette compagnie pour les horizons 2030. Le discours actuel plaide pour une action soutenue dans le développement du partenariat, seule combinaison à même de répondre à la crise de production et à la baisse des gisements. Quid de la formation du capital humain à la prise en main des besoins de la compagnie, alors que la saignée de ses cadres attirés par des conditions meilleures dans d’autres compagnies et sous d’autres contrées ne cesse de croître. Le débat, sur la révision de la loi sur les hydrocarbures appelée à être amendée car elle ne répond plus sur le plan fiscal aux besoins des compagnies étrangères qui envisagent d’investir dans le pays, ne peut, dans l’état actuel du pays, se passer d’une large concertation. Cette dernière sera l’unique ciment à même de consolider les besoins de la sécurité énergétique du pays, mais surtout bénéficier d’une légitimité sans faille pour un tel enjeu dont la sensibilité fût par le passé à l’origine de maintes crises politiques et d’accusation de bradages des ressources du pays. Après la contestation, c’est le temps de la concertation pour prendre la bonne décision. En sera-t-il le cas aujourd’hui, à commencer par ce qui nous unit dans notre rencontre avec l’histoire ?

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